Les jeunes à l’honneur pour les 30 ans du Centre Jacques-Cartier | 8 mars 2022 | Article par Viktoria Miojevic

Jeudi 3 mars avait lieu des représentations artistiques pour l'inauguration du 30ème anniversire. De gauche à droite, William, Nicos et Sophie.

Crédit photo: Gracieuseté

Les jeunes à l’honneur pour les 30 ans du Centre Jacques-Cartier

Saviez-vous que le Centre Jacques-Cartier accueille des jeunes depuis trois décennies? Cette année, il fête son 30e anniversaire porté par la voix des 27 jeunes qu’il héberge et de ceux qu'il forme. Monsaintroch est allé à la rencontre de la chargée de projet de cet anniversaire, qui vous raconte l’histoire derrière le centre et la programmation artistique.

Depuis 1992, le Centre Jacques-Cartier (CJC) se préoccupe des jeunes de 16 à 35 ans dont le parcours de vie doit être soutenu autrement que par le milieu scolaire. Aujourd’hui, le CJC accompagne environ 800 jeunes adultes de la Capitale-Nationale grâce à 27 logements sociaux, des projets et ateliers ainsi qu'une vie communautaire.

Aux prémices du projet communautaire, une initiative de trois intervenants issus des milieux éducatifs, scolaires et professionnels. Jacques Laverdière, organisateur communautaire au CLSC Basse-Ville, Serge Gagné, conseiller en formation au centre Louis-Joliette, et Daniel Pelletier, du milieu de la formation, ont relevé ce défi.

À sa création, en 1992, le Centre s’est installé à l’ancienne école primaire Jacques-Cartier. La chargée de projet pour le 30e anniversaire du Centre Jacques-Cartier, Clémentine Ogier, explique.

« L’école était en fait délabrée, puis il y a eu une volonté de la Ville de Québec d’en faire des logements. C’est Jacques Laverdière qui a été contacté pour monter un projet. Il a monté un comité avec des jeunes, du monde de l’éducation et de l’emploi. Le but était que ce ne soit pas seulement un projet de logement mais à visée sociale. Tout le projet a été conçu par et pour les jeunes. »

Selon Clémentine Ogier, c'est le « contexte démographique et économique qu'il y avait en Basse-Ville et la précarité importante des jeunes » qui ont motivé ses fondateurs.

C'est le 27 novembre 1993 qu'est née la première journée communautaire dans ses nouveaux locaux. Une année plus tard, les 27 habitations dédiées aux jeunes étaient toutes occupées, indique le site du Centre Jacques-Cartier.

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Par la suite, en 1997, sont arrivés le Tam Tam Café, les Ateliers À la terre et l’Atelier du Pouce-vert, désormais la Fibre du Bois. Par la suite, on a assisté à la création du plateau Cirque du Monde, de l’Éco-Quartier, du volet culturel avec Révolution’arts. Dans les années 2010, c'était au tour du Projet vélo de voir le jour. L’Éco-Quartier a pris son indépendance pour devenir Craque-Bitume.

Développer un projet de vie

Aujourd'hui, les jeunes peuvent résider au Centre Jacques-Cartier de 18 à 35 ans, mais peuvent y rentrer jusqu'à l'âge de 30 ans. Il est possible pour eux d'y vivre cinq années pour développer un projet de vie. Les jeunes ont accès à un formateur avec des accompagnements mensuels.

En plus du cadre de vie, des jeunes de 16 à 35 ans, à l'extérieur du CJC, peuvent accéder à des formations gratuites. « L'atelier de cirque social Cirque du Monde, l'atelier de menuiserie Fibre du bois, Révolution'arts et couleurs du langage, puis Objectif Résilience avec des formations low tech font partie des formations proposées », indique Clémentine Ogier.

Selon la chargée de projet, le besoin de socialisation fait partie des demandes prioritaires des jeunes. « On a des participant.e.s très hétérogènes, en emploi, aux études, ou avec un parcours plus marginalisé. »

« Les besoins diffèrent beaucoup, mais ce que rassemble ces jeunes, c'est la socialisation. Mais aussi, l'envie de créer quelque chose qui va plus loin que soi et la collectivité. »

Parmi les nombreuses décorations reçues, la première est intervenue seulement cinq ans après la création du centre avec le Prix d’excellence en habitation de la SCHL. L’Association pour la santé publique du Québec lui a aussi remis le prix Jean-Pierre Bélanger 2007. En 2012, l’organisme était lauréat du prix Eva’s Initiatives 2012 pour la prévention de l’itinérance chez les jeunes au Canada.

Programmation

La soirée de lancement du 30e anniversaire avait lieu le 3 mars au Dôme du Centre Jacques-Cartier, qui est son espace de vie communautaire. Une cinquantaine de personnes se sont réunies pour fêter les 30 ans. Des prestations artistiques d'une dizaine de jeunes et des prises de parole étaient aussi au programme.

« On a surtout parlé de l'intention derrière les projets qui s'en viennent. Notre projet, c'est pas seulement de fêter les 30 ans du Centre, mais de redonner la parole à notre communauté sur des sujets qui lui importent : vie personnelle et société. »

Centre Jacques-Cartier
Jeudi 3 mars avait lieu des représentations artistiques pour l'inauguration du 30ème anniversaire. De gauche à droite, Michael, Clémentine et Christian.
Crédit photo: Gracieuseté

La semaine du 13 juin au 19 juin auront lieu des évènements à cet effet. Lors du spectacle du vendredi 17 et du samedi 18 juin, l'objectif est de permettre aux jeunes de parler d'eux, de leur communauté, « puis que la communauté vienne s'en imprégner », ajoute Clémentine Ogier. Le spectacle sera déambulatoire, à l'intérieur et à l'extérieur du Centre Jacques-Cartier.

« On va habiter tout le bâtiment! Il y aura des représentations, de l'art visuel un peu partout. On veut faire vivre des expériences à travers des thématiques qui se suivent. »

Combiné au 30e anniversaire aura lieu le Festival de la décroissance. Alors que d'autres projets pourraient naître à l'automne, en novembre et décembre 2022 est prévue une exposition photo rétrospective sur l'année par les jeunes du Centre Jacques-Cartier.

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