La fuite d’un poisson rouge ou la quête de soi

Mélissa Verreault. Photo par Sophie Gagnon-Bergeron.
L’auteure Mélissa Verreault lance son troisième livre, L’angoisse du poisson rouge, ce mercredi 3 septembre de 17 h à 19 h à la Librairie Pantoute de la rue Saint-Joseph.Mélissa Verreault est de ces auteurs qui ne peuvent commencer l’écriture d’un livre sans en avoir d’abord trouvé le titre. Une particularité de la rousse Lévisienne. « L’Angoisse du poisson rouge m’est venu après l’écriture de Voyage léger, mon premier roman paru en 2011. À l’été 2012, j’avais une histoire. Et en février 2013, j’ai débuté l’écriture. »L’Angoisse, comme elle se plaît à surnommer son roman, c’est l’histoire de Manue, Fabio et Sergio. Manue et Fabio vivent à notre époque. Elle, elle enfile les histoires sans lendemain et fait face à la mystérieuse disparition de son poisson rouge. Lui, immigrant italien à Montréal, cherche un sens à sa vie. Avec Sergio, on se transporte en pleine Seconde Guerre mondiale dans une Europe déchirée. Alors qu’il a dû rallier les rangs de l’armée italienne âgé d’à peine 20 ans, il sera fait prisonnier par les Russes en 1943. Au fil du récit, nous entrons dans l’univers de chacun de ces trois personnages. « C’est un roman qui traite de l’impossible. Parce que si on peut perdre son poisson rouge, tout peut arriver. » Mélissa en sait quelque chose : elle a elle-même perdu son animal aquatique de compagnie il y a quelques années. « Je m’inspire beaucoup de ce qui se passe dans ma vie », ajoute-t-elle en riant. « Je fais faire à mes personnages des choses que j’aurais aimé faire. Je vis par procuration à travers eux en quelque sorte. »

Un projet personnel

Mélissa l’affirme sans hésiter : L’Angoisse du poisson rouge est son livre le plus authentique. « Il y a tout ce que je suis là-dedans. Mon humour à moi, du cynisme, beaucoup de second degré. » C’est aussi un livre-bouée-de-sauvetage. « Je vivais une période trouble de ma vie, très difficile émotivement et physiquement. L’écriture de L’Angoisse m’a aidée à m’en sortir. »Il faut savoir que l’auteure de 30 ans a vu sa vie changer du tout au tout il y a quelques années. Mariée à Francesco depuis peu, elle prenait l’avion avec son beau pour vivre sa vie en Italie, pays d’origine de monsieur. La dolce vita. Mais, coup de théâtre, Mélissa apprend à l’automne 2011 qu’elle est enceinte… de triplées. Ça te chamboule une vie, une nouvelle pareille. S’ensuivit un retour précipité au Québec, trois naissances prématurées, des semaines d’hospitalisation puis des tonnes de couches à changer. Et surtout une fatigue qui paraissait insurmontable. Une détresse.

Je ressentais une grande rage à l’intérieur. Je me sentais prisonnière de mon quotidien. J’avais l’impression que je ne pouvais pas faire tout ce que je voulais. Je cherchais un rythme de vie dans lequel je me sentirais plus qu’une usine à bébés. »

Pour s’en sortir, pour reconnecter avec l’humaine qu’elle était derrière son rôle de maman, elle a écrit de février à novembre 2013. Elle a commencé par la partie sur Sergio pour laquelle elle s’est basée sur un témoignage audio. Sergio, c’est en fait le grand-père de Francesco, qu’elle a eu la chance de rencontrer en 2010.  C’est son histoire à lui qu’elle raconte. La partie sur Manue ne lui a pris qu’un mois à écrire. Et c’est celle sur Fabio qui lui a donné le plus de fil à retordre. « Ça a été la plus difficile à écrire parce que Fabio est le personnage qui me ressemble le plus. C’est mon alter ego. »Au terme de cette écriture, Mélissa savait déjà qu’elle aurait besoin d’un autre roman pour continuer l’histoire. Les voies de la disparition sera donc la suite de L’angoisse du poisson rouge. 

Pourquoi écrire ?

Mélissa Verreault écrit pour trouver l’équilibre. « J’écris parce que je n’ai pas le choix. Ma tête spinne tout le temps ! J’ai besoin de faire sortir les choses, de créer. Quand je n’écris pas, j’ai de l’énergie en surplus. »Elle écrit pour elle, mais aussi pour les autres.

 Je vois le livre comme un point de départ pour communiquer. C’est une perche que je tends. C’est ma manière d’entrer en contact avec les gens. J’aime avoir du feedback. J’ai envie de savoir quels passages mes lecteurs ont préféré. J’écris pour les autres parce que je trouve qu’on ne se parle pas assez. »

À quelques jours du lancement de son livre, Mélissa est fébrile. « Je me peux pus ! J’ai hâte que les gens lisent L’Angoisse ! J’ai hâte de voir leurs réactions, de connaître leurs commentaires. J’ai l’impression que tout est possible. »

Pour assister au lancement et rencontrer l’auteure

  • Où : Librairie Pantoute au 286, rue Saint-Joseph Est, Québec G1K 3A9
  • Quand : mercredi 3 septembre de 17 h à 19 h