La beauté est une blessure qui ne guérit jamais

Cravos de Pina Bausch photographié par La Dulcinea
Si la beauté pouvait sauver le monde, les beaux révolutionnaires ne choisiraient-ils pas Saint-Roch comme bastion pour une offensive… par l’art ? C’est ce qu’ont fait une trentaine d’eux au Studio P ce 24 septembre, avec l’animateur Jean-François Vézina et Jean- Noël André, coordonnateur nord-américain du Congrès mondial Et si la beauté pouvait sauver le monde ?En introduction, M. André a rappelé comment l’invention de l’horloge a propulsé l’évolution des sciences et des technologies dans le monde, modifiant le rapport au temps et à l’espace. Ce progrès, qui laissait miroiter une société de loisirs, a-t-il donné du jeu à nos contraintes? Ou demeurons-nous plus difficiles à connecter et à reparamétrer que nos appareils mobiles?De Jacques Lacan à Pina Bausch en passant par Guy Corneau, Christian Bobin, Fabrice Luchini, à travers des mots, des extraits audio et vidéo, cette rencontre abordait le thème de la… Rencontre. L’art, comme l’amour, suscite des rencontres où l’on fait connaissance avec soi autant qu’avec un autre. Certaines œuvres, certaines personnes, nous transforment. Elles marquent un avant et un après dans notre histoire personnelle ou collective.Psychologue dit démoralisant, Jean-François Vézina ne nous ordonne pas d’être heureux. Il nous préfère vivants, même un peu désordonnés. Pour lui, l’art, justement, fait sentir… vivant. Rencontrer une œuvre, une personne, se rencontrer soi-même, c’est partir de ce qui est là : un jeu d’ombre et de lumière qui compose la beauté de l’art et trouve écho dans nos réalités individuelles et collectives.La Rencontre s’inscrivait dans le cadre du Congrès mondial Et si la beauté pouvait sauver le monde, qui s’est à ce jour tenu dans plusieurs pays. Ce sera au tour de Montréal de réunir en 2014 les beaux révolutionnaires de tous les continents. Entre-temps, le Studio P accueillera deux autres rencontres sur le thème du Temps et du Jeu.