Légionellose: les commerçants veulent rassurer la population

Source : Le Soleil, Baptiste Ricard-Châtelain, 31 août 2012 (Québec) La Société de développement commercial du centre-ville de Québec presse la Ville et la Santé publique de dévoiler la source de contamination à la légionellose et de freiner une fois pour toutes la propagation de la méfiance dans la population. Le flou alimente la «paranoïa» et la «peur gratuite».«Faudrait être capable de savoir c'est où. Qu'ils la sortent, la liste [des immeubles affectés] qu'on sache c'est où et qu'on travaille plus conséquemment», réclame le directeur général, Stéphan Sabourin. Depuis le début de la médiatisation des cas de la maladie du légionnaire, le coeur de la capitale est souvent présenté comme l'épicentre de la dispersion des bactéries, déplore-t-il.«On peut spéculer tant qu'on veut. On peut partir dans la paranoïa et dans la peur gratuite, mais on va attendre de voir c'est où. On peut-tu juste savoir c'est où le problème?»«C'est une situation qui est préoccupante et on la prend au sérieux.» M. Sabourin fait toutefois remarquer que «le centre-ville de Québec, c'est 92 400 travailleurs» et un grand nombre de promeneurs, de clients, de visiteurs. La vaste majorité ne souffre pas; voilà qui permet de relativiser un peu l'ampleur de l'affection, selon lui.«C'est préoccupant, il faut faire attention, à tous les jours, ça augmente. Mais c'est quand même pas mal de monde qui travaille dans ce grand centre-ville [sans problème].»N'empêche, même si «les gens en bonne santé ne sont généralement pas à risque», selon la Santé publique, des citoyens inquiets ont décidé de ne pas sillonner le centre-ville par crainte d'être contaminés, constate Anne-Laure Pin, coordonnatrice de Carac'terre, exposition des céramistes de Québec en cours à la place de l'Université-du-Québec. Il n'y a pas un mouvement de foule, mais quelques-uns ont expliqué qu'ils préfèrent s'abstenir.Baisse notable de fréquentation«Je ne sais pas si c'est à cause de la légionellose [...] mais il y a une baisse notable de fréquentation, ajoute-t-elle. On a parlé aux commerçants de la rue Saint-Joseph et ils disent que la semaine dernière, il n'y avait personne dans la rue.» Difficile de pointer une cause unique, note Mme Pin, dubitative. Il y a le beau temps, la rentrée scolaire, la multiplication des activités publiques gratuites, une possible décroissance du tourisme...Hélène Chouinard, une des céramistes qui participent à Carac'terre, doute que la légionellose soit à l'origine de la diminution du nombre d'acheteurs : «Je n'ai pas un client qui m'en a parlé.» Elle penche plutôt pour une explication économique. Ceux qui ont de l'argent réduisent leurs dépenses en période d'instabilité économique et l'art est la première place où ils coupent, évalue Mme Chouinard. Le marché ne serait pas favorable, tout simplement.Lire la suite ]

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