Retour sur le FailCamp à Québec

FailCamp Québec
Toutes les photos illustrant cet article sont une courtoisie du FailCamp.

Vendredi dernier, j’assistais à la toute première édition de Québec du FailCamp au District Saint-Joseph, un événement dont la force réside beaucoup dans ses contenus. Je connaissais peu les entrepreneurs conférenciers, mis à part un, alors j’y participais dans l’objectif de découvrir leurs échecs et leurs stratégies pour les surmonter. Parmi les sept conférenciers présents, trois ont vraiment retenu mon attention.

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Tout d’abord, il y a Catherine Dorion, qui m’était encore inconnue bien qu’elle réside à Québec et que sa réputation ne soit plus à faire dans le domaine culturel. Son discours sans artifice sur l’échec amenait une toute nouvelle perspective sur cette réalité. À travers son récit figurent des projets phares comme celui avec Robert Lepage ou sa chronique radio à Radio-Canada Plus on est de fous, plus on lit ! Ils m’ont marquée non pas pour leur notoriété, mais plutôt parce que les revers qu’elle y a essuyés l’ont amenée à prendre conscience que ses réussites survenaient toujours dans un contexte où elle n’essayait pas de plaire ou de s’adapter à quelqu’un.Catherine DorionUn matin gris, assise dans un café, alors qu’elle croyait devoir se résigner à ne pas atteindre pleinement ses objectifs de carrière, un jeune serveur lui a offert gratuitement son café en la remerciant pour ce qu’elle faisait pour lui et la société. Cette femme qui aime prendre position sur des sujets chauds comme la politique se faisait souvent censurer. Mais cette semaine-là, à trois reprises, un inconnu lui a témoigné de la gentillesse pour son apport à la collectivité. C’est là qu’elle a compris qu’il fallait cesser de porter attention aux difficultés et se concentrer sur ce qui allait bien. À partir de ce moment, sa vie professionnelle a pris le tournant qu’elle souhaitait depuis longtemps. Elle a même publié son premier recueil de poésie, Même s’il fait noir comme dans le cul d’un ours, qui a connu un succès monstre.Philippe-Ensuite, j’ai apprécié que Philippe-Richard Bertrand parle peu de ce qu’il faisait professionnellement et qu’il se concentre sur comment il a réagi à l’échec. Ce singulier personnage, dès son arrivée sur scène, nous a offert une pause yoga, sa seule petite allusion à sa start-up actuelle. Je dois l’avouer : j’ai trouvé que certains conférenciers utilisaient un peu trop cette tribune comme outil promotionnel pour leurs compétences et entreprises. Je ne peux leur en tenir rigueur : à chacun sa façon de présenter ses échecs ! Quoi qu’il en soit, Philippe-Richard Bertrand m’a fait prendre conscience de deux comportements clés à adopter lors d’un échec. Comme il le précisait d’entrée de jeu, 99 % de la force économique au Québec provient des PME, et pourtant seulement 20 % des entreprises en démarrage actuellement seront en vie dans un an. Il faut donc se doter d’une certaine psychologie de l’échec, comme il le précise. Selon lui, on doit se préparer à l’échec :

Comme pour un accident de voiture, quand tu sais que tu vas entrer dans le mur, tu ne peux rien faire, mais tu peux préparer ton corps pour gérer l’onde de choc. Si tu restes tendu, les dégâts seront quintuplés, alors n’hésites pas à te préparer et demander de l’aide. »

Il proposait même la tenue d’un livre d’échecs pour identifier plus facilement nos comportements qui génèrent les erreurs. Finalement, il a fait prendre conscience aux participants que nous sommes souvent critiqués en cas d’échec, mais davantage jugés sur la manière dont nous nous relevons d’un échec.Finalement, ma troisième découverte a été Anne Marcotte. Au départ, je soupçonnais un peu de mise en scène avec ses nombreux moments d’émotivité, mais j’ai rapidement compris que cette charge émotionnelle était bien réelle et justifiée. Cette femme, ayant connu une enfance modeste et ardue, a réussi à 39 ans à vendre son entreprise à un géant des communications pour une coquette somme. Elle nous a fait prendre conscience de la peur de l’échec après une grande réussite. Pour surmonter la peur de ne pas être à la hauteur de la première fois, il faut se sentir propulsé par les embûches et toujours niveler vers le haut. J’ai trouvé très enrichissant et émouvant de le comprendre.Anne et FrancisPour conclure, je dois avouer que cette première édition à Québec, malgré son mode « rodage », était somme toutes bien ficelée. Un petit bémol : les très nombreux rappels du commanditaire, malgré son importance capitale pour la survie de l’événement, éclaboussaient un peu trop l’événement, et certains conférenciers ou conférencières exposaient un peu trop leur entreprise et services, écourtant la portion sur leurs apprentissages suivant l’échec. L’expérience était toutefois enrichissante, complétée par des vins et bouchées exquis et une dynamique animation de Francis Gosselin. Chapeau au District Saint-Joseph pour ses panneaux d’affichage géants et pour la configuration de sa scène.Il serait intéressant, pour une prochaine édition, que l'on traite de l’échec dans une autre perspective que celle de l’entrepreneuriat. Donner la parole à un jeune décrocheur, un professeur, un médecin ou une infirmière, une mère ou un patient atteint d’une maladie grave. Les difficultés sont partout, et ce sujet est plus qu’intéressant. Longue vie au FailCamp, je lui souhaite une tournée partout à travers le Québec !