FEQ 2018 : trois scènes, trois coeurs | 18 juillet 2018 | Article par Monsaintroch

Crédit photo: Sébastien Dion / Festival d'été de Québec

FEQ 2018 : trois scènes, trois coeurs

Entre le fougueux spectacle d’Alexisonfire sur les Plaines d’Abraham et la soirée enflammée provoquée par Galaxie au Parc de la Francophonie, difficile de cerner les meilleurs moments d’un Festival d’été de Québec (FEQ) toujours plein de rebondissements… Émilie Rioux, Jessica Lebbe, Anne-Christine Guy partagent leurs coups de coeur à l’Impérial Bell, au District Saint-Joseph et sur les Plaines.

Vibrations sur Saint-Joseph

Force est d’admettre que les portiers de l’Impérial Bell ont vu passer ma trottinette plus d’une fois au cours des 10 jours qu’aura duré le FEQ. C’est donc en leur envoyant mes salutations les plus enthousiastes que je vous résumerai quelques soirées passées au coeur vibrant de la rue Saint-Joseph.

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Ils n’ont plus rien à prouver à leur public, sinon qu’ils sont encore capable de déployer leur légendaire énergie contagieuse sur scène. Mené de front par Frannie Holder et Fab Di Fruscia, le groupe a relevé encore une fois le défi phénoménal de faire danser inlassablement tous les festivaliers dans la salle. Leur dernier album Distractions semble fonctionner à merveille sur scène, tandis que leur plus anciens « classiques » font toujours l’unanimité. Impossible de ne pas être complètement hypnotisé par les rythmes et les rimes de ces deux femmes flamboyantes, soutenues par de solides musicens. Mémorable première fin de soirée du FEQ 2018.

Quebec Redneck Bluegrass Project et cie

Sous le thème de la sainte trinité du folk sale, le triple concert du 10 juillet était attendu de pied ferme. Difficile de dire autrement, alors que la file d’attente pour voir les trois groupes présents (Les Chiens de Ruelle, Québec Redneck Bluegrass Project et Canailles) s’étirait jusqu’à faire le tour du bloc, jusqu’à la porte arrière de l’Impérial. À l’intérieur, une salle de spectacles pleine à craquer des mélomanes festifs les plus vibrants du FEQ. Mosh pits, crowdsurfing et stagedive ne semblaient pas vouloir ralentir tout au long des sérénades folk qu’enfilaient les groupes, culminant pendant les hits des Québec Redneck Bluegrass Project. L’alcool et la fête étant des thèmes récurrents de leurs chansons, nulle surprise de voir leur public s’avérer expert en la matière.

C’était une de ces soirées où les spectateurs étaient aussi importants que le spectacle lui-même. Où l’ambiance était garante d’une effervescence qui dessinait magiquement un sourire sur le visage des festivaliers, dansant infatigablement jusqu’aux dernières notes de la contrebasse, du banjo ou du violon.

Les Deuxluxes, Sebastian Bach et les autres…

Plusieurs autres grands spectacles ont été présentés devant des foules enthousiastes à l’Impérial. Les Deuxluxes ont bouclé merveilleusement le vendredi soir, tandis que Sebastian Bach a ému les nostalgiques avec ses cheveux au vent et sa voix haut-perchée. Carseat Headrest a été une découverte notoire pour plusieurs, alors qu’Alaclair Ensemble et The Franklin Electric ont aussi fait salle comble.

En résumé, même en temps de FEQ, la Basse-Ville reste un endroit de choix pour être aux premières loges des meilleurs spectacles. Il suffit d’y être pour le constater.

Émilie Rioux

Sous le signe de la diversité

Ambiance survoltée en Basse-Ville

Mononc Serge
Crédit photo: Sébastien Dion / Festival d'été de Québec

Le FEQ me surprendra toujours par sa diversité et ses changements d’ambiance d’une salle à une autre, parfois à seulement quelques mètres de distance. Mon exemple le plus parlant : mon passage le 12 juillet à l’Impérial Bell, où Mononc Serge ralliait toujours autant son public avec ses chansons rock grinçantes et engagées que prône son Parti révolutionnaire conservateur ! Le spectacle à peine commencé, le mosh pit était déjà ouvert, avec un public déchaîné et conquis d’avance. Le contraste avec les pancartes électorales sages sur scène était tordant, tout comme Mononc Serge qui jouait du rock’n’roll en col roulé. Dois-je préciser qu’il faisait chaud à l’Impérial Bell?

Je pensais me rafraîchir dans l’ambiance tamisée et plus intime du District Saint-Joseph, mais cette idée s’est envolée en voyant Julian Taylor Band y débarquer. Dès les premières notes, j’ai senti qu’il allait y faire tout aussi chaud, mais pas à la sauce Mononc Serge, plutôt dans le genre sensuel blues/rock/soul de Lenny Kravitz. L’artiste torontois a tout pour lui : le grain de voix à la fois sexy et puissant, les refrains faciles à retenir (même en anglais!), des musiciens solides, le tout nous donnant envie de danser jusqu’au bout de la nuit…

Sur les Plaines, j’en redemande !

Je ne suis pas beaucoup allée sur les Plaines d’Abraham. Néanmoins, il y a deux soirées que je ne voulais pas manquer. La première, c’était Stone – hommage à Plamondon, qui ne devait rester qu’une production du Cirque du soleil et a finalement eu son heure de gloire sur la scène Bell.

J’ai été déçue de ne pas retrouver d’acrobates ou de mise en scène particulière pour cet hommage si particulier au parolier. La présentation a été très sobre : les artistes québécoises (notez bien l’exclusivité féminine) se sont enchaînées simplement sur scène pour interpréter leur chanson. Leur nom apparaissait sur un écran à leur entrée, rien de plus. Seule Beyries, dont l’interprétation de « Le monde est stone » a été un grand moment de grâce, a salué le public. Un peu frustrant de créer une telle distance sur une scène aussi grande.

Malgré tout, j’ai adoré l’interprétation pleine de rage de Betty Bonifassi sur « Oxygène », la sensibilité d’Ariane Moffatt sur l’indétrônable « SOS d’un terrien en détresse » et la justesse de Gabrielle Shonk sur « Monopolis » et « Le monde est fou ». Le Québec peut être fier d’avoir des artistes aussi talentueuses, authentiques et diverses.

Le FEQ, c’est aussi pour moi l’occasion de renouer avec des artistes français que j’ai souvent entendus mais jamais vus en spectacle. C’est le cas de Phoenix, qui a bercé une partie de ma jeunesse avec ses succès « Liztomania » et « If I Ever Feel Better », qui remonte quand même à l’an 2000 ! J’ai redécouvert un groupe à l’énergie débordante du côté des musiciens. Quant au chanteur Thomas Mars, ne vous fiez pas à l’eau qui dort, si sa voix n’est pas la plus puissante dans le domaine du rock, il a le don de nous emmener dans d’autres cieux. Ses mélodies sont accrocheuses et nous font passer de vrais moments de bonheur. Phoenix est à revoir sans aucun doute en salle, pourvu qu’il revienne très bientôt à Québec !

Jessica Lebbe

Une soirée au féminin

Cyndi Lauper
Crédit photo: Renaud Philippe / Festival d'été de Québec

Vendredi 13, sur la scène des Plaines d’Abraham, le FEQ proposait une soirée complètement féminine. En premier, les Montréalaises Milk and Bone, ensuite l’icône Cyndi Lauper et pour terminer, la musicienne néo-zélandaise Lorde. Dans cette programmation de haut calibre, personnellement c’était la soirée que j’attendais le plus. J’ai attrapé la fin de la performance de Milk and Bone devant un public déjà dense mais un peu dissipé, comme il arrive malheureusement trop souvent sur les Plaines.

Puis Cyndi Lauper a pris la scène d’assaut. Avant d’interpréter son grand succès « Girls Just Wanna to Have Fun », la chanteuse, d’un naturel désarmant et d’une grande humilité, a invité sur scène les filles de Milk and Bone et même fait chanter à Camille Poliquin un court extrait de la pièce. Lauper a terminé sa performance avec la pièce « True Colors », puis Lorde a pris place. Sur la grande scène, il y avait avec elle une drummer et quelques danseuses et danseurs. Lorde, très généreuse et loquace, s’est adressé à quelque reprises en français au public. Étonnamment, la musicienne ne semblait pas être au courant qu’elle était la tête d’affiche de la soirée! Le spectacle était à la hauteur de mes attentes. À voir les gens autour, on semblait aussi enchanté que moi. C’était une belle nuit sur les Plaines!

Anne-Christine Guy