La Ville n’asphaltera pas la côte Badelard | 24 avril 2018 | Article par Céline Fabriès

Crédit photo: Suzie Genest

La Ville n’asphaltera pas la côte Badelard

La Ville de Québec renonce à asphalter la côte Badelard à la suite du mauvais accueil du projet présenté lors de la consultation publique du 27 mars. La Ville installera un compteur de vélos et piétons pendant l’été, et un atelier participatif aura lieu cet automne pour décider de l’aménagement de cette rue partagée.

L’annonce a été faite lundi lors du Conseil d’arrondissement de La Cité–Limoilou par le conseiller municipal de Saint-Roch–Saint-Sauveur, Pierre-Luc Lachance. « On va réétudier avec le comptage l’utilisation de la côte [Badelard], c’est une rue partagée, sans auto. Mais on veut que tout le monde soit en sécurité et puisse profiter de cet environnement-là », a-t-il expliqué. L’élu assure également la préservation des pavés.

Selon les consultations menées par la Ville avant la présentation du 27 mars, de nombreux cyclistes réclamaient un meilleur aménagement. Actuellement, la côte Badelard est recouverte de pavés et une bande asphaltée longe la rue d’un seul côté.

Mais les résidents qui vivent à proximité de la côte Badelard refusent de voir disparaître les pavés ou que la partie asphaltée soit agrandie. Ils ont peur que la rue devienne une piste de course pour les cyclistes et que les piétons et les nombreux enfants qui jouent dans la côte Badelard, été comme hiver, ne soient plus en sécurité.

« Il y a des lieux qui doivent être partagés. Nous, on trouve que ça fonctionne très bien. C’est un exemple parfait de ce qui devrait être encouragé comme espace partagé », souligne Marc Grignon, l’un des porte-parole du Comité Parc Badelard nouvellement constitué par des citoyens de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Roch. « Avec un espace réservé pour les cyclistes, il n’y aurait plus de place pour toutes les autres activités », déplore-t-il.

Reconnaissance du parc Badelard

Dans le document remis à la Ville de Québec et dont Monsaintroch a obtenu une copie, le Comité Parc Badelard demande à la Ville de reconnaître la côte Badelard comme un parc. Pour le moment, seule la partie basse de la côte Badelard est considérée comme un parc.

« Des lieux comme ça, tout le monde a envie de jouer dedans dès qu’on commence à en parler. On veut vraiment que les élus réalisent à quel point ce parc est précieux pour les résidents des quartiers Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste, c’est vraiment le trait d’union entre les deux quartiers », insiste Marc Grignon, qui a peur que des organisations comme le Festival d’été de Québec ou le Red Bull Crashed Ice s’intéressent à la côte Badelard pour des événements.

Le comité interpelle également la Ville sur le Programme particulier d’urbanisme (PPU) Saint-Roch Sud, rappelant qu’il est question dans ce PPU de créer des parcs de proximité. « La Ville ne sait pas où les mettre, il n’y a pas de place. Ça, c’est un parc qui existe déjà », fait valoir monsieur Grignon.

Le comité recommande donc de reconnaître le parc Badelard comme une rue partagée ou un sentier polyvalent, d’installer une signalisation pour informer les gens sur le statut particulier du parc et un dalot pour les vélos le long de l’escalier, et de bonifier le stationnement pour vélos.

Historique de la côte Badelard

Dans son document, le Comité Parc Badelard rappelle l’histoire de la côte Badelard. La rue existerait depuis la fin du 19e siècle. En 1902, un escalier public est aménagé, le revêtement des pavés est ensuite ajouté.

Dans les années 1940, la rue est asphaltée pour faciliter la circulation des automobiles. En 2001, la rue est interdite aux automobiles, puis la Ville retire l’asphalte, sous laquelle se trouvent les pavés d’origine.

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