Raconter notre monde par des installations | 17 février 2019 | Article par Anne-Christine Guy

Fluid Structure

Crédit photo: Vincent Houzé

Raconter notre monde par des installations

Après trois semaines en mode spectacle, le Mois Multi 2019 est passé en fin de semaine en mode installations. Voici ce que vous pouvez y découvrir.

Pour sa première programmation à titre de commissaire aux installations, Jeanne Couture nous propose un corpus d’œuvres sélectionnées sur le thème Résistances et ravissements que s’est donné le Mois Multi pour cette édition. Thématique aussi tissée autour de l’idée de l’environnement. Cet ensemble finement sélectionné crée un dialogue poétique fort qui, à travers l’expérience artistique, nous amène à réfléchir à notre rapport à la nature.

Le studio d’Essai et la salle Multi transformés

Dans le studio d’Essai, on plonge dans un cours d’eau virtuel. Du plancher au plafond, sur les murs, est projetée une animation d’eau en mouvement qui interagit avec les visiteurs présents dans la salle. Fluid Structure 360, l’œuvre immersive de Vincent Houzé, joue avec l’élément eau. Il nous présente son côté ludique et sa facette que l’on peut légèrement contrôler, mais également son côté fascinant et inquiétant lorsque l’eau révèle toute sa puissance.

 

Vanitas Machine
Crédit photo: Miha Fras

Dans la salle Multi, adjacente, on peut vivre une autre expérience où l’on nous transporte dans un faux univers naturel. Sonic Jungle de Florian Dussopt nous entraîne dans une jungle de lianes en silicone fluorescent avec des fleurs lumineuses, dans une esthétique qui salue notre enfant intérieur, alors que les sons de jungle nous transportent loin de notre hiver enneigé.

Au sortir cette jungle, on découvre Five Pairs, œuvre de l’artiste allemand Nils Völker. Métaphore de poumons géants faits en sacs de plastique qui se gonflent et se dégonflent lentement. La pièce est à la fois imposante et douce.

Toujours dans la salle Multi, on découvre le travail de Verena Friedrich, qui propose une installation surprenante : Vanitas Machine. L’œuvre met en scène une chandelle qui brûlera durant toute la période des expositions, soit deux semaines. Une cloche de verre protège la flamme, qui est alimentée d’oxygène au compte-gouttes pour ralentir le temps pendant lequel elle se consumera. On peut voir la flamme lentement s’amoindrir pour ne laisser qu’un halo bleu puis soudainement se raviver quand une puff d’air est insufflée dans la cloche de verre. Hypnotisant!

Une autre œuvre de Verena Friedrich est présentée au centre d’artistes en art actuel Regart de Lévis.

Finalement, en collaboration avec Avatar est présentée l’œuvre Pianotissage de Philippe Lauzier. Le musicien, compositeur et artiste sonore a modifié un piano en créant un tissage de fils qui peuvent, via le contrôle d’un ordinateur, faire jouer le piano sans l’intervention d’un.e pianiste. Ce qui est génial avec cette œuvre, c’est non seulement que  l’expérience sonore est touchante, mais d’un point de vue esthétique, elle est puissante, avec ces fils multicolores qui se déploient vers le ciel. Comme si les cordes du piano à queue explosaient de leur cadre. Lors du vernissage des expositions, la pianiste Belinda Campbell interprétera une composition de Lauzier.

Les centres d’artistes

Dans la petite galerie de l’Oeil de Poisson se trouve la « salle de contrôle » des œuvres du projet Infiltrations du trio éphémère – Fred Lebrasseur, Pascale LeBlanc Lavigne et Mathieu Fecteau – spontanément créé à la demande de Jeanne Couture. On peut y voir, dans une tour d’écrans multiples, les nombreuses installations créées par le trio et cachées aux quatre coins de Méduse. Machines mystérieuses qui peuvent être visitées également en direct.

Ljós
Crédit photo: Barthelemy Antoine-Loeff

Puis à VU photo, dans l’espace européen, on peut découvrir Ljós de Barthélémy Antoine-Loeff. Pour l’occasion, la pièce complètement noire, expose deux prismes en suspension sous cloche de verre sur lesquels sont projetés des faisceaux lumineux en constant mouvement. Les prismes ainsi allumés comme des flammes dansantes et multicolores reflètent aux murs ces éclats et ces traînées lumineuses, un peu comme des aurores boréales. L’expérience est presque aussi enivrante qu’un ciel étoilé en pleine nature.

Finalement, chez Avatar, on joue encore avec l’eau. Cette fois, avec une fontaine d’eau qui tombe comme des perles dans un bassin d’eau. Plongé dans un douce noirceur avec le son des gouttes d’eau qui tombent et leurs mouvements fluides mais mécaniques, il est facile de se perdre loin dans un autre espace-temps.

Bienvenue aux jeux vidéo

Comme si on ne nous avait pas assez gâtés, le Mois Multi propose aussi, pour une première fois, des jeux vidéo d’art ainsi qu’un projet de réalité augmentée. Le tout est présenté dans l’espace où jadis logeait la sandwicherie Fastoche.

Les œuvres sont présentées jusqu’au 3 mars.

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