Éditions Alto : quinze ans d’étonnement | 9 octobre 2020 | Article par Amélie Légaré

Couverture de Des souris et des hommes de John Steinbeck et Rébecca Dautremer qui sera en librairie en novembre.

Crédit photo: Gracieuseté

Éditions Alto : quinze ans d’étonnement

Malgré le contexte, les projets se succèdent pour Alto en 2020 : nouveaux romans attendus, initiatives locales, création du laboratoire Aléa, lancement du projet Les évaporés et nouvel appel de projets. Créée en 2005, la petite maison d’édition sise au cœur du quartier Saint-Roch voit grand pour la prochaine année…

Publicité

C’est mercredi qu’Alto annonçait la création de son laboratoire éditorial Alea, qui exploitera le volet recherche et développement de la maison d’édition. « Un labo ouvert sur la communauté et qui se nourrit des idées des gens », précise le président et fondateur Antoine Tanguay. En cours de développement, un autre projet interactif regroupant artistes, créateurs visuels, sonores et littéraires, verra le jour cette année : Les évaporés. En collaboration avec Rhizome, l’équipe Alto lance aussi un appel à projets justement pour découvrir des schémas narratifs différents et novateurs.

« Je trouve que la façon de raconter est extraordinairement mouvante et dotée d’un potentiel énorme présentement. Je me suis dit tant qu’à être un éditeur d’étonnant, bien autant étonner et ne pas se retenir par la forme ou par le support, qu’il soit numérique ou papier, donc on continue de développer des expériences avec les auteurs », ajoute le fondateur.

Sortir des sentiers battus

Alto sort aussi régulièrement de son rôle d’éditeur pour mieux s’impliquer dans son milieu. Au cours des derniers mois, la maison d’édition proposait différentes initiatives locales, dont la création de l’organisme Les autres jours et de son espace de discussion. « On essaie d’avoir une maison qui est très proche des gens et qui est très ancrée dans son quartier », déclare Antoine Tanguay.

Des balados sur les métiers du livre sont diffusés en ligne depuis le mois dernier, ce qui ajoute un volet audio au magazine imprimé et Web intitulé (aparté) d’Alto.

« Le numérique n’est pas une solution à tout, mais l’occasion est belle de repenser comment les gens consomment la culture et quels sont les moyens qu’ils utilisent. Finalement, la pandémie a accéléré un phénomène de décloisonnement qui était déjà initié », explique le président.

Une prise de risque calculée

Comment faire pour choisir parmi les 50 à 80 manuscrits reçus chaque semaine? Antoine insiste sur le fait que l’équipe aime prendre un risque quant à la forme et au contenu des ouvrages, ce qui constitue la ligne éditoriale d’Alto.

« Je veux m’étonner, nourrir la flamme, et essayer de toujours surprendre les gens avec quelque chose : une direction dans laquelle je ne suis jamais allé, un thème qui n’a jamais été abordé, un format de bouquin jamais réalisé, une couverture qui surprend. C’est vraiment une volonté de se remettre en danger à toutes les saisons! », confie-t-il.

Les livres d’Alto sont imprimés sur du papier recyclé depuis ses premiers balbutiements et leur impression se fait localement.

« On essaie d’avoir une écoresponsabilité et une responsabilité sociale, car on est tributaires des communautés de lecteurs qui nous apprécient. Il faut maintenir et nourrir ça », mentionne Antoine.

« C’est un milieu assez imprévisible qui est très stimulant, mais qui est en questionnement présentement comme à peu près tous les milieux culturels. J’ai un gros avantage, j’ai une communauté de lectrices et de lecteurs très fidèles. Les gens sont très présents. Ils nous parlent et on s’adapte. Je veux juste faire une maison qui a les portes les plus ouvertes possible », conclut-il.

À lire aussi : Les autres jours et l’espace possible pour l’amour du livre.

En savoir plus sur...