Commerçants de Saint-Roch : Zéphirin Paquet

Il y a quelques années, suite aux fusions municipales, on a changé le nom de la rue de l’Église, par celui de rue du Parvis. Or ce n’était pas la première suggestion des toponymistes. On lui avait choisi le nom de Zéphirin-Paquet, à mon humble avis beaucoup plus approprié, en hommage au fondateur de la Compagnie Paquet limitée, qui eut pignon sur rue de 1878 à 1981 dans le quartier Saint-Roch.
Zéphirin Paquet (1818-1905), commerçant réputé de Québec, est né à Pointe-aux-Trembles (Neuville). Adolescent, il travaille pour une laitière du faubourg Saint-Jean, à Québec. C’est là qu’il établit sa propre ferme en 1836, pour devenir quatre ans plus tard le laitier le plus important de la ville, avec un troupeau de 20 vaches. L’incendie des faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis en 1845 l’oblige toutefois à déménager à la basse-ville, rue Saint-Vallier, où il poursuit ses activités. Sa femme, Marie-Louise Hamel (1821-1910), ouvre un magasin de chapeaux et de vêtements au rez-de-chaussée de la maison familiale. En 1849, les affaires vont si bien que Marie-Louise convainc son mari d’abandonner la ferme pour le commerce. Mais les Paquet sont à nouveau chassés de chez eux lors de l’incendie du quartier de Saint-Sauveur, en 1866. Ils s’installent alors rue Saint-Joseph, où l’entreprise continue de prospérer. Zéphirin Paquet y acquiert en 1878 un immeuble faisant face à l’église de Saint-Roch, puis achète les propriétés contiguës pour agrandir graduellement son magasin. En 1898, la florissante entreprise, qui compte aussi une manufacture, passe aux mains d’un des neuf enfants Paquet, Joseph-Arthur. Trois plus tard, elle devient la Compagnie Paquet limitée, véritable institution dans Saint-Roch, jusqu’à sa fermeture en 1981. »(Source : rue Zéphirin-Paquet, Ville de Québec)

Plusieurs s’étant offusqués d’un nom de rue aussi étrange que Zéphirin, il semble qu’une rue de Duberger-Les Saules (un peu perdu dans un quartier industriel) est héritée du nom rejeté par le quartier dans lequel il a oeuvré ! Triste, tout de même ! (J’imagine qu’il n’y a pas de honte : la rue De Celles est aussi perdue dans un parc industriel).Votre curiosité sur l’oeuvre de Zéphirin sera comblée d’une part par sa page dans le dictionnaire biographique du Canada et surtout par sa surréaliste biographie Zéphirin Paquet, sa famille, sa vie, son oeuvre (disponible gratuitement en ligne via le superbe travail de numérisation du projet Nos Racines de l’Université Laval).

Présenter à la jeunesse, souvent indécise dans la recherche de sa voie, un beau caractère d’homme, une volonté décidée, constante dans ses desseins, énergique dans leur exécution, confiante dans le succès, telle fut la pensée inspiratrice de ce livre. »(Source : Avant-propos dans Zéphirin Paquet, sa famille, sa vie, son oeuvre.)