L’importante ressource en itinérance Lauberivière pourrait quitter la basse ville

Maison de Lauberivière
Maison de Lauberivière. 26 août 2014.
Source : Le Devoir, Isabelle Porter, 1er avril 2016

Le premier refuge pour itinérants de Québec peine lui-même à se trouver un refuge. À court de solutions, le conseil d’administration de Lauberivière, situé aux limites de Saint-Roch et du Vieux-Port, envisage maintenant de déménager près de la place d’Youville, à la maison Mère-Mallet, propriété de la Fondation Famille Jules-Dallaire, a appris Le Devoir. Un scénario qui fait craindre la disparition des services pour les itinérants de la basse ville.

« Ça fait partie des multiples hypothèses qui sont sur la table », a commenté jeudi le vice-président du conseil d’administration de LauberivièreMichel Paquet, qui est également vice-président exécutif du Groupe Dallaire. (…)Pour les organismes qui travaillent avec Lauberivière dans la basse ville, un tel scénario ne serait pas sans conséquences. (…)« Plusieurs des personnes qui vont dormir à Lauberivière la nuit viennent prendre le petit-déjeuner à notre soupe populaire, souligne Simon Fournier, directeur du Café Rencontre du centre-villerue Saint-Joseph. S’ils devaient quitter le quartier Saint-Roch, c’est sûr que ça laisserait un trou. » (…)Au Regroupement pour l’aide aux itinérants (RAIIQ), on fait remarquer que ce ne sont pas les mêmes personnes qui fréquentent Lauberivière et l’Armée du salut. (…)À la Ville, la conseillère responsable du dossier, Chantal Gilbert, souligne que le dossier est « très complexe ». Elle explique qu’« il y a trois, quatre hypothèses », dont celle du déménagement à la maison Mère-Mallet et celle d’une nouvelle construction. (…)

Un bâtiment peut-être dangereux

La maison Lauberivière est en piteux état. Acquis en 1981, son bâtiment, rue Saint-Paul, date de 1927. En 2011, des études ont établi qu’il ne répondait plus aux normes en vigueur (amiante, faiblesses dans la structure et les fondations, électricité et plomberie à refaire, etc.).Il y a deux ans, le gouvernement du Québec annonçait que 15 millions de dollars seraient investis dans sa réfection mais le projet — estimé à 24 millions — a été mis de côté. (…)Lauberivière est le plus important refuge pour itinérants à Québec. L’an dernier, on estime que 5000 personnes ont utilisé ses services, qui vont de l’offre de repas le soir à l’hébergement (39 lits), en passant par le centre de dégrisement et toutes sortes d’initiatives de réinsertion sociale. (…)Lire la suite : L’importante ressource en itinérance Lauberivière pourrait quitter la basse ville.