Vivre son deuil à travers l’écriture | 15 octobre 2020 | Article par Amélie Légaré

Crédit photo: Gracieuseté

Vivre son deuil à travers l’écriture

Après avoir perdu son fils Paul alors qu’il était seulement âgé de quelques jours, Typhaine Leclerc-Sobry a créé un blogue afin de s’exprimer librement et de se donner la chance de passer à travers cette épreuve difficile. Au fil du temps, Le marcassin envolé a pris la forme d’un roman qui atterrit en librairie le 15 octobre.

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En 2014, Typhaine a eu la chance de rencontrer son fils Paul, de tisser des liens avec lui et d’apprivoiser sa nouvelle famille avant que la vie en décide autrement. Trois semaines après sa naissance, le petit a fait un arrêt cardiorespiratoire inexpliqué, ce qui a provoqué une onde de choc au sein de sa famille et de ses proches. Après son départ, la jeune mère ressentait le besoin de lire sur le sujet et de trouver des réponses. Comme elle ne trouvait rien de satisfaisant, elle s’est tournée vers l’écriture.

« Devant l’énormité de la situation, j’ai eu besoin d’un espace pour réfléchir et cheminer par rapport à son départ précipité, pour célébrer sa vie, pour tenter de me réapproprier la mienne. J’avais besoin de trouver du sens à tout ça, ou d’en créer », précise Typhaine. « Dans les premiers mois, c’était surtout thérapeutique. Au fil du temps, je pense que ça a pris quand même beaucoup de place dans ma vie donc ça s’est mis à devenir un projet qui était plus créatif », confie l’auteure.

Le début d’un nouveau chapitre

S’exprimer régulièrement sur un blogue a ainsi permis à Typhaine d’entamer de nouvelles réflexions sur son processus de deuil et sur le processus d’écriture en soi. En 2018, elle a eu l’idée de transformer ses écrits en un projet plus formel. Son projet a été retenu par Première Ovation, qui soutient les artistes émergents, et elle a reçu une bourse assortie du mentorat de la romancière Louise Dupré. Le manuscrit Le marcassin envolé a été retravaillé avec sa collaboration pour tranquillement se transformer en roman.

« Au début, j’écrivais pour moi et pour les gens qui me connaissaient et qui ont été là. Il y avait quand même tout un travail à faire et Louise Dupré a été une accompagnatrice hors pair! C’est une poète et elle a été très précise dans ses commentaires », confie-t-elle.

C’est en 2020 que le manuscrit de son récit prenait officiellement vie. Typhaine a approché quelques maisons d’édition et elle a obtenu un retour rapide des Éditions de la Pleine Lune. Certains textes du roman proviennent du blogue, mais il y a également du contenu inédit dans ses 160 pages.

Lueur d’espoir

Typhaine espère que son roman ne touchera pas uniquement les personnes qui vivent un deuil périnatal, mais plutôt tous ceux et celles qui vivent un drame et leurs proches.

« C’est sûr que c’est vraiment basé sur ce que j’ai vécu, mais l’idée est que ce soit quelque chose d’intéressant à lire en dehors de deuil périnatal. L’idée, c’est que ce soit accessible aussi pour des gens qui ne sont pas nécessairement en train de vivre ça. »