Le cri du portefeuille

Quartier Saint-Roch
Intersection Dorchester et Saint-Joseph. Août 2012.
Source : Le Soleil (Carrefour des lecteurs), François G. Couillard, 5 juillet 2013 En réaction au texte « C’est un cri du coeur » de la journaliste Annie Mathieu.Des hommes d’affaires (il y a peu de femmes, semble-t-il) craignent la « perte de vitalité au coeur de Québec ». Le coupable : la résistance citoyenne. Les commerçants déplorent « le poids des périphéries au détriment du centre ». On aurait pu copier-coller cette déclaration en 1966. La Ville et les commerçants imaginaient alors une solution : le Mail Saint-Roch et la Grande Place, avec des résultats désastreux et un gaspillage éhonté des fonds publics. On ne s’illusionnait déjà plus sur le rôle de la Ville qui agit comme une extension de la Chambre de commerce. Elle utilise toujours largement son budget public pour maximiser des profits privés avec le Moulin à images, le Cirque du soleil, le Red Bull Crashed Ice (le maire brandissant une cannette de cette entreprise autrichienne multimillionnaire, inspiré par l’animateur populiste Sylvain Bouchard). Les grands événements coûteront 11 millions $ de plus que prévu, faute de l’implication timide du privé. La Ville comblera le déficit bien sûr. Selon ces marchands, on doit tout construire, même si c’est laid, arrogant et nuisible. Critères que remplissent parfaitement le projet de la place Jacques-Cartier et celui coin Cartier-René-Lévesque. (…) La complainte des gens d’affaires me fait penser à l’obèse repu qui en redemande. C’est assez ! Les citadins réclament le droit à la Ville. Plutôt que les en déposséder, il faut accroître leur pouvoir. Pourquoi ne pas rendre les conseils de quartier décisionnels ?