Bingo fusion | 29 octobre 2018 | Article par Catherine Breton

Crédit photo: Renaud Philippe

Bingo fusion

Découvrir des poètes ou jouer au bingo, dilemme déchirant s’il en est un. Mais, mais, mais, grâce à Louis-Karl Picard-Sioui, nous n’avons pas eu à choisir. La possibilité de faire tout ça lors d’une même soirée nous a été offerte, dans une formule ludique et inclusive.

C’est en effet samedi soir, à l’Impérial, en clôture du festival Québec en toutes lettres, que se tenait la dernière représentation de la tournée 2018 du Bingo littéraire Kwahiatonhk! (Qui signifie « nous écrivons! » en langue wendat.)

Tout le monde gagne

Le bingo, jeu fédérateur s’il en est un, offre l’avantage d’un nombre illimité de participants en plus de jouir d’une popularité qui ne s’est jamais démentie au fil des ans, tant dans les communautés des Premières Nations que chez les Québécois.

Une combinaison parfaite pour attirer, fédérer et conquérir les foules. Je ne sais pas pour vous, mais moi, voir des gens gagner des prix, sous forme de livres en plus, ça me rend guillerette! La joie et la gratitude étant contagieuses, l’ambiance festive n’a pas eu de mal à s’installer.

Non seulement la recette proposait de participer à un bingo, mais – si le courage d’affronter le public ne vous créait pas d’hécatombe intérieure – vous pouviez vous porter volontaire pour lire de la poésie, tirée au hasard elle aussi, sur scène.

Il y avait quelque chose de doux et de beau dans le fait de voir des gens du public monter sur scène pour lire des textes d’auteurs, dont ceux présents sur scène. La douce frénésie du bingo aidant, cette invitation au partage et à l’humilité m’a littéralement charmée. Soudainement, on se sentait en famille.

Avec la voix d’Andrée Lévesque-Sioui et la musique de Marc Vallée pour agrémenter le tout, je crois pouvoir dire sans me tromper que personne n’a vu le temps passer.

Dans l’attente et l’espoir d’une tournée de bingo littéraire 2019, je vous suggère de vous rabattre sur le prochain Salon du livre des Premières Nations, qui se tiendra du 22 au 25 novembre prochain. Une occasion en or de découvrir la littérature des Premières Nations.

Un public gâté

En deuxième partie, une autre alliance, une autre ambiance, se sont installées sur scène. La Bronze s’est pointée, avec son énergie brute, ses percussions et sa voix fauve, accompagnée de la poète Véronique Grenier qui nous lisait des extraits de ses recueils Hiroshimoi et Chenous.

La réunion de ces deux univers, qui partagent des thèmes communs, pourrait en effet sembler toute naturelle. Mais je me sens forcée d’émettre un bémol : le mariage mériterait d’être revisité pour qu’une fusion plus équilibrée s’opère.

La Bronze est une belle étoile montante qui déplace de l’air. Sa spontanéité et son humour habillent une scène à eux seuls. S’ajoutent à cela ses textes et sa musique très typés. Il ne reste pas beaucoup de place pour que la poésie de Véronique Grenier brille… Ceci dit, je suis ravie d’avoir découvert cette auteure que je ne connaissais pas.

Somme toute, une belle soirée de clôture bigarrée qui nous rappelle que la beauté est partout et sous toutes les formes.