La frontière de pixels: bonnes idées, manque d’audace | Éric Moreault

Source : Le Soleil, Éric Moreault, 27 juin 2012(Québec) La quatrième mouture des Chemins invisibles, à l’affiche tout l’été, est peut-être la production qui colle le mieux au quartier Saint-Roch. La frontière de pixels présente un spectacle métissé de cirque urbain qui cadre avec le décor apocalyptique des bretelles d’autoroute sous lesquelles il est présenté, tout en proposant une forme techno très contemporaine. Cette mouture 4.0 contient plusieurs bonnes idées, mais sans l’audace caractéristique des productions du Cirque du Soleil.Difficile de se faire une tête sur cette production fourre-tout dont la mise en scène a été confiée à Pamela Schneider. Il faut dire qu’à la représentation de mardi, Le Soleil a eu droit à la version pluie. Certains numéros ont donc été retirés de la production. Ce faisant, il est difficile de juger de la cohérence de la proposition – la version écourtée ne pouvant sans doute pas présenter une ligne directrice.La frontière de pixels propulse les spectateurs dans l’imaginaire d’un garçon de 11 ans, prisonnier de son monde virtuel aseptisé. Ses rêveries nous conduisent dans un cyberespace où s’affrontent le traditionnel et la nouveauté. Les personnages archétypaux du cirque traditionnel, tous très colorés, sont opposés à ceux tout aussi caractéristiques, de noir et blanc vêtus, des mangas pour ados.Le bien et le malDans cet univers typé et divisé entre le bien et le mal, le jeune garçon viendra briser les frontières des différences entre les individus, ce qui permet aux artistes des deux clans d’interagir, puis d’unir leurs destinées. Le concept fait allusion à l’aliénation et au manque de communication humaine que génère l’abus de quincaillerie électronique.L’impression est renforcée par le décor de cases géantes en damier qui en met plein la vue avec ses bandes électroluminescentes, ses projections et ses jeux de lasers verts. L’univers dans lequel les personnages évoluent évoque un croisement entre ceux des Matrix, Blade Runner et des bandes dessinées. [ Lire la suite ]