Sommet des Amériques 2001 : souvenirs de la Marche des Peuples | 5 juin 2018 | Article par Jean Cazes

Marche du Sommet des Peuples, rue de la Couronne. 21 avril 2001.

Crédit photo: Jean Cazes

Sommet des Amériques 2001 : souvenirs de la Marche des Peuples

En ce samedi matin 21 avril 2001 du Sommet des Amériques, quelque 30 000 citoyens de tous âges et horizons ont paisiblement marché sur Charest Est, avant d’emprunter la rue de la Couronne pour le Sommet des Peuples. À la veille du Sommet du G7, voici un rappel en images d’une journée surréaliste.

Des manifestations et des émeutes

Ce « grand rassemblement éducatif et politique », comme le qualifiaient les organisateurs, avait pris son départ à la Gare du Palais pour se regrouper sur les plaines d’Abraham. Afin d’éviter tout débordement de violence, ce trajet demeurait loin du périmètre de sécurité. Mais quelques manifestants ont rapidement quitté cette marche pour aller joindre des camarades revendicatifs le long de ce fameux Mur – vite franchi ! – qui serpentait dans le secteur de la Colline parlementaire et de Place D’Youville.

J’étais aux premières loges, là où ça gazait solidement, pour fixer en mode argentique une journée historique de notre ville réputée si calme. Pas sûr que je serais aussi téméraire aujourd’hui, en particulier sur René-Lévesque…

Pour la suite des événements, d’autres manifestations et émeutes ont eu lieu dans la soirée et la nuit, notamment du côté de Saint-Roch, soit sous l’autoroute Dufferin et dans la côte d’Abraham. Comme je l’ai appris le dimanche matin, celles-ci avaient été parmi les plus violentes que Québec ait connues au cours du Sommet des Amériques, en particulier dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

Reportage vidéo sur le Sommet des Amériques (20 au 22 avril 2001)

Bas les masques !

Autant j’ai été enchanté à l’époque par la grande manifestation disciplinée du Sommet des Peuples en Basse-Ville, autant j’ai été marqué par la violence dont j’ai été témoin en Haute-Ville. L’expression « répression policière », a maintes fois été utilisée. Certains ont même avancé que l’action policière avait contribué à provoquer les actes de vandalisme.

Pour moi, rien ne justifie le vandalisme. Après le Sommet des Amériques, après des manifestations plus pacifistes comme celle, anti-raciste, que j’ai suivie en septembre dernier, j’aimerais réitérer un souhait pour les responsables des manifs prévues lors du Sommet du G7, dont la Convergence contre le G7. Je souhaite qu’ils insistent fort et ferme que c’est « tolérance zéro » pour la violence ou les méfaits qui pourraient en découler.

Tel que constaté dans le passé, le vandalisme est souvent l’oeuvre d’infiltrateurs qui ne vivent pas dans les quartiers centraux. Dans Montcalm et Saint-Jean-Baptiste, en 2001 et l’an dernier, ceux qui ont le plus souffert des agitateurs sont de paisibles résidents et des petits commerçants qui n’ont rien des gros méchants capitalistes. Des citoyens qui humanisent leur coin de ville, et qui souhaitent une présence rassurante des forces de l’ordre. Cette police que les plus radicaux, qu’on associe à l’extrême-gauche, accusent de tous les torts, en fermant les yeux sur les méfaits commis dans leurs rangs.

Redoutés surtout samedi dans le secteur du Centre des congrès, ces derniers auront-ils le courage de leurs convictions, à visage découvert?

C’est écrit dans le ciel : il suffira de quelques trouble-fête masqués pour que l’immense majorité des autres manifestants se fassent de nouveau ramasser par les démagogues de grande écoute au détriment de leurs messages légitimes auxquels plusieurs, qu’ils militent activement ou non, s’identifient.

Et vous, quels souvenirs gardez-vous du Sommet des Amériques et de vos expériences dans les manifs populaires ?

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