Logements sociaux et services pour jeunes en difficulté dans Saint-Roch | 18 novembre 2019 | Article par Suzie Genest

Le poste de la Reine avant son démantèlement en 2017.

Crédit photo: Hydro-Québec

Logements sociaux et services pour jeunes en difficulté dans Saint-Roch

Un projet de logements sociaux assortis de services intégrés pour les jeunes de 16 à 25 ans à risque de désaffiliation sera développé à Saint-Roch ces prochaines années, ont annoncé aujourd’hui la Ville de Québec et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

La première phase du projet vise à soutenir le développement de l’autonomie résidentielle et l’intégration au marché du travail, à travers des services adaptés aux besoins des jeunes en transition vers la vie adulte. Ce pourra être, par exemple, des jeunes issus des services de la protection de la jeunesse. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale identifiera les jeunes clientèles pouvant bénéficier d’un appartement ou d’un studio et déterminera, avec ses partenaires du milieu, les modalités de l’encadrement offert.

Les phases subséquentes « pourraient permettre la construction de logements sociaux pour des familles à revenu modeste », mentionne le communiqué de la Ville de Québec.

Le terrain de l’ancien poste d’Hydro-Québec (poste de la Reine) bordé par les rues du Prince-Édouard et de la Reine, que la Ville de Québec a acquis récemment, accueillera le ou les bâtiments à construire pour ce projet. Cette construction pourrait s’ériger « au-dessus du stationnement prévu initialement lors de l’acquisition », selon le communiqué. Le début des travaux est prévu pour 2021, et l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ) se voit confier le rôle de chargé de projet d’habitation.

Un soutien aux jeunes qui ont des « départs difficiles »

Reposant sur une collaboration entre la Ville de Québec et le CIUSSS de la Capitale-Nationale, ce projet « fera également appel aux organismes du milieu » pour les services, a précisé le président-directeur général du CIUSSS, Michel Delamarre.

Cuisine et élaboration d’un budget feront partie des ateliers offerts aux jeunes clientèles visées. On prévoit aussi des formations visant l’accès rapide à des emplois dans des secteurs en forte demande de main-d’oeuvre dans la région :  restauration, manutention, travail communautaire, etc. Le projet, qui implique un volet d’évaluation, sera aussi un terrain de recherche scientifique et de développement de connaissances pour le CIUSSS.

Plus de 5 000 jeunes atteignant l’âge de la majorité se retrouvent laissés à eux-mêmes au Québec chaque année, lorsque les services en protection de la jeunesse prennent fin pour eux. De ce nombre, quelque 200 jeunes se trouvent dans la région de la Capitale-Nationale. Maltraitance, abus et négligence sur leur parcours les exposent à souffrir de troubles de l’attachement, de problèmes de santé mentale, de dépendances, d’itinérance et d’exploitation sexuelle. Ils sont aussi susceptibles de vivre décrochage et échecs scolaires.

 « Je l’ai dit souvent au cours des derniers mois, la ville de Québec se porte bien, que ce soit économiquement ou socialement. Nous sommes toutefois conscients que plusieurs citoyens demeurent dans des situations précaires et il est de notre devoir de les aider. […] Certains jeunes ont des départs difficiles dans la vie. Nous devons les soutenir pour qu’ils deviennent des adultes épanouis qui prennent part positivement à notre société », a dit le maire Régis Labeaume.