Heureux qui comme Bernard Voyer vivra ses rêves | 17 novembre 2017 | Article par Léa Fischer-Albert

Crédit photo: Éric Carrière

Heureux qui comme Bernard Voyer vivra ses rêves

Vendredi 10 novembre, première neige à Québec. Un temps fort à propos pour une conférence-spectacle de Bernard Voyer, événement phare de la campagne de financement de l’église Saint-Roch. Enfants, mécènes, grands-parents, religieux : l’explorateur et ses complices musiciens allaient donner à tous l’envie d’arrêter de rêver leur vie pour plutôt vivre leurs rêves.

Du pôle Nord au pôle Sud

Les musiciens Hélène Lemay, André Moisan et Jimmy Lahaie accueillent les spectateurs. Dans un fracassant bruit de tambour, Bernard Voyer apparaît, globe terrestre à la main.

L’explorateur commence par raconter ses expériences en Arctique et en Antartique : l’atteinte du pôle Nord et ensuite du pôle Sud, en skis de fond. Il raconte l’éreintante et enivrante expérience qui l’a mené à skier, accompagné d’un ami, sur près de 1500 km avec 300 lbs de matériel scientifique à tirer dans un traîneau pour enfin atteindre le pôle Sud.

Il décrit le moment où son coéquipier et lui ont atterri sur la banquise éternelle en disant : « Nous sommes arrivés en Antarctique, là où l’hiver ne s’écrit qu’en majuscules, où la neige ne fond jamais ». Pour un homme qui adore le froid et la neige, c’est l’arrivée au paradis. Un paradis cachant tout de même l’enfer par moment quand engelures, fatigue et peur peuvent prendre le dessus. Un récit de résilience et d’humilité.

Le tour du monde par les sept plus hauts sommets

« C’est à travers ses propres défis que l’homme grandit », souligne Bernard Voyer. Après avoir atteint en skis de fond le pôle Nord et le pôle Sud, quel défi pourrait bien être assez grand pour cet explorateur? Rien de moins que de faire le tour du monde en gravissant les sept plus hauts sommets de la terre, un sur chacun des continents. En plusieurs années, Bernard Voyer a monté le mont Elbrous en Russie, le Kilimandjaro en Tanzanie, le Carstensz en Indonésie, le Vinson en Antarctique. Il a aussi gravi le mont Aconcagua en Argentine, le McKinley en Alaska, et enfin, l’Everest au Népal-Tibet.

Après une première tentative vaine à cause de la mauvaise température, Bernard Voyer a promis à son ami Dorjee Sherpa qu’ils tenteraient à nouveau leur chance 18 mois plus tard. C’est ainsi qu’a commencé l’une des plus grandes expéditions de sa vie. Mais n’atteint pas le sommet de l’Everest qui veut! L’expédition prend des mois de préparation, voire des années, et une fois commencée, elle consiste principalement en de longues semaines d’acclimatation. Monter du camp de base au camp 1, puis redescendre. Recommencer, se rendre un peu plus loin, puis redescendre à nouveau.

Je réalisai plus tard que la seule façon d’y arriver serait de la couper en étapes, en heures, en secondes même. Que l’Everest se grimperait un pas à la fois.

Poursuivre ainsi jusqu’au moment où, enfin, la montée finale peut être envisagée. Les semaines de pratique servent grandement ici : traverser des crevasses ultra dangereuses sur une échelle simplement placée au dessus, dormir dans une tente sur un glacier qu’on entend et voit se fendre, monter de plus en plus haut et perdre de l’oxygène. Dans la dernière portion de la montagne, au dessus de 8000 mètres d’altitude, l’oxygène est tellement rare que le corps humain commence à mourir. Il faut donc faire extrêmement vite. « Une minute au sommet, c’est déjà deux minutes de trop », dit M. Voyer.

Au final, après de grands efforts, Bernard Voyer et ses amis Sherpa passent 40 minutes au sommet de l’Everest. Mais comme le dit l’explorateur, l’atteinte du sommet n’est que 50% du chemin, il faut encore redescendre. La descente est aussi périlleuse que la montée. Quatre alpinistes ont perdu la vie lors de leur descente du mont Everest, après avoir atteint le sommet. Comme quoi il ne faut rien tenir pour acquis.

Bernard Voyer a fait le tour du monde. Il a vu le pôle Nord et le pôle Sud, ainsi que le sommet des sept plus hautes montagnes de notre planète. Il a toujours fait ses expéditions dans le respect de la nature et des populations locales. Sa conférence-spectacle à l’église Saint-Roch, magnifiquement mise en musique par ses complices musiciens, nous a rappelé qu’il est important de ne pas rêver sa vie, mais bien de vivre ses rêves.

Cependant, il est beaucoup plus réaliste et sain de vivre ses rêves… un pas à la fois. Il vaut mieux prendre le temps de bien faire les choses que de risquer sa vie à les faire trop vite.