Laurentien : une buvette dans Saint-Roch

Ce qu’on remarque en se rendant à la Buvette Gourmande, c’est que le côté Est de la Couronne commence à avoir de la gueule. Le Laurentien rallonge l’espoir… d’une rue plus achalandée, urbaine et aménagée pour les piétons. Son concept s’imbrique bien dans le paysage gastronomique de Saint-Roch. Il y a un engouement populaire pour le quartier la fin de semaine, et cette offre hybride manquait le vendredi soir lorsque les microbrasseries sont pleines.

Dans l’ancien restaurant Anh-Le, la transformation est réussie; le propriétaire du bloc se serait beaucoup impliqué, parait-il.Sur l’heure du dîner, on offre une table d’hôte à quatre choix pour les travailleurs et travailleuses. Une mention spéciale au bar et à ses lignes de fût du Dieu du ciel ! et du Trou du diable (7 $ la pinte). Aussi, au magnifique plafond de longues lattes de bois, qui donne un effet enveloppant, naturel et feutré. Le jazz qui jouait avait tout à fait sa place, et je dois avouer que ça fait changement.

L’entrée

Nous avons apprécié que les taxes soient incluses au menu. La table d’hôte du midi comprend une entrée, un plat principal et une mignardise (un petit dessert). Nous avons pris le potage Crécy aux carottes du jardin, une réussite avec les graines de sésame grillées. Le bio fait toujours une différence.potagePuis, nous avons été débusqués ! Nous prenions trop de photos du potage. J’aime mieux rester incognito normalement, mais cette fois-ci, ça a eu du bon. Ça nous a permis de rencontrer les trois gars à l’origine du projet, dont le chef, Charles Savard. Après nous avoir démasqués, le fort sympathiques David Poirier, directeur de la Buvette, nous a suggéré des vins d’importation privée pas mal cool. J’ai pour mon dire qu’il faut au moins essayer un vin dans une buvette, sinon quoi ? J’avais découvert le concept à Bordeaux : « Un comptoir à vins, tiens, excellente idée ! » On pouvait y grignoter des bretzels, mais pas de repas. À la Buvette Gourmande, c’est dans le nom !

Le plat principal

Pour accompagner mon sandwich à la mousse de saumons frais et fumés (14,50$), monsieur Poirier m’a suggéré un vin blanc de type Strub (10 $) d’origine allemande. J’ai découvert un vin alsacien plus élaboré avec des parfums de banane et de noix et un aspect corsé fort agréable.  Pour accompagner son boudin noir, sauce aux pommes confites avec fruits et salades (16,50 $), Vincent, après avoir goûté un Cabernacle, a jeté son dévolu sur le Justina (9 $). Fabriqué à partir d’un cépage qui aurait été mal aimé, le Bobal, il est mélangé à du Syrah et à du Cabernet Sauvignon. Un vin complexe et magnifique qui sent la rose.Le pain frais de mon sandwich provenait de Pascal le boulanger de Stoneham. Je pensais qu’il venait de la Boîte à Pain, pour vous donner une idée. Il contenait de la roquette abondante et beaucoup de mousse de saumon, qui a débordé un peu mais il n’est rien resté. La cuisson des patates rouges était parfaite, mais on aurait aimé une mayonnaise en accompagnement.sinwichLe boudin de Vincent était accompagné d’une sauce à la moutarde et tombée de pomme à l’érable. Le boudin venait de chez Eumatimi, un partenaire de longue date du chef Charles Savard, qui a travaillé au Chef Biscornu Traiteur et à la Buvette Scott. Deux morceaux de tomates cerises auraient donné de la couleur au plat. Le boudin était soyeux et bien assaisonné.boudinMonsieur Savard m’a expliqué comme il aime s’approvisionner et encourager les commerçants du coin. Il ne ressent aucune concurrence et pense que son offre est complémentaire au quartier,  je suis d’accord.Vous pouvez visiter la buvette en 5 à 7 ou pour souper, après un spectacle ou pour continuer la soirée après une partie de hockey. Les prétextes sont nombreux. L’endroit offre une belle ambiance et des produits québécois de qualité. Un piano serait un atout naturel.

Laurentien – Buvette Gourmande325, rue de la Couronne581-300-3930