Les Valoristes : redonner de la dignité aux démunis | 5 juillet 2018 | Article par Véronique Demers

Claude, un Valoriste, et Serge Williams, calculant le « butin » de canettes et bouteilles consignées dans la piscine qui fait office de centre de tri.

Crédit photo: Véronique Demers

Les Valoristes : redonner de la dignité aux démunis

Après avoir été implanté avec succès à Montréal en 2012, un projet de Valoristes a connu une première journée pilote, à l’occasion de la Fête nationale le 24 juin. Des personnes démunies ou ayant des difficultés à intégrer le marché du travail ont afflué au parking du Ashton Charest, où ils ont pu se faire un peu d’argent avec leurs sacs de canettes et de bouteilles consignées.

« Les Valoristes ramassent des canettes et bouteilles consignées dans les lieux publics de la ville, les parcs, les poubelles. En les collectant, ça leur fait un petit revenu d’appoint et ils les détournent en plus de l’incinérateur, où tout est brûlé. Les canettes à l’incinérateur, ça fait des émanations de métaux lourds qu’on respire », souligne Véronique Chabot, administratrice au Conseil de quartier Saint-Roch et coordonnatrice du projet-pilote.

Le budget d’initiative bloqué

Initiateur du projet à Québec, le Conseil de quartier Saint-Roch planche sur le projet-pilote depuis deux ans, avec Odile Rochon et Nicolas Saucier comme participants de la première heure. Le conseil avait l’intention de louer un conteneur pendant tout l’été pour offrir à un site dédié le service complémentaire de collecte des canettes et bouteilles aux épiceries et dépanneurs.

Véronique Chabot (à droite), coordonnatrice du projet, et Kamille Leclair, aussi administratrice du conseil de quartier de Saint-Roch.
Crédit photo: Véronique Demers

« On a décidé d’utiliser notre budget d’initiative de 3500 $ pour le conteneur, mais la Ville de Québec a bloqué notre projet. Elle nous a dit qu’il n’y avait pas de réel besoin, que les dépanneurs et épiceries étaient obligés selon la loi de s’occuper des bouteilles consignées. Mais on offre un service complémentaire et les commerçants sont tous nos alliés! On a une vingtaine d’organisme communautaires à Québec qui sont partenaires du projet », poursuit Mme Chabot.

Le conteneur lui-même représentait une embûche. « La Ville de Québec nous a dit aussi que ce n’était pas possible d’installer un conteneur sur un site où l’on n’a pas de permis de construction ou de rénovation », explique la coordonnatrice du projet-pilote.

À Montréal, une communauté vivante

Regroupés sous la forme de coopérative depuis 2012 à Montréal, les Valoristes ont un site extérieur ouvert tout l’été, sous le pont Jacques-Cartier.

« On peut voir beaucoup d’hommes dans la cinquantaine, avec des parcours de vie assez difficiles. Il y en a qui ne seraient pas capables de travailler dans un cadre rigide. Ça crée une communauté pour eux, ça les sort de l’isolement », exprime Véronique Chabot, qui s’est rendue à Montréal pour voir le fonctionnement du projet.

Quant au projet-pilote de Québec, celui-ci semble avoir été un succès, si l’on en juge aux participants qui sont passés pendant la visite de l’auteure de ces lignes. « La ville a bloqué notre budget d’initiative, mais n’a pas bloqué ma détermination! Je serai créative et débrouillarde, et la prochaine étape importante sera en septembre, à la Fête du travail », conclut l’administratrice du Conseil de quartier Saint-Roch.