Une entreprise du quartier éveille nos sens | 18 novembre 2019 | Article par Amélie Légaré

Crédit photo: Courtoisie

Une entreprise du quartier éveille nos sens

Ne soyez pas surpris si vous sentez des effluves florales ou d’huiles essentielles à proximité de la rue des Voltigeurs. La compagnie Senseaura y produit une cinquantaine de produits pour le corps et la maison, incluant une variété notable de savons. Les entrepreneurs Karen Thomassin et Guy Samson réalisent tout eux-mêmes de leur résidence, surnommée « la maison qui sent bon ».

Le couple s’est rencontré il y a un peu plus de 5 ans. Karen souhaitait produire des savons pour son plaisir personnel, mais ses échantillons étaient tellement réussis qu’ils ont décidé de vendre à petite échelle. Au fil du temps, ils ont participé à de nombreux salons et expositions, et leur projet a pris de l’ampleur.

« Dès le départ de l’entreprise, notre créneau a toujours été le naturel, même l’ultra naturel. […] Même si c’était beaucoup d’investissement, on n’a jamais vraiment dérogé de ça. On a une cinquantaine de produits aux huiles essentielles qu’on fabrique : les savons, les produits pour le bain, les produits pour le corps. On a même des produits pour la maison et la gamme Samson pour hommes », précise Guy Samson. « Ce sont des savons surgras qu’on produit. Les matières premières sont l’huile d’olive, le beurre de karité, la noix de coco, l’huile de ricin, la vitamine E et 5 % d’huiles essentielles à la trace. Les savons ont 22 % de beurre de karité; les femmes ne mettent plus de crème pour le corps. »

Fait surprenant, le couple réalise tout dans sa résidence du quartier Saint-Roch,

incluant la production des savons et la mise en marché. « S’ils sentent beaucoup et qu’ils tiennent l’odeur, c’est que je les brasse à basse température pour m’assurer qu’ils ne dépassent pas 45 degrés. Les huiles essentielles sont très volatiles », ajoute Karen Thomassin.

Conscience environnementale

Les copropriétaires produisent dans le plus grand respect de l’environnement et visent même le zéro déchet. Ils préconisent des contenants de métal et de vitre, ou ils utilisent du plastique réusiné à 100 %. Le shampoing solide est un bel exemple de produit selon Guy Samson.

« On a travaillé là-dessus pendant six mois. On l’a fait avec de la poudre de lentilles qui a un petit pouvoir moussant », indique-t-il. « Des matières premières, il y en a toujours des nouvelles qui arrivent. On va essayer de travailler avec le meilleur ou le moins pire des conservateurs pour que ça reste le plus naturel possible. »

Senseaura a récemment entreprise un virage au niveau des huiles essentielles. Désormais, elle vend les produits certifiés de Zayat Aroma. « Nous ce qu’on veut, c’est que les gens soient bien éduqués au niveau des huiles essentielles, et qu’ils fassent des choix plus conscients et plus locaux », ajoute l’homme d’affaires.

Encourager l’achat local

Le couple prône fortement le commerce local. Karen et Guy ont d’ailleurs développé des partenariats avec quelques entreprises à proximité. Hooké, Othersea Bikini, La folle fourchette et Barbier le Gentlemen font partie des compagnies qui vendent leurs savons. Sinon, ils s’impliquent régulièrement dans des causes, notamment en donnant des cadeaux lors d’événements caritatifs.

Les deux entrepreneurs admettent travailler de nombreuses heures par semaine. Ils ont pris des vacances pour aller visiter leurs fournisseurs québécois ou faire la cueillette d’une variété de produits. Pendant l’entrevue, ils m’ont d’ailleurs montré un chaga, un champignon aux propriétés exceptionnelles, et du thé du Labrador cueilli récemment.

« Cette année, on a fait un premier produit avec de l’argile de Manicouagan. L’argile de Manicouagan est à Chute-aux-Outardes à Baie-Comeau. C’est la meilleure argile au monde, point final. Dans une argile de la France ou de l’Australie, tu as 7 ou 8 minéraux. Ils ont découvert au-dessus de 45 minéraux dans cette argile », précise Guy.

Projets d’avenir

Karen possède un terrain à Sainte-Brigitte-de-Laval qu’elle aimerait exploiter pour y planter des roses, de la lavande et des fleurs médicinales sauvages. « On a aussi une petite érablière qu’on va exploiter l’année prochaine ou l’autre. L’objectif est de faire bouillir l’eau d’érable avec les pétales de rose pour en faire du sirop d’érable de rose ou de lavande ou d’autres plantes qu’on aura. C’est expérimental. »

Pour la suite des choses, Senseaura souhaite miser sur son virage numérique. Le couple d’entrepreneurs porte une attention particulière au service à la clientèle et vont même écrire un petit mot à la main et offrir un échantillon avec chaque commande sur leur site.

« On veut être des artisans consciencieux qui font des produits de luxe de première qualité et on invite les gens à magasiner en ligne parce que ça sort du four. Quand tu le commandes en ligne, il est parfait et il ne peut pas être plus frais », conclut Guy Samson.

 

En savoir plus sur...