Quand les arts célèbrent la beauté humaine | 3 juin 2020 | Article par Amélie Légaré

Aperçu de ce à quoi pourrait ressembler la murale « Foule ».

Crédit photo: Photomontage Atwood

Quand les arts célèbrent la beauté humaine

Après Wartin Pantois, le Théâtre La Bordée reçoit le duo de photographes Atwood en résidence artistique pour la saison 2020-2021. Dans le cadre de cette opportunité, Jean-François Bolduc et Éric LeBlanc souhaitent réaliser une murale géante extérieure intitulée « Foule » qui mettra en lumière 20 portraits témoignant de la diversité dans le quartier.

La murale de visages de citoyennes et citoyens, sélectionnés en collaboration avec des organismes locaux, sera installée sur la façade arrière du théâtre à compter du mois d’octobre. Sur leur passage, les gens pourront admirer 20 portraits disposés sur une superficie totale de de 2880 pieds carrés. À la tombée du jour, une projection illuminera chaque visage et fera ressortir des citations tirées des pièces de La Bordée. Selon l’organisation, ce projet permettant de repousser les limites du théâtre prend tout son sens dans le contexte actuel.

« Si Foule, en plus de procurer une expérience artistique originale à un grand nombre de personnes, peut également amener certains d’entre eux à voir le théâtre différemment, à actualiser leur vision parfois « poussiéreuse » de notre art, nous serons doublement gagnants », indique Rosie Belley, responsable des projets spéciaux à La Bordée.

Reflet de la communauté

« Foule » vise à démontrer la diversité culturelle, sexuelle et générationnelle du quartier Saint-Roch, mais également de l’arrondissement La Cité–Limoilou. Éric LeBlanc, un des deux photographes derrière le projet, pense que les passants seront interpellés par ce qu’ils voient.
« Le but est de rapprocher les gens qui se côtoient sans nécessairement s’en rendre compte pour montrer que tout un chacun vit des enjeux avec lesquels on peut se sentir connecté. »

Pour permettre au duo de photographes de mettre en branle cette œuvre grandiose, La Bordée lance aujourd’hui une campagne de sociofinancement sur La Ruche. Les résidents et résidentes de La Cité–Limoilou sont invités à faire un don aussi minime que 10¢ pour couvrir les frais d’impression de la murale et s’impliquer à leur façon. « Ça été réfléchi conjointement entre La Bordée et Atwood, on avait envie de s’assurer que les gens puissent s’approprier le projet, sentir que c’est le leur, donc on trouvait ça important qu’une partie du financement soit faite auprès du public », précise le cofondateur de Atwood. Le coût total du projet s’élève à plus de 100 000 $ et la projection sera réalisée en collaboration avec l’artiste numérique Émile Beauchemin.

Le duo Atwood

En plus de leur carrière individuelle bien établie, Jean-François Bolduc et Éric LeBlanc collaborent depuis plusieurs années. « Ça fait 4 ans qu’on fait de la photo ensemble et on a décidé de regrouper nos différents intérêts, le photoreportage et l’art dans l’espace public, pour créer le projet « Foule » », ajoute Éric LeBlanc. Les résidences de La Bordée permettent de créer des liens entre le théâtre et d’autres formes d’arts visuels. Le duo Atwood n’en est pas à son premier projet d’envergure, mais ils se disent fiers d’être associés à ce théâtre.

« C’est merveilleux de pouvoir travailler avec des gens qui ont autant à cœur l’art de la scène alors de pouvoir trouver une façon de mélanger ça avec la photographie, c’est un super beau défi et c’est surtout un bel accomplissement. Ça fait des années que je rêve de faire un projet avec le mur arrière de La Bordée […], de pouvoir concrétiser ce rêve-là, c’est sûr que c’est assez fabuleux », confie-t-il.

Une suite incertaine

Pour ce qui est de sa saison théâtrale 2020-2021, La Bordée demeure en attente du plan de relance du ministère de la Culture et des Communications. Le pire scénario envisagé serait l’annulation complète de la saison, mais l’organisation garde espoir pour la suite des choses.

« Nous souhaitons évidemment être en mesure de présenter le plus grand nombre de pièces dans des conditions à la fois sécuritaires et agréables pour nos spectateurs et nos artistes », affirme Rosie Belley. « En tant qu’institution culturelle, nous avons le devoir de contribuer à la richesse et au dynamisme artistique de notre communauté. Pour ce faire, plusieurs moyens sont possibles et réaliser des projets tels que Foule en est un. »