Tempo Swing : l’effervescence des danses swing dans Saint-Roch | 27 mars 2018 | Article par Jessica Lebbe

Mariane Robillard et Katleen Rousseau sont deux des trois fondatrices de Tempo Swing, première école de danses swing à s’être installée dans le centre-ville de Québec en 2014.

Crédit photo: Jessica Lebbe

Tempo Swing : l’effervescence des danses swing dans Saint-Roch

Depuis sa fondation en 2014, Tempo Swing est partout. Rien qu’en 2017, le studio de danse a animé des espaces publics comme SPOT ou la Baie de Beauport; des fêtes rassembleuses comme la Fête Arc-en-ciel ou encore la Saint-Jean; et a participé aux soirées dansantes de L’Air du temps, La Korrigane et du Tam Tam Café. Alors qu’en 2013, la cofondatrice Katleen Rousseau donnait des cours dans son salon, c’est dans Saint-Roch qu’elle voyait déjà son école de danses swing.

Avant de lancer Tempo Swing, Katleen Rousseau louait une salle de temps en temps pour donner des cours et répondre ainsi à une demande grandissante à Québec pour la danse des années 1920. S’entraînant régulièrement aux États-Unis, elle était déjà une référence pour enseigner les nouvelles tendances.

En 2014, Katleen s’est associée à sa sœur Cindy Rousseau et à Mariane Robillard pour une première session en 2014 dans une salle de Saint-Roch, un quartier qui leur tenait à cœur dès le début :

C’était vraiment un besoin d’amener le swing au centre-ville, car jusqu’à notre ouverture, les cours se donnaient pas mal dans Sainte-Foy. Les gens viennent pour apprendre à danser, mais cherchent aussi le social dans cette activité, donc c’est assez facile pour eux d’aller prendre un verre après le cours avec toutes les microbrasseries et les restaurants qu’il y a autour de nous, par exemple », explique Mariane Robillard.

C’est en 2016 que les trois fondatrices repèrent un ancien dépanneur, fermé depuis plusieurs années, sur la rue de la Couronne, pour y installer leur studio de danse rêvé.

Ce n’était pas un lieu très cute, mais on a tout déconstruit pour finalement y trouver des murs de brique, qui font le cachet du studio aujourd’hui ! On était contentes aussi d’avoir pignon sur rue, avec une grande baie vitrée, qui permet aux passants de voir et de tomber par hasard sur les cours de swing ou nos soirées en fin de semaine. C’est une belle visibilité au quotidien qui nous aide beaucoup !, se réjouit Katleen Rousseau.

Cet emplacement leur permet aussi de donner des cours de swing sur l’heure du midi pour les travailleurs des entreprises environnantes.

Les deux rôles dans la danse en couple

Fondements swing, Lindy hop (base de swing), Charleston, Balboa, Swing solo, Cardio Swing (pour s’entraîner tout en dansant) font partie des cours enseignés chez Tempo Swing. Si habituellement dans les cours de danse en couple, c’est l’homme qui guide et la femme qui suit, chez Tempo Swing, les danseurs apprennent les deux rôles. C’est la méthode ambidanse :

C’est notre pédagogie depuis nos débuts. Tous les danseurs apprennent autant à « follower » qu’à guider dans tous les cours. Ça permet aux gens de mieux comprendre la danse, et donc d’évoluer plus vite. Souvent comme les débutants n’ont pas beaucoup d’expérience, ils ont du mal à savoir quand ils l’ont ou quand ils ne l’ont pas, mais nous, nos étudiants, ils le sentent. Ils ont déjà senti l’autre côté, donc ils ont une meilleure idée de ce que ça devrait être. Ils peuvent alors beaucoup plus s’entraider dans l’apprentissage.

Selon les professeurs, cette méthode enlève beaucoup de pression, et accroit le plaisir de danser, pour celui qui guide, car son partenaire est aussi capable de l’aider.

C’est une pédagogie qui a fait ses preuves, avec des effets directs sur la compréhension de la danse. On l’a beaucoup expérimentée au début, c’est devenu notre façon de faire. Ça fait aussi de plus belles communautés, car les hommes dansent ensemble et les femmes également, sans préjugés », ajoutent Katleen Rousseau et Mariane Robillard.

Puisque tout le monde danse avec tout le monde, tous les danseurs se connaissent, ce qui permet de développer des amitiés et la cohésion de groupe.

Pas besoin alors de se présenter avec un partenaire ou de se demander s’il y aura assez de garçons – souvent moins nombreux dans les cours de danse – pour danser en soirée. Tous les étudiants ont appris les deux rôles :

Quand j’ai commencé à danser, dans les années 2000, j’a vécu des soirées où il y avait 30 filles pour 4 gars. Ce qui faisait qu’ils étaient épuisés parce qu’ils ne pouvaient pas prendre de pause et les filles attendaient leur tour pendant de longues minutes », se souvient Mariane Robillard.

« Puis imaginez, dans un cours, tout le monde paye le même prix et vous ne danseriez que la moitié du temps, parce qu’il manque des gars. Ça n’a pas de sens ! À Tempo Swing, tout le monde danse tout le temps », renchérit Katleen Rousseau.

Cette technique d’enseignement devenant de plus en plus populaire dans les écoles de danse, Katleen Rousseau forme des professeurs partout en province et même en Ontario pour la répandre.

De grands projets pour l’avenir de Tempo Swing

Pour fêter ses 4 ans, Tempo Swing envahira la Salle d’Youville du Palais Montcalm le 7 avril dès 21 h avec tous ses danseurs et La bande à Frank, un Big Band Swing de 19 musiciens, venus tout droit de Lac-Mégantic. Il y aura piste de danse ouverte et service de bar pour l’occasion.

Toute la fin de semaine des 7 et 8 avril, de 13 h à 18 h, Temp Swing donnera aussi une série d’ateliers danse solo pour tous, pour améliorer équilibre, postures et rythmique afin de bonifier sa danse en couple. Trois professeurs de renommée internationale sont invités pour l’occasion : Lunou Samsonn Poirott, Zack Richard et Jonathan Caron.

La session de printemps, quant à elle, démarrera le 16 avril, avec sa traditionnelle semaine de portes ouvertes, jusqu’au 24 juin. L’été, Tempo Swing n’offre pas de session régulière, mais plutôt des ateliers ponctuels et des cours privés, étant très sollicité pour animer des événements.

Quand on demande aux fondatrices de Tempo Swing quels sont les grands projets du studio, elles voient déjà 2020 arriver…

« 2020, c’est le centenaire des années 1920, qui ont vu la naissance de plusieurs danses swing, alors ça mijote et ça nous donne plein d’idées pour célébrer ça à Québec », évoquent-elles des étoiles plein les yeux.

Tempo Swing
333, rue de la Couronne
418 576-5285