Nouvel immeuble de 70 unités pour PECH | 4 novembre 2020 | Article par Julie Rheaume

Nouvel immeuble de 70 unités pour PECH

L’organisme en santé mentale PECH, présent dans Saint-Roch et Saint-Sauveur, compte bâtir un deuxième immeuble résidentiel de 70 unités, a-t-on appris lors d’un point de presse du maire Régis Labeaume le 2 novembre.

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En plus de vanter l’organisme, Régis Labeaume a vendu la mèche quant aux projets futurs de PECH. Monsaintroch a tenté d’en savoir davantage au sujet de ce nouveau bâtiment auprès du directeur général de PECH, Benoît Côté. « Je ne peux en dire plus pour le moment », a répondu M. Côté au téléphone le 3 novembre. Il a toutefois indiqué que la bâtisse serait érigée au centre-ville de Québec, sans vouloir préciser les dates du début de construction ou d’inauguration.

L’organisme

PECH est derrière l’immeuble à vocation multiple Sherpa, situé au 130 boulevard Charest Est, dans Saint-Roch. Cet édifice abrite notamment des logements sociaux à vocation mixte destinés aux personnes vivant certaines problématiques en santé mentale ainsi qu’aux artistes émergents; un lieu de diffusion culturelle; un centre de rétablissement et les bureaux de l’organisme.

Un autre immeuble de PECH, situé sur la rue Saint-Luc, dans Saint-Sauveur, abrite quant à lui une ressource d’hébergement transitoire.

« C’est un lieu d’accueil pour les gens qui ont besoin de temps pour reconnecter avec leur vie, avec un plan de vie pour eux. On parle de rétablissement. Ce sont des gens qui ont besoin d’une pause qui peut aller jusqu’à 60 jours. Ils ont besoin d’un lieu où ils seront accompagnés d’un intervenant plutôt que d’être dans leur appartement », explique Benoît Côté au sujet de cette ressource.

Des sommes suffisantes?

Le 2 novembre 2020, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé un investissement de 100 millions $ « qui permettra d’agir sur plusieurs plans afin d’améliorer l’offre de soins et de services psychosociaux et en santé mentale pour la population du Québec, notamment par la diminution des listes d’attente », précise le ministère de la Santé dans un communiqué.

PECH peut-il espérer profiter d’une partie de cet argent? « On le souhaite! », lance Benoît Côté.
« La première des choses, ce sont des fonds non récurrents. Ça complique un peu, pour nous, l’engagement de personnes à qui l’on va dire :  »Dans 11 mois, c’est terminé. On t’a donné une formation. On t’intègre dans une équipe, mais on n’est pas sûr de te garder ». Donc, ce n’est pas très facilitant pour la rétention du personnel. »

« Il y a dix millions $ pour l’ensemble des organismes communautaires au Québec. Que va-t-il rester pour la Capitale-Nationale? Habituellement, on a 10 % des montants qui sont annoncés pour la province. Donc, peut-être un million $ pour les organismes en santé mentale à Québec. C’est intéressant, mais il y a 40 organismes, alors il faudrait voir. Le diable est dans les détails. On va voir comment ça va être réparti à partir du CIUSSS de la Capitale-Nationale. »

« Il y a un montant de 19 millions $ pour ce qu’ils appellent des sentinelles. Nous ne savons pas trop à quoi ça peut référer. Est-ce qu’on parle de travailleurs de milieu? Est-ce qu’on parle (d’équipes) mobiles qui peuvent faire de l’intervention dans la communauté? », se questionne M. Côté. Ce dernier espère bien que les organismes de Québec et de la Capitale-Nationale pourront tirer de cette somme une occasion d’agrandir leurs équipes.

« C’est une chose d’annoncer des choses à l’échelle provinciale, c’est une autre affaire de voir comment ça finit à l’autre bout, dans les dédales administratifs! », lance-t-il.

Aide précieuse

Lors d’un point de presse en lien avec les funestes événements survenus dans le Vieux-Québec le 31 octobre 2020, le maire Labeaume a réitéré le 2 novembre l’importance de PECH pour la Ville et la communauté. « On pense que PECH, ça marche », a dit l’élu.

La ressource collabore avec le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui lui verse
300 000 $ annuellement. Elle offre notamment un service d’intervention pour toute crise psychosociale ou psychiatrique 24 heures par jour, contribue à la formation des patrouilleurs à propos des problématiques de santé mentale et vise à prévenir l’incarcération et la judiciarisation des personnes vivant avec de telles problématiques sur le territoire de la Ville de Québec et de la région.

« PECH, c’est 2500 interventions par an avec le Service de police de la Ville de Québec », a indiqué le maire.

La moyenne habituelle des interventions de PECH est de 2300 par année avec le SPVQ, mais la crise sanitaire actuelle change la donne. La détresse est plus présente. Les appels ont augmenté de 20 %, selon le directeur de la ressource.

« On parle d’une moyenne de six interventions de crise par jour. Ces temps-ci, on est à 10 interventions de crise par jour avec le SPVQ. Ce qui veut dire que parfois, il y en a 12, 13, 14. Le 2500, c’est correct dans un contexte de pandémie », réplique M. Côté en faisant référence aux chiffres communiqués par le maire Labeaume.

Projets futurs

En plus du projet de nouveau bâtiment, PECH aimerait bien développer des alternatives de traitement au niveau de la toxicomanie, selon Benoît Côté.

« C’est un enjeu pour la moitié des gens qu’on accompagne : enjeux de toxicomanie, alcool, drogues de rue. On travaille à un projet pour mieux accompagner nos gens dans la sphère de leurs problèmes liés à la toxicomanie. »

PECH planche-t-il sur ce projet en compagnie d’autres organismes? « Pour le moment, on le travaille à l’interne, répond M. Côté. On espère travailler, évidemment, avec nos partenaires du CIUSSS de la Capitale-Nationale, les organismes communautaires habituels avec qui on travaille, le réseau de l’itinérance », conclut-il.

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