La course de la lenteur et la Masse critique du 27 mai

départ course de la lenteur

Pour terminer le Mois du vélo, Accès transports viables organisait vendredi dernier une course originale dans la côte Badelard, où la Masse critique de mai prenait par la suite son départ.

À une époque où la performance et la recherche de l’excellence trônent au sommet des valeurs publicitaires à égalité avec la confiance en soi, il faisait bon temps ralentir, l’espace d’une compétition amicale et burlesque. Plus tard vers 20 h, environ 150 cyclistes se sont rassemblés pour participer à une Masse critique spéciale Vélo-Rave, organisée en partenariat avec Teknolight. Une constellation de vélos munis de différents objets lumineux, ont parcouru la Basse-Ville de Québec en collaboration avec la police municipale. Une expérience amusante et importante pour la place du vélo à Québec.

La course de la lenteur

pluslentC’est du bas de la côte Badelard, qui serpente à travers le coteau Sainte-Geneviève, que les participants devaient s’élancer le plus mollement possible. En effet, la candidate ou le candidat qui réussissait à monter la côte le plus tranquillement l’emportait. Mais attention ! Vous n’aviez que trois prises et pour chaque faute, on vous enlevait du temps au chronomètre final. Il fallait rester dans son corridor désigné et ne pas mettre le pied par terre.Mention spéciale au père de famille qui a réussi à monter avec ses deux enfants dans un chariot, ce qui le ralentissait tout à fait. Certains s’étaient déguisés pour l’occasion, tandis que d’autres semblaient plus déterminés. L’assistance encourageait les participants en criant des « Plus lentement ! » ou « Va moins vite ! ».https://www.youtube.com/watch?v=xttfUT1ce4cKathleen Roy était sur place pour vendre des sandwichs végétaliens absolument délicieux grâce à sa nouvelle Bécane à bouffe. Les cyclistes étaient heureux enfin, d’avoir un espace pour s’élancer doucement. « Nous remercions la Ville de Québec et de Lévis et nos nombreux partenaires et espérons réitérer l’an prochain », a souligné Étienne Grandmont de Accès transports viables.

La plus grosse masse critique de Québec

bicikLes Masses critiques ont vu le jour à San Francisco et se sont ensuite propagées à travers le monde. Il s’agit d’un mouvement de cyclistes qui revendique plus de place en milieu urbain. Elles ont lieu simultanément chaque dernier vendredi du mois dans plus d’une centaine de villes dans le monde. Comme j’ai pu le constater, les Masses critiques deviennent populaires à Québec. Pour clôturer le Mois du vélo, Accès transports viables a parié gros avec un Vélo-Rave.Près de 150 cyclistes se sont lancés dans les rues, un nombre suffisant pour avoir un bel impact partout où nous sommes passés. Des musiciens jouaient du saxophone ou de la trompette dans des chariots. Des cyclistes extrêmes s’adonnaient à des acrobaties impressionnantes, et il y avait un mec en bobettes – parce que vélo est aussi synonyme de liberté.manonLe plus beau était évidemment de voir toutes ces lumières clignoter, d’apercevoir les sourires des enfants devant autant d’effervescence, et de constater que l’on pouvait enfin pédaler librement dans les rues la rue. La députée Manon Massé, surprise en face du Cercle, a salué le cortège avec enthousiasme.

Bravo à la ville, deux pouces en l’air !

De Saint-Roch sur Saint-Joseph, en passant par le parc Victoria pour souligner l’arrivée de la nouvelle passerelle, nous avons emprunté le pont de la Pointe-aux-Lièvres et pris la 1re Avenue à Limoilou pour finalement aboutir sur la 3e Avenue et bifurquer vers notre point de rendez-vous final rue des Sables. Nous avons levé nos vélos en l’honneur de cette Masse critique mémorable. Le party a levé dans les locaux de Vélocentrix où on vendait de la Boréale pas cher. Les organisateurs semblaient très satisfaits de la promenade qui s’est déroulée sans anicroche. Félicitations à l’organisation ! On se voit le vendredi 24 juin pour la prochaine Masse critique ?https://www.youtube.com/watch?time_continue=60&v=Z8oSQemmYTM

Épilogue

En retournant chez moi vers 23 h, je ne fais jamais ça, mais j’ai pris la rue du Pont et j’ai failli me péter la gueule solide. La rue du Pont est très mal éclairée le soir en ce moment. Quand j’ai constaté qu’il y avait des travaux, je me suis mis debout sur mes pédales, et l’asphalte est subitement disparue sous mes roues. Un trou de près d’un pied et demi : une bonne marche d’escalier. Par chance, mon coude a retenu le guidon, ce qui m’a redonné l’équilibre dont j’avais besoin pour ne pas tomber et me casser quelque chose. Ironiquement, ce sont des travaux pour la nouvelle bande cyclable…