Un pied à l’international pour les cinq ans d’Arté Boréal | 30 avril 2019 | Article par Tanya Beaumont

Alexandre Rebiere et Simon Couillard d’Arté Boréal devant le Town Hall à New York

Crédit photo: Tanya Beaumont

Un pied à l’international pour les cinq ans d’Arté Boréal

L’équipe d’Arté Boréal revient tout juste d’une semaine à Maplewood en banlieue de New York pour la coordination du festival et camp de perfectionnement pour musiciens de jazz manouche, Django a Gogo.

À l’aube de son cinquième anniversaire, Arté Boréal mise plus que jamais sur le développement international. Le succès de la plus récente édition de Django a Gogo s’inscrit dans cette lignée. L’événement a été créé par le guitariste de jazz manouche Stéphane Wrembel, Français d’origine, maintenant résidant de Maplewood dans le New Jersey.

Pendant une semaine, des grands musiciens du jazz manouche offrent des classes de maître dans la journée, alors que les soirées sont consacrées à des concerts et jam sessions. Cette année, une trentaine de participants, dont le groupe de Québec Des Sourcils, ont participé au camp de perfectionnement. Les spectacles ont attiré plus de 250 personnes chaque soir, et plus de 1300 personnes ont assisté au grand concert au Town Hall à New York.

Depuis deux ans, Arté Boréal est responsable de la coordination de l’événement. Selon Simon Couillard, cofondateur de l’entreprise culturelle avec Étienne Savard, l’organisation était plus facile cette année : « C’est plus simple maintenant qu’on connait le milieu. C’est la première année qu’on a véritablement la chance d’apporter notre couleur organisationnelle». L’événement a d’ailleurs attiré un public plus large que les éditions précédentes, et même des producteurs du Japon.

Stephane Wrembel, une rencontre déterminante

La rencontre avec le musicien Stephane Wrembel, il y deux ans, marque un tournant dans la jeune histoire d’Arte Boréal. Simon raconte qu’il y a eu un véritable coup de foudre professionnel entre les deux. C’est Joël Giberovitch, du Upstairs à Montréal, qui a joué les entremetteurs. Après un coup de fil pour savoir si Arté Boréal était intéressée à produire Stéphane à Québec après son passage dans la Métropole, Simon hésitait :

« Le jazz manouche était un le seul style de jazz que je ne connaissais pas. Quand j’ai su qu’il avait écrit des musiques pour Woody Allen, ça a piqué ma curiosité, mais un mois avant, je n’avais toujours pas confirmé. »

La relance n’est pas venue du côté de Montréal, mais bien de Stéphane lui-même : « C’est Stéphane directement qui m’a appelé. Il m’a dit : C’est quoi le problème? Pourquoi on ne fait pas le show ? » C’était suffisant pour que la soirée se confirme au Maelstrom. Après une soirée qui s’est terminée en jam au bar le Sainte-Angèle, Simon lui a demandé s’il pouvait devenir son agent canadien, et quelques mois plus tard, il devenait son agent international.

En mars 2017, Stephane Wrembel s’est produit au prestigieux Carnegie Hall et l’engouement pour le guitariste s’est enflammé. S’occuper de Stéphane prenait de plus de plus de temps :

« Tout était à mettre en place pour la stratégie de booking en Europe et en Amérique du Nord. C’était un beau vertige. Mais il a fallu créer de l’espace. On a donc faire un choix parmi les artistes qu’on représentait. »

Cinq ans et une mission claire

Après cinq ans, Arté Boréal compte toujours sur des ressources limitées, même si Alexandre Rebiere s’est joint à l’équipe depuis quelques mois. Après plusieurs détours, la ligne directrice est maintenant claire : « On est revenu au jazz à temps plein. C’est ça notre expertise » affirme Simon Couillard avec assurance. Cette expertise sera mise à profit lors de la prochaine année, puisque les projets s’enchaîneront à un rythme effréné.

L’étiquette de disque d’Arté Boréal vient tout juste de lancer le premier album de Simba Baumgartner, arrière-petit-fils de Django Reinhardt, alors qu’un nouveau Jim Doxas viendra un peu plus tard ce printemps. Il y a quelques jours à peine, l’équipe annonçait la création du Festival Jazz en juin, qui en sera à sa première édition dès le 20 juin prochain. Il faut ajouter à l’horaire le travail de représentation des artistes de la première heure, comme Normand Guilbeault et Patricia Deslauriers :

« On ne fait pas dans l’instantanéité comme dans la pop. On travaille à construire des carrières sur 40 ans, 50 ans. »

Le développement à l’international continuera de prendre beaucoup de place, puisque Simon Couillard souhaite poursuivre les projets aux États-Unis et en Amérique latine. En cinq ans, Arté Boréal a fait du chemin, et la route promet d’être encore longue.