La grande manif du Sommet des Amériques sous le regard du photographe Bérubé

Sommet des Amériques
« Bâillonnées, mais pas muettes ». Gilles Bérubé photographe.

Avril 2001. Les hélicoptères bourdonnent dans le ciel de Québec. On érige en Haute-Ville le « Mur de la honte ». Une odeur irritante de gaz lacrymogène flotte dans l’air, jusque dans Saint-Roch. La Vieille Capitale est le point de mire de la planète.

Le rassemblement pacifique du Sommet des peuples du 21 avril, durant un long weekend agité, restera longtemps gravé dans les mémoires. Gilles Bérubé a souligné l’événement dans cette photo qu’il a sélectionnée pour son exposition Femmes, vous…, à l’affiche jusqu’à mardi à l’Espace galerie Sherpa.L’artiste photographe commente la scène immortalisée sur le boulevard Charest Est :

J’ai parcouru à ce moment-là beaucoup de rues de Québec, car je voulais témoigner de ce qui se passait dans une forme d’action militante. […] J’aimais en particulier cette photo que j’avais aussi présentée à l’époque pour une exposition collective, dans une autre galerie, portant sur le Sommet des Amériques. Je l’ai intitulée Bâillonnées, mais pas muettes parce qu’on a trop souvent interdit aux femmes de prendre la parole, et c’était important pour moi de mettre également les femmes revendicatrices dans mon expo… »

2001-04-21-sommet-ameriquesRappelons que le grand rassemblement éducatif et politique du samedi avait pris son départ à la Gare du Palais. Les manifestants avaient ensuite emprunté le boulevard Charest Est, puis remonté la rue de la Couronne avant d’aller joindre finalement un autre groupe sur les plaines d’Abraham.La scène ci-contre, captée à peu près au même endroit, est tirée d’un précédent billet publié en 2013. Peut-être ai-je croisé Gilles Bérubé à ce moment, dans cette foule évaluée entre 25 000 et 30 000 participants… Et vous, y étiez-vous ?