Deux vies, une rue

Je vivais dans ce joli petit appartement de la rue de la Reine. Une cour arrière, des arbres, une jolie table à pique-nique. Un foyer à l’ancienne, de jolies fenêtres en bois. Une voisine qui me manque, un proprio sympa.Pourquoi déménager ? Parce qu’avec le temps, ça devient petit, puis ça fait du bien de changer. D’avoir d’autres murs à regarder, un nouvel arbre. Et surtout qu’il y a eu cette belle occasion à ne pas se laisser échapper.Toujours dans Saint-Roch. Complètement neuf, beau chaleureux.Un nouveau nid de bois, de plâtre et de verre. Et devinez !  Encore sur… la rue de la Reine…On se dit que de rester sur la même rue, dans le même quartier, on ne change pas trop nos habitudes. L’ambiance doit se ressembler.Mais on se trompe… Ou si peu…

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Du nord-est au centre-nord

Qu’est-ce qui change ? Et bien, on s’éloigne du Métro. trois ou quatre minutes à pieds de plus… Mais on se rapproche de l’Intermarché qu’on se met à fréquenter plus souvent. Et surtout, on se rapproche des commerces de proximité : Jef Poissonnerie, Eumatimi, Croquembouche, Boîte à pain. La Bibliothèque.Plus loin de la Barberie et de sa terrasse (mais pas trop), tout près de la Korrigane. Et tellement plus près du Cercle… Et Deli Mex !On découvre plein de petits coins qu’on ne connaissait pas…  Comme ce garage atelier de la rue du Parvis où je ne sais pas ce qu’il fabrique, mais je trouverai bien. Ce nettoyeur à tout faire, coin de La Salle et du Parvis et sa façade remplie d’affiches expliquant leurs spécialités…

Nouveau voisinage

Et c’est là qu’on se dit que la station électrique en face de l’ancien appart était un peu bruyante, mais pas très interactive…J’avais des voisins. Les petites familles des blocs sur Monseigneur-Gauvreau que je croisais, sans plus, mes voisins de cour avec qui j’échangeais farine et œuf, sourires et discussions de trottoir.Maintenant, j’ai des copropriétaires, quatre cours (dont la mienne) collées les unes sur les autres et séparées par une clôture qui laisse passer les mots des conversations. Deux blocs en face et bientôt District 3 tout près. On se croise, on cause et on s’aperçoit que notre peur d’un nouveau voisinage était complètement dérisoire. On sourit quand on entend le chien d’à côté, salue ce collègue devenu soudain voisin, engage la conversion avec la copine de cour qui rentre du boulot.  On échange des blagues avec le couple qui soupe de l’autre côté de la clôture…Bref on se fait une nouvelle vie. Dans ce même quartier qu’on aime déjà d’amour, mais qui devient soudainement notre chez-soi.