Verdir Saint-Roch : des projets qui rendent heureux | 23 décembre 2017 | Article par Monsaintroch

Crédit photo: Verdir Saint-Roch

Verdir Saint-Roch : des projets qui rendent heureux

Collaboration spéciale : Gilles Simard.

Verdir Saint-Roch, un regroupement de citoyens et d’organismes qui aménagent potagers et vergers dans le quartier, a le vent dans les voiles. Outre l’obtention récente d’une méritoire troisième place dans le cœur du public au prestigieux Prix Action David Suzuki, la concertation dévoilait, le 19 décembre, son dynamique plan d’action pour lutter, d’ici 2019, contre les îlots de chaleur, en ajoutant arbres et arbustes fruitiers à Saint-Roch.

Et quel plan ! En plus des aménagements potagers réalisés en 2017 à La Nef et sur des sites satellites et de l’animation autour, c’est 200 personnes qu’on veut rejoindre par des ateliers et 300 arbres fruitiers arbustes, vivaces qu’on entend planter,  à travers le nouveau projet pour améliorer la canopée du quartier. Rien de moins.

Évidemment, une telle œuvre implique beaucoup de planification, de généreuses subventions (fédérale, municipale) et, pour sûr, la bonne vieille « huile-à-bras ». C’est ici qu’entre en jeu l’indispensable travail bénévole de citoyens comme Bernard St-Gelais et Michel Viel, deux retraités éco-responsables avant l’heure, deux amoureux de la nature, très généreux de leur temps et de leurs connaissances.      

Redonner à la société grâce à Verdir Saint-Roch

Prié de parler de ce qui motive son implication dans le projet Verdir Saint-Roch, Bernard St-Gelais, un Nord-Côtois de 57 ans et retraité d’Hydro-Québec, explique :

La vraie raison de mon bénévolat, c’est que je veux redonner à la société. Je veux compenser pour tout ce que j’ai obtenu à Hydro, pendant mes années comme mécanicien.

« Planter des arbres pour Verdir Saint-Roch, c’est ma façon de redonner à la société. » Bernard St-Gelais, jeune retraité d’Hydro-Québec
Crédit photo: Gilles Simard

Bernard, qui est aussi membre de l’Accorderie de Québec et militant du camp de la Rivière (Galt-Junex), près de Gaspé, ajoute : « J’ai grandi sur une terre à bois, à Ragueneau. J’ai toujours aimé les arbres et je respecte la nature. Avant, dit-il, je faisais mes propres meubles en bois, c’était important. »

Commentant ses nombreuses heures passées sur le terrain de La Nef, cet été, à ensemencer, planter et aménager, l’homme a aussi ce mot :

C’est important les arbres. Moi, j’ai fait le pèlerinage de Compostelle, et tout le long du chemin, il y avait des arbres et des arbustes fruitiers pour se nourrir. Des pommiers, des noisetiers, des framboisiers…

Et le gaillard de rajouter : « Il y a vingt-cinq ans, j’ai ramassé une trentaine de noix de chêne rouge, au Bois-de-Coulonges, et je les ai plantées chez-nous, à Ragueneau. Tu devrais voir les beaux arbres, maintenant ! »

« Planter et jardiner me procure de belles joies »

Quant à Michel Viel, un retraité de 69 ans qui est impliqué de multiples façons à l’édifice Sherpa (Pech), ses motivations sont simples… Il raconte :

J’ai toujours été près de la nature, et cette même nature me manque beaucoup, ici, en ville. Ce qui fait que planter, sarcler, ensemencer, que ce soit au jardin du 7e étage, à Sherpa, ou le long du terrain de La Nef, comme cet été, ça me procure beaucoup de joie.

« Avec ce projet-là, la nature me manque un peu moins. Et surtout, ça me procure de la joie… » Michel Viel, résidant de Saint-Roch
Crédit photo: Gilles Simard

Précisons, pour mieux illustrer cette rareté de la nature en ville, que de tous les quartiers de Québec, c’est Saint-Roch qui possède la plus faible densité de canopée verte (toit végétal), soit un très faible 12 %.

Cela dit – et c’est tout à son honneur – Michel a participé pendant longtemps à toutes les corvées citoyennes des quartiers Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste, soit les alentours du « poteau de Marcel Landry » au pied de la côte Badélard, ou même l’embellissement de la rue Lavigueur : pose de cabanes d’oiseaux, fleurissement des poteaux, etc.

Parlant d’aménagement paysager d’ailleurs, le sexagénaire a ce commentaire intéressant : « Pourquoi on n’établirait pas, en lien avec les édifices et la végétation (arbres et jardins), le même ratio de 1% qu’on fait avec les œuvres d’art, là? ». En effet, pourquoi pas ? Pourquoi on n’en ferait pas une politique systématique, à la Ville de Québec?

Chose certaine, qu’il s’agisse de beauté, de comestibilité, d’amélioration naturelle ou de santé globale, l’apport physique et social de Verdir Saint-Roch est inestimable et porte fruit de plusieurs façons. À preuve, cette tirade d’une petite fille lancée à Bernard pendant son travail au potager de La Nef :

Monsieur, vous ne semez pas seulement des arbres, des légumes et des fruits, vous semez aussi de la joie, dans le quartier.

« J’en ai pleuré », dit Bernard.

Pour un peu, nous aussi.

Gilles Simard est auteur, journaliste et pair aidant en santé mentale… Citoyen de Québec et témoin actif de l’actualité, il collabore à différents quotidiens et périodiques, dont Monsaintoch et Monsaintsauveur [NDLR : enfin!]