Élections municipales 2021 : Démocratie Québec au centre-ville | 6 octobre 2021 | Article par Suzie Genest

Les trois candidat.e.s de Démocratie Québec au centre-ville aux élections municipales 2021 : Mbaï-Hadji Mbaïrewaye (Saint-Roch-Saint-Sauveur), Karia Garon (Montcalm-Saint-Sacrement) et David Johnson (Cap-aux-Diamants).

Crédit photo: Montage à partir des photos de Démocratie Québec

Élections municipales 2021 : Démocratie Québec au centre-ville

Cinq partis et des candidat.e.s indépendant.e.s briguent nos cinq districts aux élections municipales 2021. Pour vous les présenter, nous faisons équipe avec Québec réveille, la quotidienne matinale de CKIA 88,3. L’animatrice Marjorie Champagne a reçu le 5 octobre les trois candidat.e.s de Démocratie Québec dans les districts des quartiers centraux : Saint-Roch – Saint-Sauveur, Cap-aux-Diamants, Montcalm – Saint-Sacrement.

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Fruit d’une fusion de quatre partis municipaux, Démocratie Québec a vu le jour en 2013. L’élection de trois candidat.e.s cette année-là en a fait l’opposition officielle au conseil municipal de la Ville de Québec. Élu dans Cap-aux-Diamants en 2017 pour Démocratie Québec, Jean Rousseau est le chef du parti depuis la fin 2020.

Démocratie Québec entend « restaurer le respect et le dialogue démocratique dans la vie publique municipale de Québec », selon son site web. Cela passe par « un processus de concertation continu auquel les citoyens se doivent de participer en s’exprimant sur des sujets touchant leur qualité de vie au quotidien ».

Le parti place parmi ses valeurs dominantes la solidarité, l’entraide, l’équité, le respect, l’intérêt public. Il prône l’ouverture, la transparence, le souci de l’éthique et de la déontologie chez les élu.e.s. Ceux-ci et celles-ci doivent être des personnes représentatives de leur milieu et de sa diversité, selon Démocratie Québec.

David Johnson, Cap-aux-Diamants

David Johnson habite Saint-Jean-Baptiste depuis une quinzaine d’années. Il occupe les fonctions de conseiller au ministère des Transports du Québec.

David Johnson est le colistier du chef de Démocratie Québec Jean Rousseau.

Katia Garon, Montcalm – Saint-Sacrement

Katia Garon détient une formation en sociologie et s’exprime dans plusieurs langues. Elle travaille comme guide touristique de la ville de Québec.

Madame Garon vit et s’implique dans une coopérative d’habitation en Haute-Ville.

Mbaï-Hadji Mbaïrewaye, Saint-Roch – Saint-Sauveur

Mbaï-Hadji Mbaïrewaye habite Saint-Roch depuis 14 ans. Il y a été président du conseil de quartier. On a pu l’entendre à l’émission Dignité noire à CKIA FM. Dans la fonction publique québécoise, il travaille comme expert en évaluation de programmes et analyse budgétaire des politiques publiques.

Mbaï-Hadji Mbaïrewaye en est à sa seconde campagne municipale. En 2017, il avait obtenu 31,32 % des voix dans son district actuel.

Des enjeux prioritaires

David Johnson rappelle que son « district très divers » regroupe la colline parlementaire, des secteurs historiques, patrimoniaux et résidentiels. Il y identifie un enjeu majeur : « la cohabitation entre les cyclistes piétons et automobilistes ».

Katia Garon rejoint son collègue et estime aussi prioritaire de « préserver la qualité de vie que les gens ont acquise ». Il s’agit de « protéger ce qu’il y a déjà, les arbres, les espaces verts » et de « s’assurer la mixité générationnelle ». Elle pense aussi à l'accès aux services et à la sécurité des déplacements sur le chemin Sainte-Foy, notamment pour les familles dans Saint-Sacrement.

La priorité pour Mbaï-Hadji Mbaïrewaye est l’« amélioration de la qualité de vie ». Elle « passe par nous réapproprier les rues ». Il cite les impacts des travaux liés au tramway dans Saint-Roch. Le tramway devrait aussi servir d’opportunité pour ajouter des arbres, des infrastructures socioculturelles et des logements sociaux, évalue-t-il

Réformer le conseil municipal

Démocratie Québec prône un redressement de la démocratie municipale. Mbaï-Hadji Mbaïrewaye déplore l’« absence de démocratie » à l’hôtel de ville. « Le maire Labeaume prenait toute la place », illustre-t-il. Il dénonce aussi un mépris à l’endroit des citoyens et de leurs questions.

Doter les conseils de quartiers de fonds supplémentaires demeure une des propositions de Démocratie Québec. Un budget de 1 M$ par quartier servirait entre autres à « mettre en oeuvre la politique de développement durable » et « renforcer le pouvoir local ». Pour favoriser la participation citoyenne, M. Mbaïrewaye songe à « des référendums notamment ».

David Johnson renchérit : « gérer une ville comme une entreprise […] fait des dégâts ». Une telle gestion des affaires municipales ces dernières années a mené, selon lui, à « ignorer le côté social, le côté environnemental et le patrimoine ». Son parti fait confiance aux experts du quotidien :

« Le citoyen est le plus grand expert de ce qu’il ou elle vit. »

Pour Katia Garon, les conseils de quartier devraient jouer un rôle plus grand que celui de « voies de transmission d’info ».

« Il faudrait vraiment que des décisions soient prises dans les quartiers mêmes. »

Elle estime qu’il faut « des solutions locales » aux problématiques qui alimentent la détresse de citoyen.ne.s. Certaines pourraient être « réglées sur place ».

Troisième lien et transport

Mbaï-Hadji Mbaïrewaye insiste : « un troisième lien autoroutier, c’est non » pour Démocratie Québec. Le parti prône plutôt « un premier lien sous-fluvial sous forme de métro ». Il cite l’exemple du lien entre Longueuil et la station Berri UQAM à Montréal. Cette proposition s’inscrit dans une « vision long terme de développement régional », vers une fusion des services transports Québec-Lévis.

« Nous sommes sur les deux rives du même fleuve et nous regardons comme des chiens de faïence. »

Développer de nouvelles infrastructures autoroutières aggraverait « les problèmes qu’on vit », ajoute David Johnson. Il nomme la congestion, la pollution, la destruction environnementale, les coûts individuels et collectifs de la voiture, l’insécurité routière. Katia Garon rappelle le besoin de mieux considérer les piétons et leur sécurité dans le développement urbain.

Pour les candidat.e.s de Démocratie Québec au centre-ville, pas question d’instaurer une taxe ou une redevance sur la valeur des propriétés longeant le tracé du tramway. Mbaï-Hadji Mbaïrewaye y verrait un « bar ouvert vers la gentrification ». Il faut plutôt imposer des exigences, dans la réglementation, pour favoriser le développement souhaité de logements sociaux, de verdissement :

« C’est ça le rôle d’une Ville : tu fixes le cahier des charges, et les promoteurs suivent. »

Il faut « des développements orientés vers le transport collectif » et un meilleur accès aux services de proximité, épiceries, garderies, renchérit David Johnson. Katia Garon évoque la ville de Madrid, où « tout est accessible à pied ». C’est le développement de l’avenir, pour les résidents comme pour le tourisme, estime-t-elle.

Cohabitation et mixité sociale

Mbaï-Hadji Mbaïrewaye déplore qu’on attribue les défis de cohabitation dans Saint-Roch à Lauberivière, qui « fait partie de la solution ». « Nous prenons acte qu’il y a une tension à Saint-Roch », affirme-t-il. Il pointe plusieurs facteurs, dont l'accès au logement, à la lumière de rencontres avec des travailleurs communautaires.

« Avant, ça prenait deux à trois semaines pour trouver un logement à un itinérant, maintenant, c’est deux à trois mois. »

Il faut, dit-il, « investir massivement » tant pour le logement qu'en santé mentale. S’il aborde un champ de compétence provinciale, le candidat ajoute que le municipal « peut investir aussi » et « agir autrement ». Il évoque des aménagements sur les terrains autour de Lauberivière, des initiatives pour « mettre en contact les itinérants et les citoyens » et « accompagner les acteurs du terrain ». C’est « le devoir de la Ville » de mettre en lien toutes les parties prenantes d’une cohabitation harmonieuse, acquiesce Katia Garon.

Pour David Johnson, il faut aussi « des projets dans lesquels les gens peuvent s’impliquer », par exemple du jardinage urbain. Il rappelle une proposition de coopérative d’agriculture urbaine de Démocratie Québec.

Marchés publics

Suivant le commentaire d’une auditrice, les candidat.e.s de Démocratie Québec au centre-ville soulignent l’enjeu de « désert alimentaire » du secteur Vieux-Québec–Vieux-Port. Il y a « assez d’espace au Vieux-Port » pour faire cohabiter les Urbainculteurs avec un marché local, estime M. Mbaïrewaye.

« Les gens doivent trouver localement les produits », insiste Katia Garon, en pensant aux résidents aussi bien qu’aux touristes. C’est ce qui permettra de ramener des résident.e.s dans le secteur et de réduire l’emprise de la voiture dans les déplacements, expliquent les trois candidat.e.s. Le parvis de l’église du Très-Saint-Sacrement, dans la foulée d’un projet de requalification communautaire, pourrait accueillir un marché public dans son district, avance Mme Garon.

Profilage racial et social

Le Service de police de la ville de Québec est-il conscient d’une problématique de profilage?  « Pas encore », estime Mbaï-Hadji Mbaïrewaye. S’il ajoute qu’on « s’enferme encore dans le déni », il se dit « optimiste ». Ce n'est pas aux agents qu'il s'attaque, mais à une problématique de « formation » et de « culture organisationnelle » dans les services de police.

Démocratie Québec s’engage à « créer une Commission de sécurité publique » pour produire « une politique contre le profilage social et racial », mentionne le candidat. Le parti souhaite aussi miser sur une police communautaire axée sur la prévention. Monsieur Mbaïrewaye salue une étude sur le profilage lancée par la Ligue des droits et libertés. Les données sont essentielles pour « remettre les élu.e.s devant leur responsabilité » mais aussi pour l’adhésion de la population, explique-t-il.

Entrevue avec les candidat.e.s de Démocratie Québec au centre-ville

Monsaintroch, Monsaintsauveur, Monmontcalm et Monlimoilou présentent les candidat.e.s aux élections municipales dans l’ordre où Québec réveille les reçoit en studio. La formule choisie réunit en entrevue des candidat.e.s d’un même parti, faisant campagne dans des districts adjacents. L’ordre de présentation des candidat.e.s est déterminé par leurs disponibilités et par la programmation de la quotidienne Québec réveille. Nous avons collaboré au choix des thèmes abordés.