Grand débat sur la jeunesse : Québec 2030

À quoi ressemblerait le Québec idéal de 2030 en termes d’éducation, de santé, de travail ? C’est ce qu’ont imaginé les candidats électoraux lors du Grand débat sur la jeunesse présenté au Tam Tam Café le vendredi  28 mars devant une salle comble et sur les ondes de CKRL.Catherine DorionOption nationale (ON), Marie-Ève DuchesneQuébec solidaire (QS), Christian RobitailleParti Québécois (PQ) et Steve Brabant —  Coalition Avenir Québec (CAQ) se sont prêtés au jeu de visualisation de l’animateur Vincent Deslauriers du Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale. Les questions thématiques avaient été proposées par les jeunes du Centre Jacques-Cartier.

L’ÉCOLE EN 2030

Les quatre candidats ont unanimement décrit l’école idéale comme un lieu stimulant ouvert, connecté sur sa communauté, sur la société; un milieu favorable à la réalisation de soi, où le décrochage, l’intimidation, la violence et l’intolérance n’ont plus cours.Tandis que le PQ et la CAQ ont parlé d’accessibilité à l’éducation, QS et ON ont osé la gratuité de la maternelle aux cycles universitaires supérieurs. Moins de compétition, de standardisation, davantage de valeurs humaines et de flexibilité figuraient au portrait esquissé par les deux candidates. Pour la CAQ, un meilleur encadrement, notamment par des orienteurs professionnels, et le développement de l’esprit d’entrepreneuriat étaient essentiels.

LA SANTÉ EN 2030

Citant tous l’importance cruciale accordée à la prévention, les quatre candidats ont évoqué dans ce bloc des enjeux chers à leur parti respectif.

PQ

  • prévention comme condition au maintien d’un système de santé universel gratuit et de délais de traitement adéquats;
  • importance de l’industrie agroalimentaire pour une alimentation saine, diversifiée, accessible.

QS

  • responsabilité collective d’assurer un revenu suffisant, un logement décent, des solutions aux problèmes environnementaux, pour favoriser de saines habitudes de vie.

CAQ

  • amélioration des opérations et de la gestion dans le système de santé et dépenses en fonction des moyens de l’état;
  • responsabilités déléguées aux infirmières et pharmaciens pour des soins accessibles et des délais d’attente raisonnables.

ON

  • ouverture à la différence, à la diversité des choix de vie et de carrière pour la santé globale et le bien-être collectifs;
  • prévention et sensibilisation à travers les témoignages humains, à partir d’expériences vécues, meilleur accès à l’exercice physique pour tous (ex. : gratuité sur prescription par un médecin).

LE TRAVAIL EN 2030

Tous ont vu une amélioration dans la conciliation travail-famille, dans la situation des régions et dans la création d’emplois. Chacun a toutefois brossé un tableau aux couleurs de son parti.

PQ

  • reconnaissance des expertises et diplômes, développement de l’entrepreneuriat (incluant les PME, coop, etc.);
  • nouveaux emplois liés à l’exploitation des ressources naturelles, à l’électrification des transports, au tourisme;
  • services de garde adaptés aux besoins diversifiés des travailleurs;
  • service civique avant les études post-secondaires pour voyager, apprendre des langues, etc.

QS

  • salaire minimum permettant de sortir de la pauvreté et semaine de travail de 32 heures;
  • fin des clauses orphelins ainsi que de la discrimination à l’emploi pour les jeunes et les femmes;
  • emplois verts, communautaires et culturels, financement accru dans ces deux derniers secteurs.

CAQ

  • accroissement du taux de diplomation, bassin de main-d’œuvre qualifiée, rétention des cerveaux et des expertises;
  • emplois engendrés par le projet Saint-Laurent, crédits d’impôt,  allègement du fardeau fiscal de la classe moyenne.

ON

  • ouverture aux modèles d’emplois et de carrières moins conventionnels;
  • travail pensé en termes humains et sociaux plutôt que seulement économiques;
  • cours d’action civique;
  • rapatriement des 2 milliards actuellement alloués à des dépenses fédérales détachées des valeurs québécoises;
  • monorail comme moyen de stimuler l’économie des régions.

EN CONCLUSION…

En guise de mot de la fin, Catherine Dorion a insisté sur les bénéfices de l’indépendance, enjeu central de ON, pour l’économie et les valeurs québécoises. Christian Robitaille a rappelé, comme sa chef la veille, les 40 années d’historique du PQ. Marie-Eve Duchesne a invité le public à miser sur la nouveauté, la démocratie participative, rassurant ses vis-à-vis sur le cadre financier de QS. Steve Brabant de la CAQ a insisté sur l’endettement chronique du Québec et la nécessité, avant tout autre engagement, de mieux gérer les dépenses sans affecter les services, en allégeant les structures.Ce débat, qui s’est déroulé dans une atmosphère cordiale, a pris fin avec une période de questions du public. Y ont été soulevés notamment la situation des organismes communautaires, les besoins particuliers des élèves doués et les craintes liées à une accessibilité à deux vitesses pour les services en éducation et en santé.