<em>Bassin Louise</em> : un film pour se lancer à l’eau | 20 juin 2018 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Société des gens de baignade

Bassin Louise : un film pour se lancer à l’eau

Une qualité d’eau presque toujours supérieure à celle de la Baie de Beauport, les promesses d’élus, l’exemple d’autres villes portuaires n’ont pas suffi à faire aboutir, à ce jour, un projet de plage au Bassin Louise. Le développement envisagé pour ce secteur laisse peu d’espoir d’accès à l’eau pour la population. Dans une ultime invitation – aux gouvernements, aux citoyen.ne.s – à se mouiller, le sociologue visuel Pierre Fraser et la Société des Gens de baignade ont dévoilé lundi le documentaire Bassin Louise, plan d’eau ludique pour tous : la promesse fédérale brisée.

Produit grâce à une campagne de sociofinancement, le moyen métrage projeté en première à l’ÉNAP est disponible en ligne, en versions intégrale et abrégée.  Y participent notamment l’historien Réjean Lemoine, le citoyen engagé Jean Bordeleau, le biologiste Michel Beaulieu, également concepteur et scénariste du documentaire, ainsi que Noémie Beaudet et Louis-H. Campagna, actifs au sein de la Société des Gens de baignade.

Le film retrace, depuis l’époque industrielle, l’histoire du plan d’eau, les luttes pour sa préservation et les espoirs avortés. Surtout, il nous amène à y imaginer une plage publique, des jeux pour enfants, des couloirs de nage et une aire de détente délimités par des quais flottants… Des aménagements fort différents du développement résidentiel et commercial envisagé par le Port de Québec.

Un exercice convaincant

Budget modeste et contraintes associées n’ont pas empêché scénariste et réalisateur-monteur d’insuffler au documentaire un dynamisme qui manque souvent aux films chargés d’entrevues « assises ». L’aisance à l’écran des porteurs de contenu y participe, de même que le découpage et l’intégration d’archives photo et vidéo, de textes de l’architecte Pierre Thibault.

Le documentaire convainc de la faisabilité, du potentiel d’un Bassin Louise accessible et baignable, voire de l’à-propos de se mouiller pour la cause. Les données scientifiques sur l’état de l’eau comme des sédiments, les extraits de reportages sur des comparables existants – à Copenhague, à Oslo, à Paris, sans oublier l’Aquazilla de Montréal –, contribuent à rendre l’exercice convaincant.

Le récapitulatif historique rappelle ou apprend aux spectateurs l’évolution du développement urbain lié au port, du début du 20e siècle jusqu’à Québec 1984. On y (ré)entend les interventions de ministres fédéraux et élus municipaux interpellés par les défenseurs du Bassin Louise. On y réalise, aussi, qu’aucune étude de faisabilité ni estimation ne soutient l’argument du coût trop élevé invoqué pour renoncer à rendre accessible aux citoyens les eaux réservées aux embarcations de plaisance.

On sort du visionnement en se demandant pourquoi Québec n’emboîterait pas le pas aux autres villes portuaires citées. On songe à l’attrait, pour résident.e.s et touristes, pour la vitalité du secteur Vieux-Port – Vieux-Québec, d’un plan d’eau où se rafraîchir l’été, tenir des activités l’hiver…

Des suggestions

Durant les échanges suivant la projection ont émergé des suggestions pour faire avancer la cause : interpeller davantage les élus de tous paliers, et les médias; produire des plans 3D des propositions d’aménagement ébauchées; apporter certains ajustements à celles-ci…

Avant tout, la Société des Gens de baignade propose de prêcher par l’exemple : se baigner de plus en plus au Bassin Louise. Avant la projection, un peu plus d’une vingtaine de personnes dans l’auditorium bien rempli ont levé la main lorsqu’on a demandé qui l’avait déjà fait. Combien les imiteront après avoir vu le documentaire?

On peut visionner le documentaire intégral sur YouTube et en trouver une version abrégée, de même que des textes et photos complémentaires, dans un numéro spécial de Photo Société  sur l’accès à l’eau pour les citoyens.

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