Élections fédérales 2021 : Tommy Bureau, Nouveau parti démocratique | 3 septembre 2021 | Article par Julie Rheaume

Tommy Bureau, candidat du NPD dans la circonscription de Québec, dans Saint-Roch, le 30 août.

Crédit photo: Julie Rheaume

Élections fédérales 2021 : Tommy Bureau, Nouveau parti démocratique

Nous avons rencontré les candidat.e.s aux élections fédérales 2021 dans la circonscription de Québec Chacun.e a répondu à nos questions lors d’une entrevue-portrait orientée vers nos quartiers. Le 30 août, nous nous sommes assis avec Tommy Bureau, candidat pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), dans un café de Saint-Roch.

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Le candidat du NPD dans la circonscription de Québec, Tommy Bureau, a commencé des études en musique avant de bifurquer en politiques appliquées et en administration des affaires. Il a notamment cumulé les expériences de travail et les implications dans le milieu communautaire. En parallèle, l'homme de 41 ans a aussi créé une petite entreprise en écoresponsabilité, lui permettant d’aider d’autres entrepreneurs à réduire leur empreinte environnementale.

M. Bureau œuvre actuellement à titre de conseiller pour le Mouvement Actions collectives en transition environnementales et sociale (ACTES), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). L'auditoire de CKIA-FM a également eu l'occasion de l'entendre à l'émission Un monde en transition. La présente campagne l'oblige toutefois à prendre une pause des ondes. Tommy Bureau s'était présenté dans la même circonscription pour le NPD en 2019.

Quelle sont les priorités ou les valeurs du NPD qui vous ont amené à joindre ce parti?

« Freiner la crise écologique et s'y adapter. Donc, tout ce qui touche l'environnement. Deuxièmement, tout ce qui touche la justice sociale, dans son sens le plus général. On parle beaucoup de logement. On parle beaucoup de revenu pour les personnes à faible revenu; d'aider les organisations qui viennent en aide aux plus démunis; d'aider, aussi, la classe moyenne à joindre les deux bouts. Ces deux volets ont toujours été importants pour moi et m'ont amené au NPD », répond Tommy Bureau.

Quelles conclusions ou leçons tirez-vous de votre défaite de 2019? Que feriez-vous différemment? Vous aviez remporté 11,5% des voix alors que le libéral Jean-Yves Duclos, élu, avait remporté 33,3% des voix.

« Plus le temps passe, plus on réalise, malheureusement, que l'action des libéraux est tellement limitée qu'elle n'a pas d'impact sur la vie des gens sur le terrain. Ce qui est différent, en 2021, c'est qu'on a deux ans de plus d'inaction libérale qu'on veut mettre de l'avant pour dire qu'on a besoin, effectivement, d'un réel changement (…). On peut rappeler aux gens que tous ces beaux espoirs que les libéraux ont entretenus, c'était finalement des promesses en l'air. Plus le temps passe, plus ça devient concret pour les gens. »

Qu'est-ce qui vous lie à la circonscription de Québec?

« Je suis né dans la circonscription de Québec, dans le quartier Duberger. J'ai vécu dans plusieurs quartiers de notre circonscription de Québec. Là, je vis actuellement dans Saint-Roch. J'ai travaillé pendant des années dans Saint-Sauveur. J'ai vécu dans le Vieux-Québec. J'ai vécu dans le quartier Saint-Sacrement. J'ai beaucoup d'activités dans le quartier Montcalm. Donc, c'est une circonscription dans la quelle je vis, dans laquelle je travaille, dans laquelle je m'implique. »

Selon vous, qu'est-ce qui distingue votre circonscription, ses besoins? La circonscription de Québec présente plusieurs réalités différentes en fonction de ses quartiers. Comment jongler avec tous les dossiers chauds de cette circonscription, qui ne présente pas un visage homogène?

« Quand on parlait des grandes priorités du NPD, ce sont des priorités qui rejoignent les gens autant dans le quartier Duberger que dans le Vieux-Québec. Quand on parle des enjeux environnementaux, on veut lutter contre les îlots de chaleur, on veut assurer une qualité de vie aux générations actuelles et aux générations futures en ce qui trait à la protection de notre environnement, notre climat. Ce sont des impacts qui vont toucher tout le monde également, peu importe le quartier où l'on se trouve. »

« Quand on parle de justice sociale, des enjeux qui touchent à la pauvreté, la circonscription de Québec est dans la plus pauvres de tout le Canada (…). On voit des poches de pauvreté partout, dans Duberger, dans Vanier, ici dans dans le quartier Saint-Roch, dans Saint-Sauveur. Donc, il y a beaucoup de points communs. Quand on parle de transport, un enjeu dont on parle beaucoup à Québec, on en parle différemment. Ce n'est pas exactement les mêmes enjeux dans le Vieux-Québec, dans Duberger ou dans Vanier. »

Le transport et l'environnement touchent tout le monde, même si les besoins et les enjeux varient selon l'électorat et les quartiers, selon le candidat. L'accès au logement est aussi une préoccupation chez les gens. Une personne qui souhaite « acquérir une nouvelle propriété, par exemple, une maison unifamiliale dans Duberger, va peut-être avoir autant de difficultés que quelqu'un qui se cherche un 3½ dans Saint-Sauveur (…). Dans les deux cas, les coûts ont explosé », ajoute-t-il.

Quelles sont vos prises de position, celles de votre parti, en lien avec ces grands enjeux qui intéressent particulièrement notre lectorat?

Logement

« Nous, ce qu'on veut d'abord, c'est une aide directe bonifiée aux locataires qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts et à payer leur logement. On veut aller jusqu'à 5000 $ d'aide directe aux locataires. À moyen terme, on veut lancer des chantiers partout au pays de logements sociaux abordables, en formule coopérative, aussi. Cinq cent mille nouveaux logements qu'on veut créer à la grandeur du pays. La moitié dans les cinq premières années d'un mandat du NPD pour permettre, à plus long terme, aux gens de trouver des logements à un coût qui leur convient. Lorsque du logement abordable est offert, cela a un impact sur l'ensemble du parc (immobilier). »

Si le NPD est porté au pouvoir, Québec « doit recevoir une part importante » des 500 000 nouveaux logements sociaux qui seraient ainsi créés, promet Tommy Bureau.

Transport

« Le Réseau de transport structurant tel qu'il est présenté actuellement, je le vois comme une phase 1. Si j'ai un engagement à prendre, c'est qu'il va être considéré comme une phase 1, comme une colonne vertébrale pour poursuivre le développement. Évidemment, c'est la municipalité qui va être aux commandes de ce projet, avec la collaboration de la province. Le fédéral sera toutefois prêt, si on est amené au pouvoir, à financer les phases 2, 3 et 4 de ce réseau de transport pour faciliter le déplacement dans la ville. »

Du travail pourrait aussi être fait pour aider les villes à mieux planifier leur développement urbain. Le modèle « centre-ville et couronnes de banlieue » est difficile à desservir en transport en commun. « Ce n'est pas tout de développer le tramway et les autobus, il faut aussi penser nos villes en fonction d'offrir des services de proximité et faciliter les déplacements », soutient le candidat.

Quant au troisième lien, « pour nous, c'est une aberration. Jamais le fédéral ne financerait ce projet-là si nous étions portés au pouvoir. On doit passer à autre chose », affirme M. Bureau. Ce dernier ne se dit pas contre les automobilistes, mais ne croit pas qu'on doive multiplier le nombre de voitures sur les routes.

Environnement et verdissement

« On ne veut pas empiéter sur les champs de compétences de municipalité, mais le NPD sera là pour encourager les municipalités (…). Clairement, beaucoup de nos quartiers centraux ont besoin d'amour. Le NPD serait là pour soutenir les municipalités dans des projets comme ça », dit-il en faisant notamment allusion au verdissement et aux îlots de chaleur.

Son parti veut aussi aider à l'adaptation des logements pour faire face au réchauffement climatique.

Rareté de la main-d’œuvre et relance économique

« L'appareil étatique, au Canada et au Québec en particulier, en ce qui est de l'immigration, a besoin d'être simplifié, adapté, pour faciliter l'arrivée de nouveaux immigrants qui souhaitent travailler, qui souhaitent s'intégrer, qui veulent mettre la main à la pâte. C'est une solution. »

« Dans certains cas, on manque de main-d’œuvre qualifiée. Le NPD veut donc être un partenaire des provinces pour faciliter la formation de la main-d’œuvre », ajoute-t-il.

Plusieurs secteurs touchés par le manque de personnel offrent de bas salaires. Que souhaite faire le NPD en matière de rémunération, même si la fixation du salaire minimum relève des provinces? « Ce qu'on veut faire, c'est se concentrer sur les PME : donner un bon coup de main aux PME qui en ont besoin. On pense beaucoup à nos commerces de proximité. On en parle beaucoup, ce qu'on veut faire, c'est aller taxer les ultra-riches et les grandes entreprises pour pouvoir maintenir le taux d'imposition des petites et moyennes entreprise bas pour les faire fleurir et qu'elles offrent des salaires plus compétitifs. Indirectement, on peut agir.»

Itinérance et cohabitation

Dans Saint-Roch, l'arrivée de Lauberivière sur la rue du Pont a causé quelques enjeux auprès de certains voisins et entrepreneurs du quartier. En matière d'itinérance et cohabitation, quelle est la vision de Tommy Bureau et du NPD?

« Ça nous ramène à la question de la lutte à la pauvreté, à la base. Dans notre programme, on a effectivement un revenu minimum garanti. On a beaucoup de programmes pour venir en aide aux personnes moins bien nanties, comme l'aide directe au logement (…). Il y aussi l'aide aux organisations qui interviennent directement. Vous avez nommé Lauberivière, c'est un bon exemple. Traditionnellement, le fédéral était beaucoup là pour financer des infrastructures. Ce qu'on nous dit de plus en plus, dans ces organisations, c'est qu'on a les infrastructures, mais on n'a pas la main-d’œuvre pour pouvoir intervenir directement auprès de la population, les gens en situation de vulnérabilité. Ça nous ramène à la question de la pénurie de main-d’œuvre, de toutes les façons dont on vient de parler. »

« Un élément qui me préoccupe beaucoup, c'est le financement à la mission de ces organismes, qui sont continuellement en train de remplir des demandes pour obtenir du financement ponctuel pour des projets (…). Ces organismes devraient pouvoir bénéficier d'enveloppes, afin de se dédier à leur mission, qui seraient bonifiées », indique celui qui a œuvré comme gestionnaire au sein d'organismes communautaires.

Qu'est-ce que les citoyen.ne.s de votre circonscription vous ont appris jusqu’ici?

« On a, ici, beaucoup de gens qui sont préoccupés par leur situation immédiate. On l'a dit, je le répète, je vais taper sur le clou tout le temps : se trouver un logement qu'on est capable se payer et qui correspond à nos besoins, c'est super difficile, encore plus si on est une famille. On le voit : toute les familles s'en vont en banlieue. Nos centre-villes, en particulier, à Québec, risquent de se vider graduellement des gens qui les font vivre. »

Selon M. Bureau, cet enjeu est régulièrement soulevé par les groupes de citoyens, gens d'affaires et organismes communautaires.

L'environnement se veut également une préoccupation pour les citoyens. « Il faut rester constamment aux aguets », en ce qui a trait à des projets tels le troisième lien ou encore un éventuel Laurentia « 2.0 », dit-il.

Qu’est-ce qui est important que les gens sachent/comprennent davantage à propos du rôle et du « pouvoir » de leur député.e fédéral.e?

« Dans les cinq questions vous m'avez posées, il y a beaucoup de compétences qui relèvent davantage du provincial ou du municipal. C'est le genre de choses dont on parle régulièrement. Pour moi, le fédéral doit être un partenaire pour les projets qui nous mènent à une transition sociale et environnementale, qui vont vraiment aider les gens (…). Mon rôle, c'est souvent ça : dire de quel projet on a envie d'être partenaire, quand on parle de projets qui relèvent plus du municipal ou du provincial. »

Logement (« traditionnellement, le fédéral a toujours joué un rôle »); environnement; aide directe à la population, entre autres, aux aînés et grâce à l'assurance-emploi; ou financement des arts et de la culture ne sont que quelques-uns des champs d'action du fédéral, énumère Tommy Bureau.

« (Le secteur des) arts et (de la) culture, dans notre circonscription, c'est très important. On a plusieurs théâtres, beaucoup de musiciens, de la danse contemporaine », ajoute le candidat.

« On a vraiment beaucoup de champs de compétences partagées dans lesquels on peut intervenir », conclut-il.

Tou.te.s les candidat.e.s confirmé.e.s au 1er septembre ont été contacté.e.s pour une entrevue. Les journalistes sont partis du même questionnaire de base, en modulant des questions de relance au besoin. Les portraits paraissent dans l'ordre où ils ont pu être complétés. Les propos des candidat.e.s ont été édités en fonction de critères de longueur, de format et de lisibilité. Les arguments, données, exemples et sources qu'ils contiennent sont rapportés sans intervention ni vérification.