La Société des Loisirs: de la musique pour les cinq sens | 28 juillet 2020 | Article par Émilie Rioux

Société des Loisirs

Crédit photo: Charles Boutin

La Société des Loisirs: de la musique pour les cinq sens

Après avoir tenu tout le quartier en haleine pendant des mois, le café-disquaire La Société des Loisirs a finalement ouvert ses portes au grand public le 17 mai dernier. Au coin Dorchester et des Commissaires, Audrey Lapointe, Olivier Bresse et Jean-François Bilodeau vivent maintenant leur job de rêve.

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Café à la main, les clients parcourent la sélection de vinyles dans les quelques bacs, alors que l’arôme des grains fraîchement moulus parcourent la pièce, se mélangeant à la musique qui anime l’endroit quotidiennement. Dans la section voisine, de magnifiques projets se préparent pour la presse à vinyle, un mastodonte tout neuf qui a finalement emménagé dans les locaux de Saint-Roch à la mi-juillet.

Ce lieu, les trois amis l’ont imaginé longtemps, au fil des péripéties qui ont ponctué l’aventure (dont un changement impromptu de local). Le sourire qui illumine le visage de ces jeunes entrepreneurs en dit long sur leur enthousiasme, malgré une ouverture plus modeste qu’espérée, au coeur du printemps de la pandémie.

« On attendait que tout soit réglé pour faire notre ouverture de rêve, explique Audrey. On s’est vite rendu compte que ça n’allait pas durer deux semaines. […] Dans les circonstances, c’était vraiment l’fun. La plus grande qualité que tu peux avoir, c’est d’être flexible et de t’adapter à chaque semaine et à chaque jour. »

Savourer les découvertes

C’est une chose que de faire le deuil de ses festivités d’ouverture, mais c’en est une autre de développer une nouvelle clientèle lorsque l’économie fonctionne au ralenti. Malgré tout, Olivier s’estime chanceux de pouvoir compter sur un voisinage curieux qui leur a accordé une confiance solide, dès les premiers jours.

«  On espérait aller chercher les résidents du quartier et ça a été fait. On s’est inscrit dans la vie des gens autour de chez nous. On pensait atteindre ça après plusieurs mois de fidélisation : on sent qu’on a déjà un lien de confiance avec les clients et on continue dans une direction qui nous fait vraiment tripper ».

Pour son volet disquaire, La Société des Loisirs mise sur une plus petite sélection, où se retrouvent des artistes parfois peu connus du grand public, quoique de véritables coups de coeur pour Olivier et Jean-François, mélomanes en chef. Le commerce mise donc essentiellement sur la découverte, en s’adressant à un public ouvert aux nouvelles propositions musicales. À une époque où on navigue dans la surenchère des plateformes de streaming, le concept peut paraître à contre-courant : une invitation à s’arrêter pour socialiser autour de la musique tout en savourant un bon café, pour redonner un peu de « sacré » à l’écoute d’une œuvre musicale.

Une visite chez Jack White

Le plus ambitieux des trois volets demeure incontestablement l’installation d’une presse à vinyle. Un achat à neuf de plus de 240 000 $ (pour la machine seulement) qui nécessitait donc au préalable une analyse exhaustive du marché. Afin de confirmer leur choix, le trio d’entrepreneurs s’est rendu jusque dans les quartiers de Third Man Records, la compagnie de disques de Jack White(The White Stripes).

« On n’a pas parlé pendant une demi-heure quand on est arrivés là. C’était gigantesque! On s’est demandé comment on allait faire pour ramener ça à notre échelle. Heureusement, il y a vraiment un bel esprit de communauté dans le milieu, parce qu’il n’y a pas beaucoup de compagnies qui font ça. Ceux qui restent, ils s’entraident, se donnent des trucs », indique Olivier, exposant la solidarité dont il a été témoin en tissant des liens avec leurs homologues à travers le monde.

C’est finalement à partir de Toronto, chez Viryl Technologies, que la presse à vinyle a voyagé avant d’être accueillie à bras ouverts dans la Capitale-Nationale, destinée à réaliser les projets les plus fous de vos artistes musicaux préférés.

Avec leur concept unique, La Société des Loisirs est maintenant prête à jouer son propre rôle dans l’industrie du disque du Québec, confortablement installée aux premières loges, dans le quartier Saint-Roch. Certains résidents ont déjà pris l’habitude d’y attraper un café glacé et un sandwich (gracieuseté de leur collaboration avec Nina Pizza) avant d’aller au parc, alors que d’autres font le détour exprès afin de passer quelques heures à dénicher leur prochain chouchou musical. Tels les trois mousquetaires de la basse-ville, Audrey, Olivier et Jean-François ont de quoi être fiers…et ça ne fait que commencer!

 

 

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