Portrait de candidat (2) : Jean-Yves Roy (Démocratie Québec)

 

Jean-Yves Roy est administrateur et cadre retraité du gouvernement du Québec. Diplômé en biologie, il possède 20 ans d’expérience en gouvernance d’organismes publics et d’économie sociale.Au sein du conseil de la Corporation de développement économique communautaire de Québec (CDEC), il a consolidé durant les dernières années sa connaissance du monde communautaire et les enjeux sociaux et économiques du développement des territoires. Il a également œuvré auprès d’organismes dans les secteurs de la coopération, l’entraide, l’aménagement et le développement durable.Il a présidé la Corporation de développement économique communautaire de Québec, la Coopérative de solidarité de Notre-Dame-de-Jacques-Cartier et Entraide Saint-Roch. Il est aussi membre de plusieurs comités reliés à son district.

Pouvez-vous, en quelques mots, nous présenter le district ?

 Le territoire couvre les quartiers de Saint-Roch et de Saint-Sauveur. Du côteau Sainte-Geneviève en direction de la rivière Saint-Charles, l’autoroute Dufferin-Montmorency et la limite Ouest s’arrête à Saint-Sacrement. La population du district tourne autour de 7 500 personnes dans Saint-Roch et de 14 000 dans Saint-Sauveur. »

Quel bilan faites-vous du travail accompli au fil du dernier mandat ?

 Évidemment, ce n’est pas mon bilan, c’est plutôt une lecture d’un bilan de l’équipe qui est en place. Comme vous le savez, nous sommes un nouveau parti, Démocratie Québec. Mais je dirais qu’au niveau des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur ce n’est pas un bilan élogieux au niveau des réalisations. On nous annonçait de l’habitation et du logement social à la Pointe-aux-Lièvres, il n’y en a toujours pas. Les citoyens du quartier Saint-Roch réclament depuis 20 ans que le centre récréatif Saint-Roch soit rénové, il ne l’est toujours pas. À Saint-Sauveur on demande une passerelle entre le quartier Sacré-Cœur et la rue Bourdages. C’est en promesse électorale pour le prochain mandat, mais ça n’existe pas encore. On apprenait qu’un bâtiment qui est un monument dans Saint-Sauveur, le centre Durocher, va probablement être démoli à très court terme. Dans ce sens-là, ce n’est pas un bilan très positif. Un dernier élément : la population a été consultée pour un programme particulier d’urbanisme dans Saint-Roch. Mais j’ai l’impression que la ville ne nous a pas écoutés. Je ne donnerai pas un plus à l’administration sortante. »

Qu’auriez-vous aimé faire de différent ?

 C’est un peu le plan particulier d’urbanisme qui m’a amené en politique. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’odieux d’être souvent consulté et qu’en bout de ligne, on n’en tient pas compte. Ce qu’on aurait fait de différent, avec Démocratie Québec, ça aurait été de définir avec les citoyens leurs besoins et leurs attentes. »

Quel est l’enjeu le plus important du secteur actuellement, selon vous ?

 Il y en plusieurs, mais je retiendrais les services de proximité. Dans Saint-Roch on a un centre désuet et un autre que l’on va perdre dans Saint-Sauveur. Il y a des services de proximité qui se sont érodés dans les deux quartiers. Je dirais aussi l’ajout de commerces de proximité sur des rues comme Saint-Joseph ou Saint-Vallier. »

Quels sont vos deux ou trois principaux engagements ?

 J’ai idée de poursuivre, et d’accélérer le développement des pistes cyclables et des rues partagées. De prioriser les espaces verts et une densification intelligente qui tient compte des gabarits, des attentes et des besoins. »

Quel regard portez-vous sur :

… la question de l’urbanisme dans le quartier ?

 Le jugement qu’on en a, c’est qu’on semble vouloir à tout prix densifier. Sans se préoccuper nécessairement de l’impact sur les populations résidentes. On a l’impression que l’administration sortante fait du développement sauvage. Oui, on a besoin de combler les espaces inoccupés, d’amener des familles au centre-ville. Il faut faire cela de telle façon que les gens que l’on veut attirer vont vouloir demeurer à long terme dans nos quartiers. »

… les dossiers culturels du secteur ?

 La culture a toujours été un élément majeur, notamment dans Saint-Roch. La culture ça été un élément-clé dans la revitalisation dans les 20 dernières années. J’ai fait partie de tables de concertation qui ont amené dans les quartiers des immeubles pour des artistes. Il faut que la fonction culturelle soit maintenue et améliorée. »

… la place des jeunes familles dans le secteur ?

 C’est très important. L’élément majeur d’une densification doit se faire sur cette cible-là. On dirait qu’à la différence d’il y a 40 ans, où les familles optaient pour la banlieue, aujourd’hui beaucoup de jeunes familles rêvent de vivre au centre-ville. Pour les garder ça prend des parcs, des écoles primaires de qualité. »

… sur les dossiers environnementaux ?

 La qualité de l’air au centre-ville. Que se souvienne de l’épisode de la poussière rouge, mais ça concerne aussi l’automobile et les industries. Il faut être vigilant pour faire en sorte que les citoyens du centre-ville peuvent avoir accès à une qualité d’air qui se compare avantageusement à ceux des autres secteurs de la ville. »

Quelles mesures pour la mobilité durable pourraient s’intégrer dans le développement prévu pour Saint-Roch et l’entrée de ville ?

 La transformation de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain, ça serait un bon signal. Évidemment l’augmentation du transport collectif. Il faut trouver des incitatifs pour convaincre plus de gens de prendre le transport en commun. Également de meilleurs liens cyclables, car de plus en plus de personnes se servent de leurs vélos pour se rendre au travail. »

L’élu municipal est appelé à travailler avec le Conseil de quartier. Comment percevez-vous le roulement au sein du Conseil de quartier de Saint-Roch ces dernières années et ses impacts sur le suivi des dossiers ?

 Je dirais que la raison d’être d’un conseil de quartier c’est la consultation. À mon avis, les conseils de quartier ont bien joué leur rôle, mais la ville n’a pas toujours bien écouté ce qu’ils avaient à dire. Cela a sûrement un peu démobilisé les bénévoles au sein des conseils de quartier. Chez Démocratie Québec, on veut consolider les mandats des conseils de quartier. »

Beaucoup de centres d’artistes, de lieux de création et de diffusion sont concentrés dans Saint-Roch et contribuent à son dynamisme. Après le Sherpa, réservé aux artistes de la relève, envisagez-vous des mesures pour qu’il y ait dans le quartier des logements accessibles aux artistes (et travailleurs culturels) « moins émergents » ?

 À court terme, nous n’avons pas de projet précis, mais notre intention c’est d’avoir une bonne perception de ce milieu-là et de s’asseoir avec eux, par exemple, au sein d’une table de concertation pour mieux cibler leurs besoins. »

Que diriez-vous aux résidents de Saint-Roch et des environs qui se désolent de la disparition de leur cinéma, de leur quincaillerie, ou qui déplorent un manque de produits et services de « milieu de gamme » dans le centre-ville ?

 Le cinéma c’est une perte énorme au niveau du rayonnement. Ça nous amenait beaucoup de jeunes dans le quartier. On a un engagement dans la plateforme de notre parti pour favoriser le retour d’un cinéma au centre-ville. Quand une ville consacre 200 millions pour un amphithéâtre, à un organisme privé dans le fond, et que cette même ville n’a pas trois ou cinq millions pour appuyer un projet de cinéma au centre-ville, moi j’ai un problème avec ça. »

Au cours des dernières années, on a vu naître dans Saint-Roch des regroupements de résidents (et commerçants) qui bénévolement nettoient, embellissent, verdissent leur milieu et encouragent la participation citoyenne. Pour vous, qu’est-ce qui motive les citoyens à s’impliquer dans leur quartier et comment la Ville peut-elle cultiver cette implication ?

 Il y a une réalité de mobilisation tant dans Saint-Roch que dans Saint-Sauveur. Moi, je pense que c’est le droit et le devoir des citoyens de s’impliquer dans leur milieu. Il faut développer ensemble des projets avec les organismes. J’aurais tendance comme conseiller municipal à être à l’écoute des citoyens et de ne pas m’isoler dans une tour d’ivoire. »

Comment voyez-vous le secteur dans 5 ans ?

 J’oserais dire, si Démocratie Québec est élu, un changement au niveau de la gouvernance municipale. Je rêve d’un cinéma au centre-ville, d’une bibliothèque réaménagée, mais pas nécessairement un édifice de 18 étages. Je rêverais d’un meilleur accès au fleuve pour le citoyen. On rêve d’un écoquartier, mais à l’échelle de l’arrondissement La Cité-Limoilou. Autrement dit d’appliquer les principes d’un développement durable plus largement. »

On vous laisse le mot de la fin …

 Moi, ce qui m’a amené à la politique c’est 25 ans d’implication citoyenne. Je me sens prêt à représenter les citoyens du district Saint-Roch/Saint-Sauveur. J’ai joint un parti qui veut mettre les citoyens à l’avant-plan. Ensemble on va développer la ville de demain. »