Promenade de Jane ce dimanche : Pointe-aux-Lièvres, entrée de ville en mutation

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Dans le cadre des Promenades de Jane présentées en l’honneur de Jane Jacobs dans plus de 80 pays, Accès transports viables emmène les marcheurs ce dimanche à la découverte de la Pointe-aux-Lièvres, avec l’historien Réjean Lemoine. Un regard au passé pour mieux imaginer l’avenir de l’entrée de ville.

Une entrée de ville qui en a long à dire

Du haut de la passerelle Adrien-Pouliot, Réjean Lemoine et Étienne Grandmont regardent en direction sud :

C’est l’entrée de ville, et qu’est-ce qu’on voit ? On a une horloge qui n’est pas à l’heure ! On se dit : ah, on est arrivé à Québec ! », badine l’historien.

C’est aussi une station-service qu’on a à l’entrée de ville. C’est spécial, comme message à envoyer ! », renchérit le directeur général d’Accès transports viables.

Les Jésuites entraient en ville par cette voie, traversant la rivière Saint-Charles à la hauteur du pont Drouin, dans une embarcation menée par un passeur qu’ils engageaient, raconte Réjean Lemoine.

C’est pour ça que c’est le fun ici ! Historiquement, depuis le Régime français, c’est une porte d’entrée de la ville. Donc tu peux voir les mutations, l’évolution, les transformations progressives », s’enthousiasme-t-il.

55566_riviere_vqAu 20e siècle, les tournants de cette évolution incluent le développement de Wilfrid-Hamel-Laurentienne dans les années 1960, avec la venue du centre commercial Fleur-de-Lys, et l’enlèvement en 1974 des rails de chemin de fer, remplacés par la toute première piste cyclable. Auparavant, on avait remblayé la Saint-Charles pour faire l’autoroute qui, remarque Étienne Grandmont, « emprunte exactement le méandre, la courbe de la rivière ». La passerelle Adrien-Pouliot, construite au coût de 2 M$, date de 32 ans, même si « on dirait qu’elle a 150 ans ! », s’exclame Réjean Lemoine. Elle n’avait « même pas l’espérance de vie d’un humain! »

Un milieu de vie ?

Historiquement, la Pointe-aux-Lièvres était un secteur industriel. L’arrivée de la Rothman’s remonte à 1899. À l’emplacement du bâtiment fédéral voué à la démolition, on trouvait un « Hôpital de la marine pour les immigrants et contagieux », et derrière un cimetière, résume monsieur Lemoine. Or cette zone industrielle se transforme peu à peu en zone résidentielle.entrée de ville Croix-Rouge LaurentienneLes deux guides s’inquiètent des impacts d’un élargissement de l’autoroute sur ce développement. Déjà, les résidents composent avec un enclavement, des intersections peu sécuritaires à franchir pour se déplacer vers le parc, les arrêts d’autobus, le quartier voisin. L’aménagement actuel favorise la vitesse, note Étienne Grandmont, qui voit la nécessité d’un feu piéton exclusif, alors qu’il est habituellement peu favorable à cette solution. Quant à la congestion du trafic, il émet une mise en garde :

Ce n’est pas la taille de l’entonnoir qui est importante, c’est le trou au bout ! Ça va être la même maudite affaire [avec l’élargissement] : même s’il y a plus d’autos qui entrent [par la Laurentienne], ça va juste jammer là [sur Dorchester]. »

Fort potentiel de développement vers Fleur-de-Lys, amélioration des axes de déplacements actifs, passerelle vers Limoilou : des opportunités existent pour relever les défis constatés, pourvu que la volonté soit au rendez-vous. C’est ce qu’Étienne Grandmont et Réjean Lemoine mettront en lumière ce dimanche, en explorant les mutations du secteur Pointe-aux-Lièvres.La Promenade de Jane Pointe-aux-Lièvres, initialement prévue pour samedi 6 mai, est reportée au dimanche 7 mai en raison des prévisions météo. Le départ se fait à 10 h devant l’école des Berges.