Des Insolites et une étrange fête foraine atterrissent à Saint-Roch | 20 juin 2019 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Suzie Genest

Des Insolites et une étrange fête foraine atterrissent à Saint-Roch

Ils sont dévoilés au grand jour : cinq des quatorze Passages Insolites d’EXMURO arts publics se sont installés à Saint-Roch, où on pourra les visiter jusqu’au 14 octobre. En prime, le quartier sera aussi l’hôte du non moins insolite événement satellite Humanorium, étrange fête foraine qui se déploira sous les bretelles de Dufferin-Montmorency, à l’îlot Fleurie, du 11 au 16 juillet.

C’est à place Jacques-Cartier que s’est écrasée cette fois, en version revisitée, la fameuse « Alouette » de Brian Vickerd (photo en tête d’article), qui avait alerté les foules sur la rue Saint-Paul l’été dernier. L’OVNI est flanqué d’un arbre chétif malmené par l’atterrissage, et qui semble désemparé… On le comprend :

« Cette réplique du satellite canadien présenté lors de l’édition 2018 de Passages Insolites, rappelle la promesse ratée d’un avenir meilleur annoncé par la modernité. Il pourrait autant représenter l’obsession toujours croissante pour les communications que l’accumulation de déchets spatiaux qui en résulte. Est-ce qu’un jour, le ciel nous tombera réellement sur la tête? »

En marchant vers l’est sur Saint-Joseph, plusieurs ont croisé ces derniers jours sans s’en rendre compte l’oeuvre suivante du parcours : « Aménagement intérieur et accessoires » (photo dans la galerie en fin d’article) de Olivier Moisan-Dufour. Celui qui a remporté le concours organisé avec l’École d’art de l’Université Laval et GM Développement occupe la vitrine de l’église Saint-Roch avec une reconstitution d’un « logement improbable formé par l’accumulation d’une multitude de planches récupérées de palettes de bois ». L’oeuvre, se jouant des perspectives, suscite un questionnement sur la précarité de l’habitat.

Sur Monseigneur-Gauvreau, devant le Café-rencontre du Centre-Ville, le Collectif Allard-Duchesneau (l’artiste visuel Philippe Allard et l’architecte Justin Duchesneau) a installé ses « Ordures célestes ». On avait découvert sous un autre jour dans le parcours de 2017 ce dispositif qui évoque « nos jugements esthétiques préconçus, tant sur l’art que sur les objets urbains ».

Le fruit du projet de médiation culturelle (R)ASSEMBLER a pris place au jardin Jean-Paul L’Allier. Des citoyens du Café Rencontre du centre-ville, du Centre résidentiel et communautaire Jacques-Cartier et de Pech-Sherpa, ont co-créé les personnages insolites de « L’écho des rêveurs » avec le duo Caravane BLING BLING! (Mathieu Fecteau et Loriane Thibodeau). lls se sont inspirés de thèmes évoquant l’armure et la carapace. Les corps de ces personnages, composés de petites pièces, d’« hexagone-paillettes », d’objets du quotidien sont autant d’odes à la diversité et à la mixité.

Enfin, un Cube spatial du parcours 2017 a trouvé un nouvel emplacement à l’angle des rues Caron et Saint-Joseph Est, à La Nef de Saint-Roch. À l’intérieur de cette oeuvre de Marie-Eve Martel se cache un monde imaginaire « à mi-chemin entre l’organique et le géométrique ».

Les détails du parcours complet des Passages Insolites 2019, qui passe par le Vieux-Port, le quartier Petit-Champlain, le Vieux-Québec et Saint-Roch, sont en ligne au https://exmuro.com/projets/les-passages-insolites/

L’étrange être humain…

On avait d’abord découvert en 2016 au parc voisin du Musée national des beaux-arts du Québec l’exposition itinérante HUMANORIUM – l’étrange fête foraine conçue et commissariée par Ève Cadieux et Vincent Roy. S’inspirant des fêtes foraines des XIXe et XXe siècles, l’événement rassemblera cette fois à l’îlot Fleurie les oeuvres d’une douzaine d’artistes et collectifs en arts visuels et multidisciplinaires qui questionnent l’être humain.

La mouture 2019 ramène l’incontournable « Carrousel » de BGL, le tonitruant « Petit Acousmonium » de Érick D’Orion, l’impressionnant « Musée de la mort » de Jack Burman, les intrigantes « Chambres des curiosités » de Dgino Cantin et de Louis Fortier, le déstabilisant « Freak Show » de Joan Fontcuberta, l’ingénieux « Zoltar, le cadavre exquis » de Rude Ingénierie, l’irrésistible « Stand de tir » de Marc Séguin. S’y ajoutent le « Cinéma de l’espoir » de Dominic Gagnon, « La machine à vue – ka masinacteparik » de Nicolas Lévesque et les artistes et leur pavillon Eruoma Awashish, et « Le Diseur » du collectif finlarmoiement, une nouveauté de 2019.

On pourra découvrir Humanorium de 15 h à 23 h du 12 au 16 juillet, suivant le vernissage fixé au 11 juillet.

Voir de précédents articles :

Saint-Roch s’invite dans les plus importants Passages Insolites à ce jour

Humanorium – Une fête foraine peu ordinaire au parc du Musée