Bédard & Prévost : réinventer les cadres

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La gérante Vanessa P.-Bédard derrière le comptoir de Bédard & Prévost Les Encadreurs

En ouvrant sur Charest Est Bédard & Prévost Les Encadreurs en 2000, Lucette Prévost et André Bédard ont trouvé leur niche dans le quartier Saint-Roch, où ils veulent continuer à se réinventer.

lucette3C’est comme employés d’une plus grande entreprise d’encadrement qu’ils ont appris leur métier, pour lequel on ne trouve pas de formation spécialisée au Québec. Ensemble, la fondatrice-présidente et le cofondateur-vice-président cumulent près de 60 années d’expérience et d’expertises complémentaires. La formation de Lucette Prévost en arts plastiques et en aménagement d’intérieur lui a valu la reconnaissance et la confiance de bien des designers, galeristes et artistes devenus des clients réguliers. Quant à André Bédard, il suffit de le suivre dans l’atelier, parmi les outils et matériaux, pour comprendre où se trouvent sa passion et son talent.

Une question de fierté

outilsSi Lucette s’estime privilégiée d’avoir pignon sur rue au centre-ville, elle se rappelle s’être inquiétée de l’achalandage au début, le secteur près des bretelles d’autoroute étant moins visible et fréquenté. La décision de s’implanter à proximité des galeries, ateliers et centres d’artistes a néanmoins porté fruit. Petit à petit, le rayonnement des encadreurs s’est étendu, au point où pendant des années, ils n’ont pas senti le besoin de se promouvoir sur le web. Des entreprises et institutions se sont ajoutées à leur clientèle, et leur service s’est développé.Désormais, une fourgonnette de Bédard & Prévost effectue cueillettes et livraisons sur un circuit régulier qui inclut les galeries de la Côte-de-Beaupré.

Notre plus grosse saison, c’est de juin à octobre, avec le tourisme. Les galeries vendent, on s’occupe des encadrements puis d’organiser l’expédition aux acheteurs. Les œuvres avec nos cadres se retrouvent un peu partout dans le monde », explique André avec fierté.

Cette fierté tient d’une part au service empressé qu’il offre dans un délai maximal de 7 à 10 jours.

On commande ce qu’on n’a pas en stock, on le reçoit vite. Denis (Gagnon) coupe, Guy (Lemieux) assemble… Le travail doit être fait rapidement, il passe ici des oeuvres de grande valeur, on ne veut pas en accumuler trop longtemps ! »

atelier Bédard PrévostLa fierté de Bédard & Prévost, c’est aussi de tout faire sur place. Dans certaines chaînes offrant des services d’encadrement, on fonctionne plutôt à la manière des courtiers : on envoie le travail à l’extérieur, par exemple à Montréal.À propos de chaînes, comment les encadreurs voient-ils leur métier alors que les consommateurs sont nombreux à fréquenter les grandes surfaces où ils trouvent des tableaux génériques et des cadres bon marché ?

Les photos et archives de famille, les diplômes, les souvenirs de voyage… c’est précieux et personnel. Pourquoi les mettre dans un boîtier anonyme ou laisser un décorateur choisir pour soi ? », résume André.encadrOn est dans une ville ayant une forte concentration d’artistes et de relève artistique. Des gens viennent de partout pour ça. Il y a des œuvres accessibles, qui ne sont pas si chères. Pourquoi ne pas encourager les artistes d’ici ? Quand on commence à investir dans l’art, on y prend goût… », ajoute Lucette.

Réinventions

Soucieuse de se démarquer et se renouveler, l’équipe de Bédard & Prévost a développé des produits comme ses boîtiers pop aux côtés intérieurs colorés ou ses flotteurs qui accueillent par exemple des sculptures ou objets souvenirs. Comme le dit Lucette, ils n’inventent pas tout, mais ils réagencent, transforment, revisitent des éléments existants.Autre signe distinctif, le grand îlot à l’avant-boutique permet aux clients de voir des travaux de finition s’effectuer devant eux, comme dans certains restaurants où les cuisiniers s’exécutent sous nos yeux.exÀ l’instar d’André et de Lucette, leurs employés qui s’affairent derrière le comptoir ou dans l’atelier sont issus de domaines connexes – l’ébénisterie, la menuiserie, les arts visuels – et ont appris le métier en travaillant avec les encadreurs. Vanessa P.-Bédard, leur fille et gérante, ne se destinait pas au métier, mais elle avait un profil de service à la clientèle. « J’ai découvert plein de choses ici et j’ai trouvé ça intéressant ! »Même l’outillage de l’encadreur n’est pas spécifiquement conçu pour le métier : « on utilise beaucoup d’outils très rudimentaires », dit André. Il connaît les secrets de chacun, jusqu’à la durée de vie des lames, en nombre d’aiguisages.ilotAndré connaît aussi bien d’autres secrets.  Souvent, les clients qui lui apportent un objet précieux à encadrer partagent avec lui l’histoire qui se cache derrière.

Beaucoup de gens sont très seuls, remarque-t-il, pensif derrière son îlot. En parlant de l’objet, ils me racontent leur voyage, leurs souvenirs… C’est un peu comme s’ils les revivaient, et ils repartent avec le sourire. »

Bédard & Prévost Les Encadreurs794, boul. Charest Est418 647-9292