Saint-Roch dans les années 1990 (5) : incendie sur la côte d’Abraham | 30 août 2020 | Article par Jean Cazes

L’incendie de juillet 1990 sur la côte d’Abraham.

Crédit photo: Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec (SPIQ)

Saint-Roch dans les années 1990 (5) : incendie sur la côte d’Abraham

La série « Saint-Roch dans les années 1990 » propose une incursion dans les souvenirs du quartier Saint-Roch à travers des archives photographiques et mémoires de diverses sources.

Immortalisée le 21 juillet 1990, la photo à la une est tirée de Tout feu tout flamme. Ce site, qui évoque la chronologie de l’histoire de la protection-incendie de Québec, rappelle ici un incendie ayant nécessité une alarme générale. Ce sinistre avait affecté des bâtisses alors vacantes sises aux adresses 560 à 594, côte d’Abraham.

La scène comparative dans la galerie en fin d’article, en direction ouest, date du 27 août 2020.

« Les maisons, aux portes et fenêtres barricadées, sont des pertes totales »

Publié en page 1 et 2 du Soleil du 22 juillet 1990, l’article signé Michèle Laferrière décrit l’événement qui coïncidait avec deux autres incendies majeurs survenus en ville :

« Une nuit rouge à Québec – […] Un employé de nuit qui circulait sur la rue Saint-Vallier a aperçu un skinhead qui sortait d’un des édifices. Quelques minutes plus tard, l’alarme était donnée pour un incendie à cet endroit. […] Une cinquantaine de sapeurs ont mis plus de cinq heures pour venir à bout de ce brasier. Les maisons, aux portes et fenêtres barricadées, sont des pertes totales. Appartenant à la Ville de Québec, ces maisons désaffectées ont une valeur marchande négligeable. […] Trois pompiers ont dû être conduits à l’hôpital, incommodés par la fumée.

Hier matin, les employés du Service des travaux publics ont assisté les sapeurs en démolissant à l’aide d’une grue ce qui subsistait de la maison la plus dévastée. »

Le souvenir de ce feu nous replonge dans l’époque de crise économique marquée par le déclin du quartier, dont les immeubles placardés lui avaient valu le sobriquet de Plywood City. Les immeubles désaffectés de « valeur marchande négligeable » sur la côte d’Abraham ont accueilli cinq ans plus tard, après reconstruction ou rénovation, la Coopérative Méduse. De mal aimée, la côte d’Abraham est ainsi devenue l’un des symboles de la « renaissance » de Saint-Roch menée alors sous l’administration du maire Jean-Paul L’Allier.

L’ex-journaliste du Soleil Robert Fleury a témoigné de cette évolution du cœur de Saint-Roch dans une série d’articles publiés en 2017.

Voir le billet précédent de la série : Saint-Roch dans les années 1990 (4) : le jardin de Saint-Roch.