Saint-Roch dans les années 1960 (24) : incendie au Baril d’huîtres | 28 octobre 2018 | Article par Jean Cazes

Crédit photo: Collection Jocelyn Paquet

Saint-Roch dans les années 1960 (24) : incendie au Baril d’huîtres

La série « Saint-Roch dans les années 1960 » revisite le passé du quartier à travers des images d’archives tirées de diverses sources.

Immortalisée le 28 mai 1963, la scène en vedette témoigne de l’incendie qui s’est déclaré, ce matin-là, au restaurant Le Baril d’huîtres, sur Saint-Joseph Est au coin de Monseigneur-Gauvreau.

Provenant de la collection de fonds de négatifs de Jocelyn Paquet, gestionnaire retraité des Archives du photographe, la photo se retrouve sur sa page Facebook. Elle s’ajoute à 14 autres photos du sinistre tirées du fonds du collectif de photographes du Soleil, Photo moderne. Une autre scène illustre le résultat des travaux de rénovation, six mois plus tard, conférant à la façade de l’immeuble sur Saint-Joseph son aspect actuel.

La photo comparative ci-bas date du 30 septembre 2018.

Des pertes de 100 000 $ et 78 emplois

Parmi les commentaires laissés sur la page Facebook de Jocelyn Paquet, un pompier à la retraite, Noël Messier, relate son expérience aux premières loges lors du sinistre au Baril d’huîtres :

J’ai été blessé lors de cet incendie. J’étais dans la girafe et je suis débarqué sur la toiture en tôle pour aller faire des ouvertures. J’ai fait un trou de six pieds carrés. J’ai eu deux doigts de la main gauche gravement coupés […]. J’ai dû quitter le service pour quelques jours! […] On ne portait pas de gants dans ce temps, c’est longtemps après [qu’est venu] l’ordre de porter des gants parce qu’il y avait trop de pompiers qui se blessaient aux mains.

L’opération des pompiers a nécessité « une dizaine de jets », peut-on lire dans Le Soleil en page 13 de son édition du 28 mai 1963. Une partie du toit s’était effondrée au centre de l’immeuble ravagé.

Le feu a vraisemblablement été allumé par un aspirateur électrique dans la cuisine du rez-de-chaussée et s’est propagé par les murs du second étage jusque dans le toit où l’élément destructeur a surtout exercé des ravages. […] Les pertes causées par ce désastre s’élèveraient à $ 100 000.

L’article nous apprend par ailleurs que Le Baril d’huîtres comptait 78 employés, que l’incendie a « temporairement privés de travail ».

Du Baril d’huîtres au Lollipop

Nous avions déjà évoqué dans un précédent article l’épopée de cette salle mythique qu’a acquise le Café-rencontre Centre-Ville en 2004. S’y sont produites des vedettes américaines comme Fats Domino, les Platters, entre autres. L’établissement s’est aussi illustré en étant le premier à servir du poulet frit Kentucky à Québec.

Comme le rappelle le spécialiste de la musique populaire Richard Baillargeon, après la fermeture du Baril d’huîtres, d’autres établissements de divertissement ont eu un court règne dans le secteur  :

La salle-cabaret était située aux 2e et 3e étages; elle s’appelait la salle Marine au temps du Baril d’huîtres. […] Le Baril d’huîtres a dû fermer au cours des années 1970, étant « emprisonné » dans le mail. Le Lollipop y a été actif pendant quatre ou cinq ans, au début des années 1990. Quand le Lollipop a ouvert, depuis plusieurs années les étages servaient d’entrepôt pour la nourriture et autres utilités. Cela correspond à l’époque qui a suivi la fermeture de L’Étoile de nuit (au sous-sol de l’ancien Pollack – ou Paquet) et de la Maison Western, sur Charest. […] Le rez-de-chaussée a presque toujours été un restaurant.

Et vous, avez-vous des anecdotes en lien avec le cabaret culte de Saint-Roch, son incendie ou les suites de sa reconstruction?

Voir le billet précédent de la série : La rue Saint-Roch.