Vingt ans et toujours flamboyants! | 19 décembre 2018 | Article par Catherine Breton

Jean-Claude Gagnon lors des 20 ans des Vendredis de poésie.

Crédit photo: Tremplin d'actualisation de poésie

Vingt ans et toujours flamboyants!

Vendredi dernier, 14 décembre, les Vendredis de poésie du Tremplin d’actualisation de poésie fêtaient leur vingtième année d’existence. L’évènement, dont la popularité ne s’épuise pas, cumule plus de 180 rencontres depuis avril 1998.

Vous voyez la poésie et ses poètes comme de rares fleurs fragiles perçant le bitume? Je dirais plutôt que c’est l’un des microcosmes artistiques les plus en santé. Peut-être parce que c’est le meilleur des remparts contre les coups durs de la vie et la grisaille sociale.

Indéfectible au lieu de prédilection ainsi qu’à animateur des Vendredis de poésie, leur vingtième anniversaire s’est tenu au Tam Tam Café du Centre Jacques-Cartier, sur Langelier, dans une atmosphère douce et émouvante, animée par le dévoué André Marceau.

André Marceau, fidèle animateur des Vendredis de poésie
Crédit photo: Tremplin d'actualisation de poésie

L’extraordinaire éclat de l’ordinaire

Le prélude des Brises-glaces de l’avant-scène, les poètes sur qui reposent les préliminaires qui mettent le public en appétit, ont ouvert le bal en nous nourrissant d’images du passé : l’enfance de Claude Antar et de Catherine Fortin, les souvenirs/hommages de Jean Dorval et de Bertrand Tremblay. Ainsi que l’histoire vraie et quasi magique de Michel Pleau, qui regrettait de n’avoir pas eu le temps de terminer ses dessins d’enfance.

Ensuite, pour le segment principal, on a fait place à quatre poètes fondateurs. La thématique festive de la soirée visait à créer un pont avec la soirée inaugurale du 17 avril 1998. C’est pourquoi on a invité les anciens, les premiers, les vétérans des Vendredis de poésie, à monter sur scène. À commencer par Hélène Matte, la plus jeune de ces vénérables poètes, qui a livré un hommage touchant à ses comparses-poètes, dont Jean-Claude Gagnon.

« Jean-Claude, maudit, t’es tendre!

T’es la poésie à vif, toujours naissante, grouillante et primesautière.

Tu souffles sur l’ordinaire des habitudes avec ton harmonica délirant et tes litanies inventées. Avec toi, c’est toujours le printemps et le poème est vert, vert tendre. (…) »

Puis, Jean-Claude, dans toute sa vulnérabilité flamboyante, est venu habiter la scène avec son harmonica et sa cascade poétique. On a failli voir un double de sa personne tant sa présence était émouvante.

Se sont succédé Jean Coulombe et Denis Belley. Ce dernier nous a déridé un peu avec sa poésie sertie d’images incongrues et de jeux de mots. Pendant que les rires fusaient, on pouvait sentir l’émoi chargé de nostalgie des habitués de l’évènement.

Des soirées ouvertes

Pour les organisateurs des Vendredis de poésie, il est important de faire une place aux poètes en bourgeons. Ceux qui veulent faire l’expérience de la scène et se sentent l’âme à nous partager la leur sont les bienvenus lors de la troisième partie de ces soirées, toujours consacrée au micro-ouvert.

C’est grâce au soutien de la Ville de Québec, du Conseil des arts et lettres du Québec et du Centre Jacques-Cartier que le Tremplin d’actualisation de poésie fête cette année ses vingt ans d’existence.

Il est à noter que le Tam Tam Café fermera ses portes pour une période indéterminée. Cependant, les Vendredis de poésie s’y tiendront tout de même,  puisqu’il accepte de maintenir cette activité culturelle populaire.

Vous êtes évidemment les bienvenus à ces soirées où la poésie, cette forêt dense et vigoureuse habitée d’âmes singulières, vous transportera et peut-être – qui sait! – vous transformera. C’est le genre d’activité où l’humain prend toute la place, sans artifice. Un vent de fraicheur dans l’uniformité de nos formatages sociaux.

Je vous laisse sur les remerciements d’Hélène Matte.

« Il suffit de sortir de chez soi et tendre l’oreille à la poésie

La laisser parcourir le labyrinthe afin qu’elle raisonne en soi

Il suffit de s’offrir à l’un de ces poètes de tout acabit

Qui fréquente les scènes ouvertes

Qui met son corps et sa parole au diapason

Et recevoir sa sensibilité comme un don

Et sa vulnérabilité comme une force

Merci au Tremplin d’actualisation de la poésie de nous offrir autant d’occasions de vivre la poésie. »