Auberge l’Autre Jardin: pour un monde plus équitable

Source : Le Soleil, Yves Therrien, 26 juin 2012 (Québec) Premier projet d’économie sociale dans le monde de l’hôtellerie à Québec, l’auberge l’Autre Jardin tire son épingle du jeu depuis 2000 dans le quartier Saint-Roch.L’idée d’exploiter une auberge est née d’une blague lors d’une réunion de bénévoles de Carrefour Tiers-Monde, à Montréal, dans l’hôtel Le Jardin d’Antoine. Mais ce qui était une simple blague au départ est devenu rapidement une réalité.À la suite de la perte des subventions récurrentes de l’ACDI (Agence canadienne de développement international) qui cessait de verser des fonds aux entreprises de sensibilisation à la solidarité internationale pour les consacrer aux projets de coopération à l’étranger, Carrefour Tiers-Monde devait trouver une autre source de financement.Le projet d’auberge a pris forme pour devenir réalité en juin 2000, se souvient Sandrine Viel, adjointe administrative à l’époque, mais directrice générale de l’Autre Jardin aujourd’hui.Entreprise commerciale dûment incorporée, l’auberge est propriété d’une organisation sans but lucratif qui utilise les profits pour financer ses activités de sensibilisation. Carrefour Tiers-Monde a ses bureaux dans le même édifice que la boutique Équimonde spécialisée dans les produits équitables.«Nous fonctionnons comme n’importe quelle auberge, poursuit Sandrine Viel, mais avec des employés qui adhèrent aux valeurs de la solidarité internationale et du commerce équitable. Plusieurs de nos clients viennent loger ici aussi à cause de ces valeurs que nous prônons.»Le personnelLes employés viennent du Cameroun, du Viêtnam, du Chili, du Mexique, de Colombie, d’Argentine, de Chine et de France avec quelques Québécois aussi. Le roulement de personnel n’est pas élevé et le travail de l’auberge pour faciliter l’intégration des immigrants a été reconnu.Des entreprises des environs, les syndicats, l’ENAP, TELUQ, la CSST ou le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) font partie des habitués pour leurs réunions et pour la location de chambres. Certains ayant été des partenaires de la première heure.«Avec nos 28 chambres, nous évoluons dans le même marché que les autres hôtels du quartier, ajoute Mme Viel. Nous devons faire des profits pour que Carrefour Tiers-Monde en profite, mais notre marge bénéficiaire est moins élevée. Même si certains hôteliers font la promotion du développement durable et proposent des produits équitables, ici, tous nos cafés, les thés, le sucre, même les serviettes en coton sont des produits équitables. Nous sommes dans le même marché, mais nous l’abordons d’une autre manière avec des valeurs différentes.»[ Lire la suite ]

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