Saint-Roch dans les années 1980 (14) : tragique incendie sur la rue Dorchester | 2 février 2020 | Article par Jean Cazes

Le sinistre de la rue Dorchester du 5 février 1983.

Crédit photo: Christian Thibault/SPIQ

Saint-Roch dans les années 1980 (14) : tragique incendie sur la rue Dorchester

La série « Saint-Roch dans les années 1980 » vous propose une incursion dans les souvenirs du quartier Saint-Roch à travers des archives photographiques et mémoires de sources précieuses.

Rapporté dans le site des archives de la Société de protection des incendies de Québec (SPIQ), cet incendie d’origine criminelle est survenu le 5 février 1983 dans une maison de chambres de la rue Dorchester.

Ironiquement, cet immeuble était localisé en face de l’ancienne caserne de pompiers no 3, de l’autre côté de la rue Notre-Dame-des-Anges, mais celle-ci avait été démolie cinq ans plus tôt. La maison de chambres était aussi en continuité de l’ex-manoir Charest dont le site, actuellement en chantier, verra sous peu l’érection des Lofts Dorchester.

La photo comparative du lieu de l’incendie, placée dans la galerie au bas de l’article, date du 27 janvier 2020.

« Je ne trouvais pas ça juste pour nous autres »

L’incendie de la rue Dorchester. Vue en direction sud. On devine au loin, de l’autre côté du Manoir Charest, l’ancienne Dominion Corset.
Crédit photo: Clément Thibault/Le Soleil

« Trois chambreurs sauvés du feu par des cols bleus », titrait la page frontispice du quotidien Le Soleil le 7 février 1983, au surlendemain de ce triste événement :

« […] Le sinistre, qui s’est déclaré à 2 h 10 au 430 Dorchester sud dans le quartier Saint-Roch de Québec, a causé la mort de deux locataires d’une maison de chambres de trois étages. Celle-ci n’est plus que ruines aujourd’hui. […] », écrivait Andrée Roy.

Ces autres extraits du reportage de la journaliste sont principalement axés sur le récit d’un témoin « héroïque » de cette tragédie. Ceux-ci, dans le contexte social de l’époque, un contexte qui n’a finalement peut-être pas si changé en 35 ans, diront certains.

« […] « C’est pas pour se montrer en vedette… Mais à les entendre dire toute la journée à la radio que les pompiers et les policiers avaient effectué cinq sauvetages, je ne trouvais pas ça juste pour nous autres. D’autant plus que nous autres, les employés de la Ville, parce qu’on est à la veille d’une grève, on passe déjà pour des lâches et des paresseux à la radio du matin. Ben, si on s’était traînés les pieds la nuit dernière, y aurait eu plus que deux morts dans cet incendie-là! »

Col bleu pour la voirie de Limoilou, Jean-Guy Belleau, âgé de 33 ans. avoue avoir été marqué « pour une couple de semaines » après avoir été témoin d’un gros incendie, rue Saint-Dominique, où plusieurs personne ont péri, il y a trois ou quatre ans. Dans la nuit de samedi, il écoutait les « bandes de radio-police » avec son copain Pierre Paul Bilodeau lorsqu’il fut alerté par la mention d’un début d’incendie près du manoir Charest. […]

« Dans la maison, tout le monde semblait dormir; il n’y avait pas une lumière d’allumée. » Puis le jeune col bleu raconte que tout s’est passé très vite, en même temps que le feu grimpait rapidement le long de l’immeuble. « J’ai dit à mon chum de s’en venir avec moi et nous sommes montés pour aider une femme qui essayait de se sauver avec juste ses sous-vêtements sur elle. Je lui ai mis mon manteau sur le dos puis je l’ai assise dans une auto de police qui arrivait.” »

Comme l’a souligné la SPIQ, on apprendra plus tard que l’incendiaire sera condamnée à 23 mois de prison.

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Voir l’article précédent de la série : Saint-Roch dans les années 1980 (13) : accident sur le boulevard Charest Est.