Hébergement touristique : une question d’équilibre pour les citoyens | 2 mars 2018 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Suzie Genest

Hébergement touristique : une question d’équilibre pour les citoyens

Après leurs homologues de Saint-Jean-Baptiste et du Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline-Parlementaire la veille, c’était au tour des conseils de quartier de Saint-Roch et du Vieux-Limoilou de se faire hôtes, hier soir, d’un atelier participatif sur l’hébergement touristique, au Centre récréatif Saint-Roch.

Une cinquantaine de personnes ont pris part à cette consultation, qui débutait par une présentation sur le zonage et la répartition territoriale des types d’hébergement touristique. Par quartier, en équipes, les participants ont échangé sur leur perception de l’hébergement touristique, les types d’hébergement à autoriser, les zones à privilégier. Ils ont aussi réfléchi aux conditions, à l’encadrement qui devraient en régir la pratique. Enfin, chaque équipe s’est penchée sur une question propre à son quartier.

Des participants aux horizons différents composaient la plupart des équipes. Autour d’une table de Saint-Roch, on retrouvait par exemple la directrice générale de la SDC, un organisateur communautaire du BAIL (Bureau d’aide et d’information au logement), des résidents utilisant ou non Airbnb, le chef de l’opposition Jean-François Gosselin. La table voisine rassemblait entre autres deux résidents de Saint-Jean-Baptiste aux visions divergentes et leur conseiller municipal Jean Rousseau.

Les conseillers en consultation publique et intervenants municipaux en urbanisme ont circulé parmi les tables durant l’atelier, comme les conseillers municipaux de Saint-Roch – Saint-Sauveur et de Limoilou, Pierre-Luc Lachance, Suzanne Verreault, Geneviève Hamelin. Cette dernière a confié espérer que la formule d’atelier participatif, moins intimidante pour les citoyens que les consultations publiques formelles, soit mise à profit plus souvent.

Des consensus

En plénier, des consensus assez forts se sont dégagés. Les participants s’entendaient sur le besoin d’encadrer les logements dédiés à l’hébergement touristique de type Airbnb. Ils se montraient plus ouverts à la location de chambres et aux propriétaires occupants qu’à ceux vivant à l’extérieur. Les avis divergeaient notamment quant au nombre de jours de location qui devrait départager pratique commerciale et économie du partage, et aux mesures d’encadrement à privilégier.

L’impact de l’hébergement touristique sur le développement urbain a soulevé des inquiétudes. Orientera-t-il les choix de commerces à implanter? Nuira-t-il à la mixité sociale? Réduira-t-il l’offre de logements? Transformera-t-il d’autres quartiers « en Vieux-Québec »?

Tandis que la table de Saint-Sauveur souhaitait limiter le développement de l’hébergement touristique, des résidents de Limoilou prenaient en considération ses retombées positives pour les commerces de proximité. Les touristes qui séjournent en logements dotés de cuisine s’approvisionnent dans les magasins d’alimentation, ont-ils cité.

Deux équipes ont noté un besoin de rendre accessibles, en ligne, les informations sur l’hébergement touristique, pour ceux qui souhaitent le pratiquer comme pour valider la légalité d’une offre. Faire échec à l’illégalité semblait crucial pour tous. Ce stigmate associé, à tort comme à raison, au Airbnb aura sans doute dissuadé des gens qui le pratiquent de participer à l’atelier, a rapporté, pour la table qu’il animait hier, le président du conseil de quartier du Vieux-Limoilou Raymond Poirier.

Un questionnaire en ligne sur l’hébergement touristique demeure accessible jusqu’au 31 mars. Les séances de consultation de la Ville de Québec, auxquelles tous peuvent s’inscrire d’ici le 12 mars pour une intervention orale avec ou sans dépôt de mémoire, auront lieu les 21 et 22 mars au Club social Victoria.