Emaho, de Saint-Roch à Thangka

Crédit photos : emaho.ca
Expression de joie, d’espoir en sanskrit, emaho désigne aussi un organisme de Saint-Roch qui soutient le développement de la culture tibétaine en Chine. L’organisme a été fondé en 2007 par Thupten Gyatso, d’origine tibétaine, et sa conjointe Raphaëlle Prince, enseignante en philosophie, installés dans une maison du quartier avec leurs deux enfants. Une murale de NewJoeCool y tient lieu d’enseigne à Emaho.Lorsqu’en 2010, la famille visite Thangka, le village natal de Thupten, ce dernier n’y a pas mis les pieds depuis 20 ans. Entre-temps, la modernisation à vitesse grand V a creusé entre les générations un fossé qui compromet la transmission de la culture. Les jeunes ignorent la richesse des ressources locales : le colza dont on extrait l’huile; l’orge qu’on grille pour obtenir la tsampa, base de leur alimentation; la laine de yak, antibactérienne, imperméable, ininflammable…

L’école la plus proche, à une heure trente de marche, n’est ouverte que 7 mois par année, et son enseignement ne permet pas de réussir les examens et d’obtenir un diplôme. On en sort donc aussi inapte au travail « moderne » qu’à la pratique des métiers traditionnels. Voilà pourquoi Emaho soutient la construction d’une école pour Thangka et le village voisin de Kosho, dotée d’un cursus de qualité pour l’apprentissage des connaissances « modernes », des savoirs traditionnels et de la protection de l’environnement.

Cette future école, elle est née d’une volonté de la collectivité locale, dont les demandes n’ont jamais été entendues par les autorités chinoises. L’aide d’Emaho lui sert de levier pour concrétiser un projet durable, avec l’appui de solides partenaires locaux. Ceux-ci fourniront notamment les matériaux de construction et du matériel pédagogique en tibétain.L’objectif est de rendre l’école financièrement autonome, à travers les activités d’une coopérative agricole. D’ici là, dans notre quartier saint-rochois, Thupten, Raphaëlle et les quelques membres d’Emaho poursuivent jusqu’au 18 juin prochain une campagne de sociofinancement sur Haricot.ca. Emaho tiendra son assemblée générale le 17 juin prochain chez Camellia Sinensis, avec conférence sur la culture tibétaine. Tous y sont bienvenus, même les non-membres.Emaho recrute en tout temps membres et bénévoles, pour l’appuyer dans son projet de développement et sa mission de sensibilisation à la culture tibétaine et aux enjeux de coopération internationale – une notion qu’on associe spontanément à l’Afrique, en oubliant un peu l’Asie… On peut donner un coup de main à Emaho dans l’organisation d’événements, les communications (site web, page Facebook…), la recherche de partenaires, etc. 

À propos de l’école

  • À l’école de Thangka, l’enseignement sera offert en différents volets adaptés aux jeunes nomades, à ceux qui veulent trouver un emploi « moderne » et à ceux qui apprendront les métiers traditionnels. Un volet d’enseignement aux adultes permettra à ceux-ci d’apprendre la langue chinoise et la gestion des finances personnelles.
  • Il en coûtera 400$ par mois pour assurer le fonctionnement de l’école, soit le salaire du futur professeur et les fournitures scolaires.
  • On compte parmi les partenaires d’Emaho le Cégep de Sainte-Foy, à travers le syndicat des professeurs et le Programmes d’intégration multimédias, ainsi que le cours de Gestion de projets internationaux dispensé à l’Université Laval par la professeure Sophie Brière.

À propos du village

  • Thangka compte une cinquantaine de familles d’environ 8 personnes chacune.
  • L’électricité est arrivée dans le village il y a 10 ans; le téléphone, il y a 4 ans. Aujourd’hui, on y utilise les téléphones mobiles.
  • L’an dernier, la meule de Thangka a été condamnée, faute de relève chez les jeunes.
  • Les jeunes de famille semi-nomades passent une partie de de l’année dans les steppes; d’autres qui ne fréquentent pas l’école flânent dans le village. Certains sont sans papiers, n’ayant pas été déclarés à la naissance parce qu’ils représentaient une infraction à la politique de l’enfant unique.