Une cour verte pour le SQUAT Basse-Ville | 1 août 2018 | Article par Geneviève Morin

Crédit photo: Geneviève Morin

Une cour verte pour le SQUAT Basse-Ville

Une version éco-revampée de la cour du SQUAT Basse-Ville a été inaugurée le 19 juillet grâce au coup de pouce des jeunes de C-Vert, un programme d’engagement environnemental pour les 14 à 16 ans du YMCA de Québec.

Le soleil versait généreusement sa lumière un peu partout en cet après-midi de juillet, mettant en valeur les textures et couleurs de la nouvelle oasis. Un coup de fraîcheur très apprécié des responsables du SQUAT Basse-Ville, cette ressource d’hébergement pour les 12 à 17 ans établie dans Saint Roch depuis 1999. C’est que la petite cour clôturée était peu fréquentée par les jeunes du SQUAT, me confie Véronique Girard, directrice générale. Une réalité que le verdissement est en voie de changer : « On a une résidente qui est déjà protectrice de la cour verte, elle a dit aux autres : « Maintenant qu’on a une belle cour, vous avez intérêt à ne plus y jeter vos déchets!  » »

Attrayante, ludique, pratique sont les mots qui me viennent en tête pour décrire la cour pendant que je contemple ses bancs de bois peint avec des couleurs funky, ses pousses de chou kale plantées à même les alvéoles de ciment du sol, ses plants de fruits et légumes pleins de promesses (bleuets, laitues, etc.) De grandes fleurs roses viennent rythmer l’espace. Ce n’est plus une cour « plate », ça pétille! J’avoue être ravie que son design soit conçu par des jeunes pour faire plaisir à d’autre jeunes. Parce que l’adolescence possède ses codes propres, ses rites, ses conjurations invisibles aux yeux des adultes. J’ai l’impression qu’on m’en laisse exceptionnellement voir un échantillon et je m’en régale.

« L’objectif, c’était d’améliorer la qualité de vie des gens du SQUAT par une cour plus belle, et aussi de la verdir, parce que ça aide la planète », m’explique avec fierté Nathaël Turbide, un des jeunes instigateurs de l’aménagement.

C-Vert, un vent de fraîcheur

Il ne sera pas le seul ado à passer son été à verdir des îlots de chaleur, me confirme Marie-Ève Paquin, responsable nationale des programme C-Vert. Il y a sept groupes semblables au Québec, notamment à Montréal, Québec et Gatineau. Mais, attention : il ne s’agit pas d’un programme d’été seulement.

« Les jeunes sont recrutés en septembre, il y a entre 10 et 20 jeunes par groupe. Ça démarre en octobre. Les participant.e.s ont des réunions chaque semaine pendant toute l’année scolaire. Au cours de ces réunions, les jeunes apprennent à se connaître, explorent des enjeux environnementaux, creusent ce qui les intéresse le plus dans ces enjeux, invitent des organismes de leur milieu qui travaillent déjà en environnement, et enfin, décident quelles actions ils et elles jugent bon de faire, et avec qui ils et elles ont envie de les faire. »

Bref, une véritable démocratie de jeunes en action! Les participants font aussi du camping deux fois par année, été comme hiver. Le programme est particulièrement populaire auprès des ados immigrant.e.s, comme l’illustre le large sourire de Jordana A. Sentos, une jeune d’origine brésilienne, lorsqu’elle répond à mes questions.

« Depuis que je suis au Québec (juin 2017), le programme m’a permis de me faire de nouveaux amis et de parler la langue, car à mon arrivée, je parlais zéro français! »

Des ami.e.s, du fun, de l’autonomisation : un vent de fraîcheur dont on a bien besoin pour voir venir les défis grandissants que les réchauffement climatiques nous poseront, et pour relever ceux qu’ils nous posent déjà.