Cinéphonie : une œuvre numérique pour déconstruire le cinéma | 10 février 2022 | Article par Julie Rheaume

Une illustration réalisée pour le projet Plumes noires de Cinéphonie par Pierre-Luc Bérubé. Cinéphonie est une initiative de SPIRA.

Crédit photo: Pierre-Luc Bérubé/SPIRA

Cinéphonie : une œuvre numérique pour déconstruire le cinéma

Cinéphonie est une nouvelle œuvre collective numérique qui sera accessible au public le 12 février. Présentée par SPIRA, coopérative vouée au cinéma indépendant, cette création collaborative réunit une douzaine d’artistes québécois d’horizons variés.

Cinéphonie rassemble des scénaristes, des artistes en art sonore ainsi que des illustrateurs et illustratrices, en plus de dix comédiens et comédiennes. Cette aventure permet un accès privilégié aux différentes étapes de création qui sont généralement cachées dans le cadre d'une production cinématographique plus traditionnelle.

« Le résultat : quatre projets contenant chacun une lecture de scénario de court métrage, sous la forme d’un balado (didascalies incluses!), soutenue par une riche ambiance sonore, accompagnée d’un scénarimage et de la version écrite du scénario », indique SPIRA, un des centres d'artistes de la coopérative Méduse, dans Saint-Roch.

Les lectures de scénarios ont été réalisées en studio d’enregistrement dans un centre voisin, Avatar, par des acteurs et des actrices.

Ces projets ont pour titres Horizon, Parrainage collectif, Plumes noires et Les baleines ne savent pas voler.

Mettre en images

Geneviève Chartrand et Pierre-Luc Bérubé ont respectivement vu aux illustrations des projets Horizon et Plumes noires. Ils ont travaillé leurs dessins sous forme de scénarimage, aussi appelé storyboard.

« Le projet, c'était réellement de mettre ensemble un ou une scénariste avec des gens qui ont créé l'ambiance sonore et des gens qui ont créé l'ambiance visuelle (…). Notre rôle, comme illustrateurs, c'était de mettre en images le scénario », explique Geneviève Chartrand. « C'était un travail d'équipe », ajoute-t-elle.

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Le processus de création s'est fait de manière très démocratique, disent les deux interlocuteurs. « C'était très organique (…). On était tous au même niveau », d'ajouter Pierre-Luc Bérubé. « On avait beaucoup de liberté de création », renchérit Mme Chartrand lors d'une entrevue par visioconférence réunissant son collègue et la journaliste de Monquartier.

Pour produire ses illustrations, M. Bérubé, qui comptait déjà une bonne expérience en matière de scénarimage, a d'abord dessiné des croquis sur papier. Il les a ensuite améliorés grâce à un logiciel de retouches photo. Mme Chartrand a quant à elle travaillé à l'encre sur du papier.

Au cours de son parcours professionnel, Mme Chartrand a touché à la peinture, au dessin, à la réalisation et au montage, entre autres. Elle aime les personnages et les univers réalistes avec certains éléments plus oniriques. Elle est aussi intéressée par la BD.

Pour Cinéphonie, Geneviève Chartrand devait produire un nombre plus restreint d'images que dans le cadre d'un projet de scénarimage habituel. Elle a donc dû faire un choix difficile et ne retenir qu'un nombre restreint d’œuvres, un casse-tête partagé par son collègue illustrateur. « Je vais faire des petits tableaux. J'en ferai pas beaucoup, mais il y avoir plein de détails », s'est-elle dit en travaillant.

Parmi les autres défis que les illustrateurs ont eus à relever, M. Bérubé a dû dessiner des personnages en action, un geste habituellement moins fréquent pour lui.

Apprentissage

Que retiennent les deux artistes de leur participation à Cinéphonie et qu'ont-ils appris de leur expérience?

« Ça va être plus facile pour moi de montrer mes dessins. Il y a toujours un espèce de feeling d'imposteur. Moi, ça me suit encore même si ça fait longtemps que je fais des dessins », raconte Pierre-Luc Chartrand. Comme les dessins réalisés pour Cinéphonie seront vus par plusieurs personnes, l'illustrateur croit qu'il sera dorénavant plus à l'aise lorsque viendra le temps de montrer ses œuvres aux gens.

« Moi, ça m'a vraiment redonné envie de ressortir mes crayons et du papier. (...) Je vais peut-être pousser pour faire plus de projets en dessin dans les temps qui s'en viennent. C'est quelque chose que j'ai beaucoup mis de côté dans les cinq dernières années, cette partie-là de ma pratique, et je pense que ça me manquait beaucoup. Faire des projets en collaboration avec d'autres gens, c'est quelque chose que j'aime beaucoup, mais que je fais moins », répond Geneviève Chartrand, qui a beaucoup apprécié le travail d'équipe entourant Cinéphonie.

Explorer le merveilleux

« Produit dans le cadre des activités satellites de Manif d’art, Cinéphonie s’inspire de la thématique de l’événement en art actuel : Les illusions sont réelles. Ainsi, les créateurs et les créatrices explorent le merveilleux, l’étonnant, l’émouvant, l’enchanteur et le prodigieux », selon SPIRA.

Parmi les thèmes explorés dans les différents projets, on compte ceux de la dépendance à la technologie, de la difficulté à communiquer, de la santé mentale et de l’immigration.

Plus de détails

Cinéphonie sera disponible sur sa plateforme numérique éponyme accessible dès le samedi 12 février.

Les balados sont également disponibles sur différentes plateformes telles que Spotify, Google Podcasts et Apple Podcasts.

Ce projet est rendu possible grâce au soutien financier du Conseil des arts du Canada et de son programme Présent numérique.

Les équipes de création de Cinéphonie

  • Horizon : Andréanne Martin (scénarisation), Stéphanie Hamelin Tomala (conception sonore) et Geneviève Chartrand (illustrations)
  • Parrainage collectif : Felippe Martin (scénarisation), Nady Larchet (conception sonore) et Sarah Arnal (illustrations).
  • Plumes noires : Helgi Piccinin (scénarisation), Josué Beaucage (conception sonore) et Pierre-Luc Bérubé (illustrations)
  • Les baleines ne savent pas voler : Justice Rutikara (scénarisation), Carol-Ann Belzil-Normand (conception sonore) et Francis Desharnais (illustrations)
  • Script-éditeur pour tous les projets : Richard Lacombe

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